Bœitiger, Quid sit docere fabulam , Weimar, 1795; 0/j
p. 294: Cru Magni », De la mise en seine chez les anciens (Revue des Deux-Mondes, 1840, t. XXII, p. 285) Cf. Cic. Tusc, IV, 29.
3. iElian., Yar. hist., II, 13. Xeiiophon [Eist.grxc.% II, !▼, 32; cf. Thucyd., VI II, 93) nous apprenant d autre part l'existence d'un théâtre au Pirée, précisément a cette époque Démosthène, [in Mid.) parlant des fêtes de Bacchus célébrées annuellement au Pirée par des spectacles et comiques et tragiques, Valckenaer était peu fondé à prétendre [Diatrib. in Eurip., il) que les représentations dramatiques mentionnées p-irÉlien rie le sont par aucun autre auteur, et à conte-ter la correction du passage. Ajoutons que ce n'est point là un fait isolé. Certains bourgs de l'Attique avaient leur théâtre : nous aurons occasion de parler de celui de Coiyttus, où Eschine mérita le titre que lui donna Démosthène (de Cor ; cf. Hesych.), « d'Œnomaûs de vill ge ». Sur ces théâtres, qui n'étaient pas les seuls, on représentait des tragédies, lors «les Dionysiaques appelées rurales, dont le babillard ea Caractères de Theophraste [Charact., III) fixe l'époque au mois de Pus deon. Voyez, plus haut, page 12, note 2.
Dl LA 1 R IGÉDIE B. 57
presque son collaborateur l. .l'ajoute qu'il n'a pai moioa mérité que Quintilien1 le proposât à l'étade di
orateurs connue un excellent mod le «le l'art de convain-
cre et de persuader. Ces élogee toutefois renferment une censure : ce qu'approuvent la philosophie, la dialectique
et la rhétorique, la poétique du théâtre peut justement le condamner; des beautés qui ne sont point dramatiques, ne sont dans le draine que des défauts; et quoi de mo dramatique que de plier aux lois du raisonnement, à la méthode oratoire, la passion de sa nature si involontaire et si libre , qu'il Tant abandonner, au conlrain fougue
et à ts'/
1 j d'Kuripide, dont un si grand nombre, au
sens, au tour frappants, nous sont parvenues avec les pièces qu'elles décoraient, ou même sans elles; qui attestent une si grande connaissance de la société, de la nature humaine, une philosophie, m
pour lesquelles Plutarque a dit de lui, qu'il éiait habile à connaître les maladies du corps politique1; h qui il a du l'honneur d'èti tré, par la Pythie, plus sage que
Sophocle et moins saye seulement que Socrate, le premier des hommes en tayesse * ; que saint Clément d'Alexandrie, avec d'autres auteurs chrétiens, a louées plus encore, en les rapprochant du langage des Écritures, en y
l. VU. Eurip ; Diog. Laert., II, 18. On a ppns,'. cependant n*10. lorsque liaion tait <: irt1 à Socrate, dans le .'/ non, d'une pensée plus que juste : • Elle a je ne saii quoi de tragique, •> ce pouvait allusion à certaines sentences d'Euripid i de
Platon, trad par V. Cousin, t VI, p. 157). Ailleurs, dans le / dans s livre VIII de la République, Socrate, par une m i'U n'eût
ppnt-etre pas connu- me, repi Euripide
une semence dnnt Sophoc llement l'auteur (voyez ibid., t. V,
n 247; IX, I79j 180). On peut penser que la rameuse distinction de YHippolytt, entre le aermenl de la langue et celu1 de l'âme, D'esl litations, eei allusions malignes, qui, m e pour Euripide, ne manquent pas de vrai-
mois fnis, ,i lus le Tm le premier àlcibiûde,
dana n }vi (\oyez ibid., t. n. p. Ti\ v, 49; VI, 391.
I v . iv. — ,;. Cf. achoL An.- ?».,
58 HISTOIRE i
mi comme un pressentiment de la fo le, in
Rein du paganisme mura meillei
parti de sa gloire lit
uatiqufl c'en avoue pas l'introduction trop fréquenta, m. t é\é l'objet d'un reproche foi t
re quelquefoii contraire! à la morale. Je croie qu'un peul les défendre et les jnstii it pbs la faute du
poète si la Forme Benl maximi
versée leur l'ait attribuer an absolu qu'il n'a point
prétendu leur donner. Où en serait-il, si on le rendait responsable des mauvais prm ipes de ses personne On pourrait donc aussi lui demander compte d> méchantes actions. Il suflit que ces traits d'une morale condamnable dont se sert la logique ordinaire des p sions, et qu'on ne peut, par ce motif, interdire à l'imitation dramatique, soient d'ailleurs corrigés par l'esprit général de l'ouvrage. Or, c'est ce qu'on peut dire en faveur d'Euripide, et ce que lui-même eut occasion de faire valoir pour sa défense, lorsqu'un certain Hygiénon l'accusa juridiquement d'impiété* pour ce vers sentencieux de son Hippolyte :
La bouche a juré, mais non pas l'âme*.
