‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 31 sur 185 · Arfet., Uhi-t., m · texte numérisé non relu

Arfet., Uhi-t., m

Eunap , S rifiinniui teterum nova coUecftb, etc., \. I

1827, t. il, p. r,+. — 3. Jupii. traça . \ cornant. ; Piscat,

i , et dans le i te-

ints ]c i rapportée! par IMu-

I arque '.

Un vaisseau de la ville de I ifi

par dee corsaires, s'était réfugié dam an porl de la Sicile. 1 habitants ont d'abord de le âr; ma

ayant demandé aux rs s'il., savaient

d'Euripide, sur leur réponse affirmative, ils lacèrent entrer le vaisseau.

Quelque temps après la déroute des Athéniens ai cile, cette déroute sur laquelle nous avons d'Eurip quelques vers élégiaques1, des soldats de l'armée vaincue, de retour dans leur pairie, vinrent re poète de leur avoir conservé la vie et la liberté. Kiiauu* dans la campagne, sans nourriture, ou réduis en esclavage, ils avaient obtenu, les uns des secours, les autres leur affranchissement , en récitant aux passants et à leurs maîtres quelques vers des tragédies d'Euripide.

Il fut donné à ce grand poète de sauver, quelque temps après sa mort, sa patrie elle-même. Lorsque Athènes fut prise par Lysandre, on proposa dans le conseil des alliés de réduire en servitude ses habitants, de rase: <J i—

fices, et de faire de tout le pays un lieu de pâturage pour les troupeaux. Ce conseil fut suivi d'un festin où se trouvèrent tous les généraux : or il arriva qu'un musicien de Phocée, qui y fut appelé, y fit entendre, soit par hasard, soit à dessein, quelques vers où Euripide avait retracé l'abaissement d'Electre , réduite par Egisthe à la condition des esclaves et précipitée d'un palais dans une chaumière '. Les convives, émus par celte peinture touchante du malheur, par son rapport frappant avec l'humiliation d Athènes, enfin par la gloire de cette ville qui avait produit de si beaux ouvrages et de si grands hommes et qu'ils allaient détruire, renoncèrent à user si cruellement du droit de la victoire *.

1. Vit. Nie, xxix ; Vit. Lysand., xv. — 2. Plutarch., Vit. Nie,

3. Électr., v. 166. —4. Philostrate, Vit. Sophist. Crit., accuse d:a-

LA 1 1: 101 DIE GtU C< )\ i • 6b

Ainsi, dans cetîe contrée toute poétique, dont les fabnleui législateurs avaient bâti les premières villes au IOD de la lyre, et les avaient policées par des chansons, où l'historique Solon avait parlé en vers sur la place publique1, la poésie se mêlait aux intérêts les plus sérieux de la vie et s'asseyait dans les conseils mêmes de la politique et de la guerre, I.a poésie d'Kuripide n'était point belliqueuse comme celle d'Kschyle; elle ne remplissait pas les à mes de la fureur de Mars, selon l'expression d'Aristophane1; elle ne servit de rien aux conquêtes et à la défense d'Athènes : mais si, par une douceur mélancolique, elle désarma ses farouches vainqueurs et la préserva de l'asservissement et de la ruine, jamais poésie fut-elle couronnée d'une gloire pareille ?

Peu de temps avant, deux tombeaux avaient été sucivement élevés : le premier à Euripide, dans la Macédoine, où il était allé mourir, par le roi Archélaùs, protecteur de ses derniers jours, et qui, refusant ses restes aux instances du peuple athénien, le condamnant, par ce refus, à ne les honorer que d'un cénotaphe, que des regreta , des protestations d'une inscription funèbre, les avait lui-même fait ensevelir dans un magnifique monument3; le second à Sophocle, sur la terre de sa patrie, qu'il ne lui avait pas fallu, comme à Euripide, comme à Eschyle, abandonner; dans le bourg de Décélie, où reposaient ses pères et où Lysandre, qui l'occupait et s'y était fortifié, averti dans un songe par Bacchus lui-même, dit la légende du poète, avait laissé paisiblement transporter sa dépouille*. Ces deux tombeaux, objets de si

voir poussé Lysandre à cet acte de barbarie Grillas, que nous rencontrerons bientôt lui-même parmi les poètei tragiques d'Athènes. 1. PluUrch., VU. Solon., vin. — 2 Jlnn.. 1U29 sqq.

