‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 67 sur 185 · Paui . I Plutar h., Tit.i RAtl Commencé, dit · texte numérisé non relu

Paui . I Plutar h., Tit.i RAtl Commencé, dit

dans la lïx* o yiupia : le Baochui Qfl

la ex*

Det330, seluu Clinlon, Poil, hr'l nie , p. 161.— 8. B pocruL, ?. ««capuiQu

11»', III I Ml

qu'une copie i s! authentique de leurs fr.v

resterait déposée aui archivai de l'Etat. C'est abn bizarrement des expre

bablement corrompues, de l'historien de Lycurgne, que d'y trouver <'n outre, comme ont fait ( . Petit, et

d'après lui Barthélémy ■, Lévesqne 8, l'absurde d de représenter a l'avenir les chefs-d'œuvre m d'Athènes. Une telle disposition, a-ton dit ile-

ment*, eût été le digne pendant de celle qui, ai règne de l'excellent roi Godru-, abolit la royauté; seulement elle eût eu moins de puissance, puisqu'on peut i blir, par plus d'un témoignage, qu'Euripide, .Sophocle et même Eschyle, ne cessèrent, en dépit d'elle, de régner sur la scène athénienne5. Citons des faits voisins de l'époque à laquelle on peut rapporter la loi de Lycurgue : ce sont des vers de Sophocle et d'Euripide, vers souvent pétés au théâtre bien évidemment et présents à toutes Lee mémoires, que, dans un intéressant récit de Plutarque6, le comédien Satyrus fait déclamer à Démosthène, a| sa première disgrâce de tribune, pour Je former à l'action; c'est dans leurs ouvrages, dans l'Antigone, par exemple, dans YHêcube, fréquemment représentées, dit-il, par de célèbres tragédiens du temps, Théodore et Aristodème, qu'il se complaît, avec une inépuisable ironie, à faire jouer par Eschine, ancien comédien, et comédien de troisième ordre, les derniers rôles, le tyran Créon, l'ombre de Polydore7 ; c'est à un de ces mêmes personnages tra-

1. Plularch., Vit. x Rhet. Cf. Petit. Leg. Ait., p. 68. — 2. Voyage cfAnacharsis, lxx. — 3 Considérations sur les trois grands tragiques de la Grèce. — 4. Bœckh, Grœc. trag. princip., p. 327. Cf. Bœttig. , Qpusc, p. 295.

5. 11 y avait des jours spéciaux pour les tragédies nouvelles, recherchées avec passion par les Athéniens; il y en avait aus>i qui appartenaient spécialement aux anciennes tragédies. Bien plus, les acteurs se partageaient entre ces deux sortes de tragédies, les uns se consacrant aux nouvelles, Kotvoi, les autres aux anciennes, QcAouoî (Bekk., Anecdot. gr.. t. I, p. 3o9). C'est dans une représentation de tragédies nouvelles, levant un public très nombreux, par conséquent, que Démosthène devait èlre couronné sur le théâtre, d'après la loi de Ctésiphon (Liban., Argum. Il, ad D,mosth. de Corov

6. Vit. Démo th., vu. — 7. Demo->ili., de Cor.; De Falsa légat., etc.

DE r \ l RAGÉDIE 0R1 1 17

piques qu'il fait allusion dans la belle scène ! sa mort, lorsqu'il dit au chef des satellites d'Antidater, Archias, qui, comme Esohine, comme Aristodème et tant d'autres hommes publics de la démocratie athénienne, avail commencé par I»' théâtre : « Tu peui reprendre ton r< Gréon, et faire jeter ce corps où tu voudras, sans sépulture1. » Archias, selon Plutarque*, avait été le maître du célèbre Polus d'Egine, l'acteur le plus parlait de la Grèce; or c'est précisément ce qu'on a raconté de l'effet extraordinaire produit par ce grand artiste à Athènes, dans une représentation de V Electre de Sophocle8, qui a fait venir son nom jusqu'à nous. Ces faits comprennent un assez long période de temps, pendant lequel l'interdiction de Lyeurgue serait demeurée Bans effet. Il faut comprendre qu'il interdisait seulement de s'écarter, dans la représentation de la tragédie classique d'Athènes, du texte désormais immuable de l'exemplaire officiel*. C'est cet nplaire, on n'en peut guère douter, que dans la suite, vers l'an 2ô0 avant notre ère, Ptolémée Evergète emprunta aux Athéniens, pour faire Corriger, d'après son autorité, les éditions plus ou moins fautives que possédait Alexandrie, et dont, la révision terminée, il ne renvoya à ses propriétaires qu'une copie, consentant, pour garder le précieux original, au sacrifice d'un gage de quinze talents, et même, tant ce disciple d'Aristarque1 aimait les Jetties, de sa paiole de roia.