Cette espèce de réserve, de restriction mentale, que Pascal se fût applaudi de rencontrer dans les tragédies de collège des Jésuites, est sans doute, quoi qu'en ait dii Cicéron ', d'une bien mauvaise morale. Mais Hippolyte, à qui elle échappe daDS un mouvement d'impatieace contre d'importunes sollicitations, se réfute lui-même, à la fin de la pièce, en mourant pour garder son serment.
1. Clem. Alex., Slrotn., V; Protrcptic. Cf. Euseb., Préparât evang., •te. — 2. Arist., Rhet., 111, 15.
3. Hipp. 6< 8 balzac, qui cite en le condamnant ce vers d'Eu'ipide [le Prince, ch. xxv), le traduit ainsi :
J'ai juré de la langue et non pas de l'esprit.
4. Off., 111, 29. Eayle (art. Euripide) préfère avec raison la manière dont le scoliaste explique ce que le poëte fait dire à Hippolyte, l'entendant de son ignorance quant à l'objet du serment qu'on lui a surpris, et par suite, de la nullité de ce serment.
DE LA rRAGÉDIE i 59
César, au rapport de Gicéron1, avait sans cesse à la bouche ce p Phénicienne* :
Si l'on peut violer la justice, c'est pour : : en U>U1 le
, n faut être juste ■.
«Coupable Ètéocle, s'écrie Ciceron; ou plutôt, coupable Euripide, qui excepte précisément le plus grand Je tous Les cri mes l »
Mais n'en déplaise à l'auteur des Offices, qui lait cette exception? Est-ce Euripide ou plutôt Etéocle'? Cette criminelle ambition n'est-elle pas blâmée dans tout le cours de la pièce? Ne trouve-t-elle pas, au dénouaient, sa punition? Et s'il arrive au poète dramatique, qui doit et peut tout exprimer, de produire sur la scène la morale des liants, ne poursuit-il pas sans relâche, comme Sonate, c( u\ qui en usent, et notamment ces orateurs sans conscience, fléaux de la place publique et du barreau, qui corrompent le peuple4 et pervertissent la justice1?
< »n ne peut donc, je pense, appliquer à Euripide cette par Bayle*: « Il est bien certain que l'auteur d'une tragédie ne doit point passer pour croire tous les sentiments qu'il étale; mais il y a des affectations qui découvrent ce qu'on doit mettre sur son compte. » Je ne trouve point chez l'auteur de VBippolyte et des Phéniciennes trace de ces affectations; mais je conviens aussi que W. Schle^el n'a pas tout à l'ait tort de dire au sujet de la citation de César : « Celui qui citait une pareille
1. O/7-i nr, 21. —2. Phœnitx., 524. Cf. Plutarch., VU. Nie. < eompar.
,\. Cicéron lui-même serait <ie cet avis si on lisait, par une transport] bien facile et bien naturelle, qu'a | ' ipitalis Euripides, vel potiu . » D autre* critiques onl voulu • vel poûus Kuripidea ■ qui sont peut être la réflexion il • quelque lecteur, de
,890; tttppoiy«.,487;7Voad.,967; Baeeh., : SuppL, 413; Iragm l'iruh.. vr, Rhadamanth., 1. ."> // . i K | . /• a 11 : »/<■■■'..
6 v: Eschu encore l'article Eurip'de, où il e«t 'lit : « il
f-t absurde d'imputer à l'auteur d'une tragédie les sentiments qu'il lelxter p ir Mis personnages. »
60 m i mi
maxime, prouvait
reiisc. » Il nVst point, 61
une i coupable, par un tou: x, l'apj
autorité d'une vérité gén< axiomi s commo les aux a]
Ces apologie! ne manquent point fl iripide,
quand la morale les absoudrait toujours, eli» lii nt
quelquefois eondamnées par la vraisemblance dramati Il a des personnages qui étalent isanrémei trop de
complaisance et proclament avec trop d'orgueil leur I sesse et leur méchanceté. L'é^roïsme et le vice ont a leur pudeur, et les secrets honteux du cœur n'arri pas si facilement sur les lèvres. G .entrent
en outre une scélératesse qui n'est pas toujours \rey
et c'est ce qu'Aristote appelle des mœurs gratuitement mauvaises *. Il est rare qu'on soit plus méchant qu'on n'a besoin de l'être.
Si Euripide manque trop souvent dans ses scènes aux convenances théâtrales , ce défaut devait surtout se montrer dans ses chœurs, d'une belle poésie sans doute, mais faiblement rattachés à l'action et qui lui restent même quelquefois complètement étrangers1. Le chœur, ce fondateur de la tragédie grecque, qui en était dans l'origine l'unique acteur, qui longtemps s'était maintenu au rang des principaux personnages, qui, lcrs même qu'il n'agissait pas, était encore sur la scène 1'iDterprète des pensées secrètes du poète et comme le démonstrateur de son œuvre, le chœur était bien déchu de son antique importance : ce n'était plus qu'un témoin incommode, dont la présence continuelle nuisait à la vraisemblance du drame; on l'y souffrait par habituje, comme ces fa-