3. A.Uell.. XX,20; Vitruv., VIII, 3; rii.Maj.Mst.. VU. Eurip.. de.

4. Vit. s»ph. Cf. Pausan., Au., xxi; Plin.. Hitt. nat., \JI, 30. Le du biographe de Sophocle offre, on l'a remarque, plus «l'une

difficulté : Décélie n'était point, comme il le dit, ;\ onze Stades d'Atlièmais à cent vingt, et le général lacédémoDien qui commandait à cette époque n'était point Ly>andre, mais le roi d>> LacédémoM lui* mèiue, Agis, fils (f Archidamufl (voyez Tbucyd., vu,

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celle de Sophocle en 495*; celle d'Euripide en 480': ils sont morts, ie premier en 416*; les deux aut' -que

en même temps, savoir, le troisième en 40o5, le second en 405*. Leur existence contemporaine, marquée par les dates voisines de quelques-uns de leurs ouv ['est

suitout par un fait éclatant auquel se rattache dive: ment leur souvenir. Euripide naquit dans l'île de Salamine, où depuis il alia composer quelques-unes de ses tragédies, au fond d une caverne sombre et sauvage, que dit avoir vue Aulu-Gelle7; il y naquit de parents qui s'y étaient réfugiés, comme beaucoup d'autres Athéniens, pour échapper aux Perses, le jour même où se livra Ja fameuse bataille navale à laquelle elle donna son nom. Sophocle avait alors quinze ans, Eschyle en avait quarante-cinq, et l'un, bel adolescent, à la tète des enfants d'Athènes, chanta et dansa autour du trophée8, que l'autre, déjà vétéran de Marathon et futur vainqueur de Platée, avait contribué à conquérir. Ces trois grands hommes se rencontrèrent à une époque où des prodiges d'héroïsme, exaltant les esprits, les rendaient le plus capables qu'il fût possible du sentiment et de la production

1. Bœ^kh. , Grœc.trag.pri'nn'p.. v, p. 47-50; God.Hermann,Opt<*c , t. Il, p. 159 sqq.; Clinto . lenic., p. 15.

% Vit.Sophod Cf. Clinton, ibid., p J6. — 3. Diog Laert. , II. Plûtarch., Sympa»., VIII, 1 ; Suid. v.E-jpiKior,;, etc. Cf. Clinton, il p. 3i . — 4. Marin, l'ar., n°60;schol. Aristoph., Acharn., 10. Cf. Clinton, i7mi.,p.49. — F>. Apollodor. apud Diod. Sic, XIII, 103, etc. Cf. Clii. ibid \ p. ST.— 6. Diud. Sic, ibid.; Mann. Par., n° 65. Cf. Clinton. ibid., p 89. — 7. XV, 20.— 8 Vit. Sophocl.; Athen., Deipn., I.

DE - IGÈDIE GRI Ù7

du beau dans les arts et dans les lettres; où le progrèa de la fortune publique et des fortunes privées, accrues par les fruit- de la fictoire, par les produits du comme permit à l'Etat et aux particuliers de défrayer Us dépenses du théâtre avec uu excès de munificence qui, i d ruinant les ressources et par suite l'indépen lance du pays, servit puissamment a y développer l'art dramatique ; OÙ la solennité de luttes sans égales dans la Grèce excita aux plu grands efforts les tribus, lescho-* réges les acteurs, les poêles, qui, sur la première des îes, se disputaient la victoire 4 : par eux trois, la tragédie athénienue, rapidement portée à sa perfection, a changé trois fois de forme, et ainsi accompli, s'il est permis de l'affirmer, le cercle complet de ses destiné' ce ne sont pas seulement trois poètes, ce sont trois chefs d'écoles distinctes, au v^ein desquelles se soot perpétu conservées, épurées, corrigées et probablement mulli-

