Bacch., v
2. Voyez la dissertat'on de Bœttiser, Arisl phanes impunitus deorum gentiUumirrisor, 1790. (Opusc, p. 64, sqq.)
3. Senec. , Epist. 115. Cf. Belleroph. fratrm. — 4. Plutarch., de Audiend. pnet. — h Pltifarch., Amatnr. Cf. Men dipp. fragm. — 6. Ch. Magnin, De la mise en scène chez les anciens, Revue des ^nux-Mnndcr . 1839, t. XIX, p. b57.
DE LA m; \.,i DU fc7
si, s, -Ion d'autres récits, ses juj al souvenus
(ju'il avait reçu d'boQOr&bles blessnre9 dans (vit»; h
bataille de Maratlion, où Bon Frère Cynégire avait si bérolquemenl péri; si son autre frère Âminias De lût venu produire pour sa défense le liras qu'avait mutilé le fer dei Pe Salamine*. Nons ne sommes pas, nous autres
modernes, aussi faciles i scandaliser sur ce sujet que les Athéniens, et nous n'avons pas lea mêmes raisons pour prendre contre Euripide la défense de leurs dieux :
j dieux toutefois étaient ceux de la tragédie, et nom de la religion de l'ait il nous est peut-être permis de; réclamer contre le rôle insigoiBi , même
dérisoire qu'il leur ;i it ainsi, a
puissance fatale, jusque-là l'âme du drame, l'unité qu'elle imprimait à sa marche et la sombre majesté dont elle l'entourait.
Est-ce donc b dire qu'Euripide ait c ornent ef-
facé de ses œuvr sus doute, et, pour
. il faut se hâter d'ajouter qu'il la plutôt déplacée. Eschyle et Sophocle avaient peint les dieux précipitant les mortels dans (les malheurs in évitai
montra qui leur envoyaient d'invincibles passions. Auparavant, 1» tge tragi [ue était mis
• les ob 1 eut désormais
ombatl le cœur
méi de l'h< que fut transportée ! drama-
tiqi e les a rteurs Fui et le
sujel de la pièce cette guerre intestine de la sensibi ité et de la raison, aussi ancienne que notre nature, et qui ne iinira qu'avec elle.
Ces peintures, qui sont le trait saillant des ouvrages d'Euripide, qui le distinguent de ce qui avait précédé, et lui assurent la gloire d'un génie créateur, ont, je ne sais trop pourquoi, embarrassé les critiques. Ils n'ont pat que la liberté inora'e y est suffisamment s . même
I ' \ >m., ni, 2 : >'"'</. , Eustr a., Par.
h rf., v ie« ci( itroin., il, L4.
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par uni ré i tan ■ ■ impu &nt<
le poète, an ittr 1' isht aux r li
volonté bornai]
idéei de la divinité, pei ble
un phénomène intellectuel. Enfin, il leur i 6 qne
cette nouveauté hardie avait ouvert la route à I' modernes; qu'une Médée, empi r la jal-
parricides qu'elle déteste, une Phèdre^ maigri fi.de, incestueuse, leur avaient révélé li Eecr I admirables développements, où, par l'artifice na-
tions, par les crises décisives dans lesquelles elle est cessivement jetée, la passion se dévoile tout entière ; où du combat qu'elle livre au devoir naiEsent les émotions plus vives ou les plus nobles, selon qu'elle succombe ou qu'elle triomphe.
De ces deux sortes d'émotions que chez nous se sont partagées Racine et Corneille, Euripide prêtera les premières, qui convenaient sans doute davantage à son génie plus pathétique qu'élevé. Il se plut à représenter l'âme abandonnée, presque sans d» urmon-
tables penchants, les séductions du désir, le trouble des sens, la défaillance de la volonté, l'ivresse douloureuse de la passion, le remords, le désespoir. Non-seulement sa muse ne recula pas devant ces peintures qu'Aristophane lui a peut-être trop sévèrement reprochées ', des égarements d'une Phèdre, d'une Sthénobée, d'une Macnrée; il ne craignit point d'exprimer, dans son Chrysippe, le honteux amour dont, selon lui, Laïus avait donné le premier exemple *. Nul enfin ne produisit sur la scène, avec
1. Ban., 1056; Nub., 1357, etc. — 2. jElian.. Hist. an., VF, 15: Athen., Deipn., XIII; Cic, Tusc, IV, 33, etc. Cf. Valcken., D>atr. in Eurip. perd. dram. reliq., m. Avant Euripide. Eschyle avait lui même touché sans réserve à ce dérèglement par quelques traits de ses Myrmidons que nous ont conservés les anciens (Plutarch. , Moral.; Atlien., Deipn., X11I; Lucian., Amor., 54) et auxquels Ovide a peut-être fait allusion dans ces vers :
Est et in obscœnos deflexa tragœdia risns, Multaque praeteriti verba pudoris habet; Kec nocet auctori, mollem qui fecit Achiliem
Lafregisse suis fortia facta raodis. {Trist.. II, 409.)
