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sur Ja Boène en lui criant : « Ne vois-tu }>;is tous jours la femme de Phi cion aller par la ville avec une : et tu viens faire ici le glorieux et donner de mauvais exemples à nos femmes] » Ces paroles,
nés (1rs spectateurs, forent couvertes d'applaudi ments, nous dit Plutarque, qui raconte le fait à la gloire de la vertueuse compagne de Phocion1. De telles leçons étaient rares, et la modestie des oomédieos ne pou guère résister à l'idolâtrie d'un peuple qui ne se contentait jas de les contempler au théâtre, pour qui il fallait reproduire leurs i ur la toile, sur le marbre, sur
l'airain', dont Us recevaient, cornue les poètes euxmêmes, des statues et des monuments. Ajoutez qu'outre la gloire ils avaient encore la fortunn; je ne dirai plus comme les portes, qui en aucun te mps n'ont coutume d'y arriver. Les grands tragédiens d'Athènes, largement rétribués par l'État, tiraient bon pa.'i de ce (pie nous pourrions appeler leurs congés, dans l'intervalle des fêtes où se jouaient les tragédies. Ils contractaient au dehors, avec les magistrats des autres villes grecques, avec les chefs des Etats monarchiques, de riches engagements*, et, s'adjoignent une troupe d'acteurs secondaires rassemblés et soldés par eux, ils allaient jouer à leur profit, sur des scènes étrangères, le sublime répertoire de la so athénienne devenu leur propriété. Ainsi Théodore* joua
sa troupe les Troyennes ou la Mêrope 5 d'Euripide à la cour du roi de Phères, Alexandre, et, comme on sait, par le pathétique de son jeu, d'accord avec celui de la pièce, attendrit sur des malheurs fictifs ce tyau sans pitié, confus de sou trouble, et se dérobant, par une prompte retraite, à l'étonnement des spectateurs. Ainsi Àristodeme, Néoptolèmc *, fréquen ment appelés, avjc l'acteur
1. Vit. /'/ioc.,Xix.Voy., sur Ys difficultés que présentera récit, Bonckh, Écon. polit, des Athcn., xxn ; t. II. p. "2'i4 de Ja traduction française.
2. ?uid ftl d ulam, n; Opusc p. — 3. Plutarcfi., Fil. xB 8t., y . fit. Aie», uni: A. < etc. — i. PluUreh., de i '. \ [thev
> — .">. Vaicken., Diatr. in Ewipid.. lui. — 6. De* mosth., de Falsa ieyxl.; dé l'acr.
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comique Satyrua1 en Macédoin ieot, eux et leurs
troupes, qui probablement concourt une
lea troupes rivales dea tribut , le principal
ornement des entatiom données par Philippe mut
cette espèce de théâtre athénien qu'avaient établi prédécesseurs. Ils jouissaient au plus haut degré de aon
intime faveur, et plus heureux, à l*indép<
dance de leur profession cosmopolite, que d'au citoyens perdus par le seul soupçon de relati' reilles , ils n'en étaient pas plus mal reçus des niens. La république et le roi mettaient même à p: leurs nombreux voyages d'Athènes en Macédoine , de Macédoine à Athènes, pour les charger réciproquement de missions diplomatiques2. Une raison de ce genre fit confier une fois à un de leurs confrères, Thessalus , qui allait donner des représentations en Asie , le soin de négocier, par la même occasiun , le mariage d'Alexandre avec la fille d'un satrape de Carie*. C'étaient là, dans nos idées, d'étranges ambassadeurs : mais en Grèce, à Athènes, où l'art du comédien avait été d'abord exercé par les poètes eux-mêmes, et était comme associé, par le caractère religieux des représentations théâtrales, à la dignité du culte public; à Athènes, ou l'égalité démocratique mettait de niveau toutes les conditions, et appelait quelquefois les plus humbles au partage de la puissance et des honneurs, il ne s'attachait à cet art, dignement exercé *, aucune défaveur , aucune idée d'infériorité , de dégradation sociale1. Ce n'est pas le comédien que Dé-
1. Diod. Sic, XVI, 55. — 2 jEschin., Demosth., de Falsa légat.; Demosth., de Pace; de Corona. — 3 Plutarch., Vit. Alex., xx.
4. 11 fallait cependant que quelques coméiliens l'eussent compromis par leurs mœurs, pour qu'Aristo'e posât à leur sujet, et résolût, comme il l'a fait, t'ii pirieux problème dont parle Aulu-Gelle, xr, 4.
5. Cornélius Népos le remarque comme une des différences qui séparaient les idéeb grecques et les idées romaines : « In scenam prodire, et populo esse spectaculo, nemini in eisdem gentibus fuit turpitudini, quae ornnia ipud nos partim infamia. partim humilia, atque ab honestate remota ponuntur. vPrœfat. Cf. La Bruyère, Caract. m, des Jugements; J. J. Koasseau, Lettre à M. d'Alembert sur les spéciales.