1. Pans un ouvrage moins exclusivement consacré à l'histoire et à l'appréciation littéraires de la tragédie grecque, il y aurait beaucoup! dire sur la constitution de ces concours dramatiques entre les uihus athénii nnea, sur les fonctions, les devoirs (le leurs représentants, les choréges, sur la manière dont ceux-ci entraient en partage avec [État dans les frais de la représentation, sur l'énormité d'une dépense dont Plutarquea dit [deGwT. Aihen.) : » Si on faisait !e compte de ce qu'a coûté aux Athéniens chacune de leurs ti . on trouverait uu'ils

ont plus dépensé pour jouer les Bacchantes, lesPAéVitctennef, lea (Edipes% les infortunes il»1 Médit ■ I tf Electre, que pour obtenir parla guerre la lihertéet l'empire. »■ Sur les voies et moyens du théâtre athénien alimenté aux d is tributs payés ail trésor par les alliés; su:

distributions lAlortouai qui mettaient le peuple i même de payer sa tacle, distributions établies par Périclèa dans l'intéiôtde tpularilé, protégées contre toute révo< ation par les menaces de la loi, timidement et vainement attaquées dans des circonstances bien in es, ou elles devenaient une charge bien lourde et bien incommode, nar le patriotisme de Démosthène; sur ions ces points, qui raient ici imparfaitement traités, et l'ont été souvent ailleurs d'une mari ère S| éciale et complète, voyez surtout Bartl élemy {Voyage du jeune A'Kicharsis, x\, xxiv, i.xix, lxvi); Bœttiger (Optuc, fxut tm) ; Bœckh [Économie polttiq . II, 3, 7, 13, la; 111, 22; t. I,

p. 257, 199, 844, 356', II. 243 de la traduction française ; Giysar (de

ireum temporo Demosthenis; Col- gn«, 1830); Ch. [Oti h théâtre h traduction, t. Ij De la I

lea i 1040, t. I p

in roniE

pliéi Q 00 leur attii-

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Ils ont eu. ■ les pi i

et, si on peut le dire, leurs a offi-

cieUt Lee Athéniens, faisant ju lie :it la part «lu

temps qui vieilli! tout et du génie qui ne doit pat \i»:illir, avaienl permis que les tragédies d'Eschyle, retouchi retravai lées, fussent de m admises au cono

avec celles de ses s ::rss, et ni

mémoire lut honorée par plus d'une victoire p Autour de ce père de la tragédie, se groupent d comme ses éditeurs, et peut-être aussi ses collaborateurs, ses continuateurs 6, avec d'autres, dont Jes noms ont péri, ses iils Bion et Euphorion 6, et son neveu Philoclès7, qui fit aussi souche de poë'.es tragiques : car il eut pour iils le glacial8 Morsimus, peut-être le glouton Mélanthius ',

1. De ce que les trois gnnds tragiques d'Athènes ont été contemporains, oh n'en doit pas. conclure, selon moi, qu'ils n'ont pu re

trois systèmes distincts de tragédie, cumme semble le taire M. Mi h. Vlangali à la fin de son érudite et élégante dissertation De iragœdix grœcœ principibas, Paris, 1855.

2. Une pièce ainsi refaite et reproduite s'ap:>elait, on le voit souvent ch z les se. liages, ôi£<r.i£ua<7u£vï]. Voyez Bœckh, Tra /. grœc princ,iu ; Meineke, Fragm. comic. grœc, t. I, p 31, 32,

3. Vit. JEschyl.; Schol. Aristopb. Acham., 10, flan., 892; Quintil., Inst. oral., X, I, 66; Pinlostr., Vit. Apollon., VI, 6; Suid., v. 1. picov.