Miiits pins vifs et ; »lns pénétrants, la dé] effrayante i i la i le
malheur * il
avant lai Eschyle et Sophocle L'avaient i
pas qu'à leur exemple il n'ait quel pie; »bli l'accenl de la plai r le mélange de la dignité
et du courage. Og peut même dire que jamais il 1 montré plus véritablement pathétique que lorsqu'il a pris
q, comme eux, de tempérer l'attendrissement par l'admiration. Cette Iphigènie, cette Polyxène *, eette Ma- B*, qui, dans la Hem- de la jeunesse et delà beauté, sj dévouent avec une si pénible constance ou an si généreux entraînement, à un trépas prématuré; cette Kvadné*, qui se précipite dans le bûcher de sou époux, à qui elle ne veut pas survivre; cette Akeste, qui, pour sauver les jours du sien, s'arrache volontairement à toutes les joies de la vie; cette Andromaque, q tu se livre pour racheter son jeune lils; cette Electre ', qui oublie ses propres maux pour veiller, avec la tendresse inquiète d'une mère, au chevet d'un frère soutirant et malheureux : voilà des tax aussi nobles qu'ils sont touchants. <m ne saurait s'y arrêter [u'avec l< - larmes amères que fait ré-
pandre l'aspect du malheur, ne se confondent aussitôt 1 larmes plus douces qu'on ne peut retenir devant les présentations du beau moral.
Les impressions que laissent dans l'àme les tragédies d'Kuripide ne sont pas toujours aussi pures; plus souvent il la tourmente et la torture par l'insupportable excès des misères et des lamentations. La prétention d'émouvoir se trahit même chez lui par l'emploi facile et vulgaire de moyens tout matériels : ce sont des vieillards, arrivés au dernier terme de la décrépitude, qui se traînent avec peine sur la scène et semblent tout près d'exhaler leur vie avec leurs sanglots; ce sont des malheureux livrés .
gin., Subi. , xiii.
». HécuK — ». Us Su, pliante
50 III I mM; | 01
du lr Boiu , aux touffrai • la ma
vi i gei du dél sont d( ut man-
quer à leur infortune, s'il baillons et di m 1
Ce pathétiqui er qui i aux sens pin
l'esprit, et qui, pour être d'un au tbéftl
n'en est pas plus digne de l'art, fut ri-
dicule par Aristophane avec sud ingénieuse bouffonnerie.
Ainsi, dans ses AchamimS, il introduit un p
accusé devant le peuple, et qui, cherchant les moyens de
toucher son juge, imagine d'aller trouver le peintre des .douleurs de Télèphe, et de lui emprunter quelqu* bien déchirée, bien lamentable de cette friperie dramatique tant de fois reproduite aux yeux des Athéniens, et qui n'a pas encore lassé leur sensibilité.
Euripide a rencontré de plus graves, de plus sévères censeurs : c'est à lui probablement que s'en prend Platon, c'est à lui qu'eût dû s'en prendre Cicéron , lorsque, bien différents d'Aristote, qui trouve le héros tragique digne d'indulgence quand il succombe à la douleur en lui résistant *, ils reprochent à la tragédie d'amollir, d'énerver les courages par la continuelle peinture de héros qui souffrent et se plaignent1. Eschyle et Sophocle avaient aussi étalé sur la scène de grandes infortunes, de grandes douleurs; mais c'était pour faire ressortir, par le contraste, l'image d'une constance au-dessus des accidents du sort. Le pathétique n'avait été que leur point de départ; il devint pour Euripide le but même. Ici se découvre dans toute son étendue la révolution que le génie divers des poètes, le goût changeant des spectateurs, ou plutôt cette marche fatale qui préside au développement des arts, amenèrent alors dans la tragédie. Lorsque, après avoir travaillé à élever les âmes, elle ne se proposa plus que de les remuer, de les attendrir, on vît bientôt succéder dans ses œuvres, à la grandeur impo-
1. Ethic, Nicom., VII, 8. — 2. Plat., de Republ., III, J; Cic, Tusc, II, 7-12.