Transportée dans l'Athènes des Ptolémées, la tragédie athénienne y devint, pour ses poètes érudits, un sujet de doctes études, de curieux pastiches, plutôt que l'objet d'une émulation féconde, ou tout au moins d'une heureuse imitation : ils refirent hardiment les tragédies déjà faites tant de fois et si bien faites, croyant les renouveler

1. Plut.. F -th., xxix. Cf. Vit x W .. D "W/i. — J. /'/i'./ ,

xxvui. — :*. A. 0. 11., vil. b.

l'opin on, entre autres, de Grysar, qui Lui a donné un obabilite d dissertation d de W. e.. k . i . //-/ rit. i

. Deipn., il. — 6. Galen., in Htpj > idem., III, Cv;

par la recherche de certain* téi j>hi lol« j^if(ue» , de

certtinei ob oui itéi no •

détails empruntés à la géographie, à la p l'astronomie, l'étalage d'une ire, où il euffii de connaître le cœur humain el le (jui s'en Faut entendre, il est bien frai qne, ville improvisée par le génie d'Alexandre, sur les de l'Occident et de l'Orient, dans ce mélange confo races, de cultes et de langues, sans autie lien que le despotisme des conquérants et les intérêts du coi; la poésie dramatique put bien retrouver di des acteurs, des tragédiens comme ce peignit Apelles8, comme cet Ilé^ésianax qui plus tard devint historien8; mais il dut lui manquer | un public qu'elle pût intéresser à ses représentations et confondre comme autrefois dans l'unité d'une émotion coin mune Bien que Tliéocrite, dans !-on paué^yrique de Ptolémée Philadelphe*, parle de combats dionysiaques, où nul poëte de talent ne pouvait se présenter sans recevoir un digne prix de ses vers, et que dans la pompe dionysiaque aussi, par laquelle ce prince inaugura son rè»ne, un auteur de tragédies, Philisque, entouré de miliciens, de danseurs, de comédiens, eût figuré comm j prêtre de Bacchus6; bien qu'une ambassade solennelle eût été envoyée à Ménandre et à Philémon pour les engager à venir exercer leur art en Egvpte6, il est douteux que les institutions dramatiques d'Athènes aient pu passer avec les œuvres de son théâtre à Alexandrie7, et que la tragédie alexandrin e, simple exercice d'école, œuvre de cabinet, passe-temps commandé à des poètes sans inspiration

1. Athen.. Deipn. XIV. — 2. Plin ., Hist. nat.. XXXV. 36. — 3. Athen.. Deipn., Ht. — 4. IdylL , XVII, 112. - 5.Àthen. , Deipn., V. — 6. Plin., Hist. nat., V, 30; Alciphr., Epist J, h, 5.

7. Dans la lettre ingénieuse où le Ménandre d'Alciphron, annonçant à Glycere la flatteuse proposition du roi d'Égypie, se montre pn même temps peu disposé à l'accepter, une de >es raisons, c'est que sa nouvelle patrie ne pourrait lui otlrirun véritable public et de libres suffrages comme à Athènes. Voyez l'élégante tradi;> i donnée

de cette lettre M. G. Guizot dans aon ouvrage sur Ménandie, p. 68 et suiv.

I \ il; iCI DIE GR1 l 110

libre, enfermés, disait alors un satirique, Timon le Sillograpbcj, dane le Musée des Lagides, « & oiseaux

dans une \olirrv, » ait eu, longtemps" du moins, de plus nombreux auditoire qu'un cercle de lettrés et de court i« b us, de plus va ne. qu'une salle du palais. Ce n'était

pas de la tragédie : toutefois Alexandrie, qui aimait les pléiades, eut sa pléiade tragique; constellation ignorée, perdue dans quelque coin du ciel poétique de la Grèce, et où la postérité US distingue plus guère que l'astre nébuleux de Lycophron1.