4. Vit. .JEschyl. ; Suid., ibid. ; Arg. Med. Eurip. — 5. C'est le sentiment de liœckn, ibid., mais non de God. Hermann, qui l'a combattu, Dissert. Il, de c'ior. Eumen. JEschyl. Opusc. t. Il, p. 155. En 18 Gust. E\ner l'a appuyé 'ans un ouvrage spécial, de Schola AS*chyli et trilogiarum ran'one. Plus récemment, en 1845. Fr. G. Wagner. Poct. tra g. gr/ec. fmgm.} èd'il. F. Didot, p. 61sqq.; W. C. Kayser, tlist. crit. trag. grœc, p. 40-70, se sont appliqués à établir la réalité 'l'une école d'Eschyle dans sa propre famille, et en ont retracé l'histoire fort en détail. — ?,. Suid. , vv. 'Ata/ûXoç, Eùçopitov.

7. Suid., v. «ÊO.oxXfj;; schol. ad Aristoph. Av., 281. — 8. Schol. Aristoph. Ran., 151.

9. On l'a conclu (Fabric, Biblioth. grœc, t. II, p. 311; Bœckh, ibid., m, etc.) d'un passage d'Aristophane [Par.. 807) que cependant le scolia^te entmd autiement. Il peut y être en etlet queston d'un frèrp de Mélauthius, autre que Morsimus. Sur la gloutonnerie reprochée à Mélanthius par les comiques, voyez Athénée {Deipn., I, VIII, XII). C'éiait, selon les mêmes autorités, le vice d'un antre tragiquedu temps, Nothippus., et d'un tragédien plus ancien, vyniscus. Un tragédien de la même école, Simus ou Simylus, avait écrit sur l'art de la cuisine. On

DE LA rRAGÉDIE GR1 69

pour petits-fils et arrière-petits-fils te tydaraa

un nouveau Philoclès*, tous auteurs, mais qu< uns

/. mécbaDta auteurs de tragédii Les enfanta de Sophocle, Joph »n et AristoD, qui ont eu le malheur de flétrir eux-mêmes leur plus beau titre, le Bis d'Ariston, Sophocle le jeune, dont le nom est resté plus pur, ont aussi continué, non sans Buccès, ni même sans gloire, le genre où s'était illustré leur père et leur aïeul. Joph on, il esl vr.ii, qui avait vaincu au théâtre uV Bon vivant J, et s'y était même mesuré, non sam gloire, contre Euripide*; a été Boupçonné de s'être pan'' du «es dépouilles*. Pour Ariston , ou sait, ou du moins on

croit savoir et 0*S t tout, qu'il a fait des tragédies*. Mais Sophocle le jeune, l'amour du grand Sophocle 7, qu'il

promettait de recommencer, dans une carrière dramatique ouverte la première année de la xcvi* olympiade, en 31 G, et qui, selon quelques-uns, n'a .pas compté moine de quarante ouvrages8, a remporté jusqu'à sept ou même douze victoires'. On a cru10, non sans vraisemblance, <|u'il fallait lui faire sa part, comme peut-être aussi à .lophon, dans le nombre prodigieux de tragédies que l'antiquité attribue au seul Sophocle il.

Peut-être le catalogue, à peu près aussi long, des traies d'Euripide, doit-il être de même diminué de quel-

trouvera, au «ijat '!<> ces habitudes gastronomiques si peu d'accord avec ■e cuit'1 nir e, Je piquants détails chez Meineke, Frùgm.

comte, grxc , t. I, p. 66, 88, l.»."), 137, 186,205, 206, '217,

1. Suid , v. Av.yVm . - 2, Alhen., Deipn.; Suid., ▼. ViXoxXfjç; schol àrisioph }Av. 281. M K,i s r, tiist, cru. trag.gr sec. : p.kl ►qq., n'admet point comme p ë e t- : Philoclès, admis |>;ir

M. Wagner, l'ect. irag. orare. /''".'/'" , 6d. P, Did il, p. I

3, Schol. Aris'oph , //'///., 7:t. — •'». Arguai. Hippovyt . Buripid.

i R ' iph., ibid.; Suid., v.

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