‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 27 sur 185 · Tliôm. Magist, Vit. t'urip · texte numérisé non relu

Tliôm. Magist, Vit. t'urip

4. Les rapports de la tragédie d'Euripide avec la nouvelle comédie ont souvent a tiré l'attention delà critique. Voyez, dans ces rtern années, une dissertation de M. Moncourt : Départe satyrica et comica intragcediis Euripidis, 18S1 , et. plus récemment, les deux Mémo sur Ménandre, couronnés en 1853 par l'Académie française, et publiés, l'un, celui de M Benoît, <-n 1854, sous ce titre : Essai historique et littéraire sur la comédie de Ménandre; l'au're, celui de M. G. Guizot, en 1855, sous ce titre: Ménandre, étude historique et littéraire sur la e.< uirdie et la société grecques.

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puisque, altérant La beauté dei compositions d'Euripide, - ont encore servi, non p;is assurément de modèle, mais du moins de prétexte et (l'autorité au système antidramatique de Sénèque, et que, transmises par cette voie à notre indiscrète imitations silos ont les

premiers développements de notre tragédie une fâcb< influence. On comprend que je veux désigner ici cette funeste manie de discourir si de moraliser, qui porte Euripide à faire de ses personnages, quelquefois contre toute convenance*, des philosO] ' des sophistes, et, dans

meilleures pièces, à rempls débat animé

pass ions par les formes de l'argumentation et du plaidoyer, à l'interrompre par de longue a di ins oratoires *, a partager symétriquement son dialogue, tantôt en harangues prolongées qui se suivent et se répondent, tantôt en répliques rapides et concises, où, comme dans une sorte d'escrime , la maxime pare et repousse la maxime. Sénèque, qui offre la charge de cette manière, peut servir du moins à faire comprendre combien elle est Contraire à l'art. Euripide n'avait pas impunément écouté K s leçons du fameux Prodicus; il n'écrivait pas impunément pour un peuple épris des luttes de la parole, et qui retrouvait volontiers sur la scène les artifices de la tribune et du barreau, les subtilités de l'école, ses orateurs,

1 . C'est lemot d'AristOte (Poet., Xv)ausujetde 'liM-niirsphilosophiques prêtés à une femme sans Lettres, Mén ilippe (voy. ËenaUpp., (ragea, un. Cf. Dionys. Mal.. Rnel., 11 est celui d'un scolia*te I Ml., 780)

sur des développements ire attribués à Hercule et à Hercule

i » 1 1 en pourrail aire autant de quelques passagesdu rôled'Bécube, danslx ce nom (Theon., Progymn.), de I argumentation de Jocaste sur les avantages de L'égalité dans lea Phéniciennes, \. .')3.r> S(|<i., et surtout de ceti»' scène fameuse et souvent ciiée Plat., Gorg.: Cic. "</ herenn., Il, 27;<k lnvent.} l, &0; de Oral., ii, il \ de BepubL, i.

:t., / fis t. i, xviii, H; A. Gell., X, 22; D Chrys., Oral., LXXI1I, eic.) de LMnftope, où Amphioo ei Zethus j>.is-ent d'uue dispute sur la musique à une autre sur la i hilosuphie. (Voyez la restitution <te ce m rceau singulier, chez Valckenaer, luntr. in Eurip., vu, vm. i onsultez aussi J. a. Hartung., Euripid. re*titut.t 1844, i. Il, p. 415 sqq.; ■". G. Wagner, Eurip. fragm., •■<!. y. Didot, 1847, p. 661 sqq ; H. WeilU articles sur YÀntiope d'Euripide , insérés en 1841 daus \eJour~ nal général de l'instruction publique, t. \vi Dionys, Mil., té Vt\ Sc\ </-/.

p.'ir lui lu-roi :

quel tient du rai aenl

et df; la parole, pour cor1

de ses contemporain! ; mais il nï s touj'

loi-môme à la contrition de ce qu'il >ute

il mootre, dans ers horN-d'œuvre oY-loquence et d> sophi'1, une grande dextérité* d'esprit, un art :ux,

et qu'il met constamment au service des plus nobles doctrines morales; il a mérité, j'en conviens, d'être api le Philosophe du théâtre1, et d'y attirer parfois, ^ comme on Ta cru *, à ce que nous appellerions les ré titions de ses pièces, soit aux représentations dans l»s jeux dramatiques d'Athènes et même dans ceux du Pirée ', Socrate, qui d'ailleurs ne se souciait guère de tragédies; Socrate , qu'on a quelquefois dit son maî're, mais qui, plus jeune que lui d'environ douze ans, ne pouvait guère être que son condisciple à l'école d'Anaxagore , que son ami, et dont la malignité des poètes comiques se plaisait à faire, par des insinuations au fond fort honorables,

1. Vitruv , VIIÏ, i; Athen., Deipn., IV, XIII; Sext. Kmp.. Ado. Gramm.. I; Clem. Alex., Strom., V; Fuseb., Prajmrat. étang., X, etc. Dion Chrysosiome, dans un de ses d scours (Omt. , xwn, de ditendi exercitio), explique par cette raison sa préférence pour Euripide.

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