Pergamu, autre héritière d'Athènes, qui avait comme Alexandrie sa bibliothèque, ses grammairiens, peut-être

théâtres et ses poètes, s'occupa comme elle, sinon de continuer la tragédie grecque, du moins de la conserver et de la commenter. Carystius et Cratès y rivalisèrent avec les Gallimaque, les Dicéarque , les Aristophane, dans tous ces tr;ivaux critiques, recensions, révisions, interprétations et autres, dont les trois grands tragiques

1. i,i pléiade de tragique! , formée, comme celle des pofitej

il, selon Quintilien [Inst oral., X, i, 64), par ATistarque et

Aristophane, comprenait en outre, dit le scoliaste d'Hephaestion, les

ds amants : À Alexandre (d'Étolie), Homôie (d'Hiérapolii

l, Dionysides ou I les (de Ta tbée (»j Athènes,

ou de Syracuse, ou d'Alexandrie en Troade), Philisque (d'Egine). Le

même, en un autre endroit, à Dionysiades substitue Sosiphane, placé

aussi iai- Suidas dans la Pléia tiquité att ril»ue à ces pi êtes de

nombreuses pièces, donl il s'est quelques titres. Plusieurs

d'entre eux oui joui, en leur temps, d'une grande i .On en

peut juger, pour S par une épi gramme d iù il est

dit qu'en lui est revenu au monde Sophocle; pour Philisque. par ce

ipir nous apprend Pline (llist. mit., \\\\ , 36, 42), que I" gr mol peintre

Protojène l'avait rep méditant. A cette liste des tragiques de

lue et de l'école d drie, il faut ajouter Callimaque, ou

tait, au rapport de Suidas, dans la tragédie comme dans tant

d'autres genres, et Timon le Silli . auteur, d'après :

ce (IX, 10). de soixante . Si l'on <'ii croit lo

stophane [Thetmophor., 1059), le sujet à' Adonis, sur lequel s'i déjà le luan (Aiheu., /)< </m., IX), a été traité en Ira-

e Phiiopator, qui n'honore guère la ii tgi*

alexandrins. De tout ce théâtre il est resté un I d»re

Fragments, parmi lesquels plusiet pie

lieauté poétique, par exemple celui (Stol>., CX1X, 13), et le second des fncerfarum fooiùoruti

wn, 3). Voyei le Recueil de Fr, G. \\ . . Didot,

p. Iô3, 157.

étaient, après Homère, l'objet princ !i<lasca-

Lies dont Aristote ' avait donné l<; mi

nus jusqu'à nous, au EDO] taila

traditionnels que nous poasédona sur la composition et la repréaentation de leurs chefs-d'œuvre*.

A dater de cette époque, ces belles productions du génie occidental commencèrent à M répandre àt l'Orient par une voie plus rapide que celle des commentaires; elles y voyagèrent avec les troupes de comédiens dont l'industrie particulière av;iii succédé i les Grecs, lors du déclin de leurs institutions, aux formes publiques, à la munificence civique des réprésentations solennelles, et qui, courant le pays, transportant de ville en ville leur scène errante et leur répertoire i immortel, n'avaient pas tardé à aller chercher fortune dans les nouveaux Etats fondés sur les débris de l'empire d'Alexandre. Alexandre lui-même, fort épris de la tragédie grecque, qu'il citait souvent dans ses discours, et à qui était venue la singulière idée de lui faire construire, à Pella, une scène en airain8, avait montré le chemin de l'Asie et aux pièces et aux acteurs. Plutarque nous apprend qu'il s'y était fait envoyer, par Harpalus, un grand nombre d'ouvrages d'Euripide, de Sophocle, d'Eschyle ; qu'à son retour d'Egypte, dans des jeux célébrés par lui en Phénicie, le prix de la tragédie avait été di.-puté comme à Athènes. Les juges, c'étaient les plus illustres généraux de l'armée macédonienne; les choréges, c'étaient les rois de Chypre, particulièrement ceux de Salamine et de Soli, Nicocréon et Pasicratès, luttant de magnificence; les acteurs, enfin, c'étaient Thessalus et Athénodore, les deux plus célèbres d'alors, faisant, ainsi que les troupes rivales dont ils étaient les chefs, assaut de talent. Athénodore l'emporta, au grand déplaisir d'Alexandre, protecteur de son rival, et qui aurait donné,

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