‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 70 sur 185 · Trist., V, vu · texte numérisé non relu

Trist., V, vu

DE LA II; m. l'on. OR1 1 25

ion; Sénèque appauvrit la matière par une stérile mce de lieux communs <le toute sorte, poétiques, mythologiques , géographiques , scientili(jues , philosophiques, politiques, par un maladroit et grossier plaça qui cache mal, on plutôt décèle L'indigence de sentiment qu'il recouvre : les Grecs avaient une naïveté d'expn

d (jui, se pliant à tonti les affections du drame, atteignait •'•ans effort au Bublime ou au fami ierj le style de Sénèque, tout artificiel, trahit la perpétuelle prétention d'étonner par la multiplicité fatigante des formes sous lesquelles se répète Bans relâche et sans fin une même pensée , par une exagération et en même temps uni' subtilité, un raffinement, poussés quelquefois jusqu'aux extrêmes limites du ridicule : les Grecs, enfin, tient ramener à la nature, réduire à la terreur et à la pitié ce (pie leurs fables consacrées leur offraient de plus incroyable e de plus atroce; rien peut-être ne caris" autant la tragédie de Sénèque que la recherche, la poursuite passionnée de l'inouï et de l'horrible, la peii lure complaisante d'objets repoussants, rapprochés brutalement de l'imagination, quand ils ne le sont pas des yeux; une préférence dépravée pour les images du laid moral, telles que pouvait les lui fournir la société corrompue au sein de laquelle et pour laquelle il écrivait. C'est là l'explication et aussi l'excuse de tableaux qui nous semblent calomni» r la nature humaine, mais, q il avaient leur modèle, modèle trop réel, sur le tn" même de Home, dans ces prodiges de folie et de crim i qu'avait enfantés, à cette malheureuse époque, l'ivresse du pouvoir absolu. Que si, dans ces ouvrages, la vertu -même sort à tout instant des bornes légitimes de la raison et du devoir, par les saillies d'un héroïsme extrait, par une forfanterie de gladiateur, ce n'est pas ■ment pour se conformer littérairement aux lois du :raste et de L'équilibre poé ique, mais pour reprodu

. ration vers laquelle les bons sentiments euxmêmes sont inévitablement poussés par l'excès de l'oj pression. 11 est fâcheux seulement que, dans ces es]

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de ble.

dont 16 génie dee poi généraui dei iffi

tante d< de ses tyrannie! délirai] factices; qu'on n'y i tout franchement, oomni aèque. (Test Sénèque, en effet, qui p productions déclamatoire! el fi d'un art étrai

au théâtre, où presque rien ne rappelle la -

tique d'£uripide et de Sophocle; mais où, il faut le dire aussi, Lrillent du plus vif éclat C gulièrement spirituels, hardis, énergiques, qui, à la nais ance des lettres classiques, frappèrent le dernes autant que les plus pures béantes da la véri' tragédie grecque; qui même, chose étrange, mais q plique l'espèce d'éblouissement produit par l'apparition de l'antiquité, leur parurent absolument de la même natur dignes d'être confondus avec elles dans le même enthousiasme, la même imitation.

Ici se présente une question que je me contenterai de poser, ne pouvant la résoudre avec certitude. L'an de Rome 566, M. Fulvius Nobilior , célébrant, par des jeux publics, ses succès dans la guerre d'Éiolie, y fit paraître des artistes grecs, artifices, dit Tite Live, qui semble traduire ainsi le terme général , te/vitoc , par lequel les Grecs désignaient leurs acteurs1. Un peu plus tard, en 585, L. Anicius, triomphant de l'Illyrie, en montra à son tour un fort grand nombre, et des plus célèbres, sur un vaste théâtre qu'il avait fait élever dans le Cirque. Polybe, dont Athénée nous a conservé le récit1, décrit fort en détail, avec la malignité d'un Grec qui s'amuse de la grossièreté romaine, comment la représentation fut troublée, tout d'abord, par un ordre mal compris du général. Les joueurs de flûte, produits

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