Htstor., XXX, 13; apud Athen., Deipn., XIV
DE T \ ! B \..i' DIE ORI 127
les premiers devant îe public, étaient rangea sur devant de la scène ainsi que le clurur, et, invit
mencer, ils parcouraient avec leurs doigta, selon lai de leur art, toute L'échelle des sons. Anioius, qu'ennuie ce prélude, leur crie qu'ils feront bit q d'attaquer. Gomme ils n*entendeien1 pas, un des licteurs, l'entremettant officieusement, leur lait si^ne de marcher les uns contre les autres, en figurant une sorte de combat. Les joueurs de flûte d'obéir et de s'abandonner, avec un zèle bouffon, à mille folies. Soufflant tous ensemble dans leurs instruments de la façon la plus discordante et la plus étrange, ils couraient sur le ohœur, L'enfonçaient, le refoulaient, puis semblaient se retirei devant lui, poursuivis eux -même i ;i grand bruit. Main lorsqu'un choriste, serré de trop près et se retournant tout à coup contre son assaillant, leva le poing pour se défendre, alors on éclata de tomes parts en applaudis-
.ents, en acclamations. L'arrivée dans l'orchestre et sur la scène, au milieu d'une telle mêlée, de di danseurs et de quatre athlètes, avec force trompettes et clairons, mit le comble à une confusion, a un tumulte • pie Polybe désespère de pouvoir rendre. Il termine en disant, et cvm pour cela que je le cite, que, s'il entreprenait de parler des tragédiens qui parurent ensuite, il aurait l'air de se moquer. Marins, noue dit Plutarque1,
Bfl son second triomphe, célébra la déd l'un
temple par des sperta les . auxquels, dans sun
mépris pour la Grèce et sa littéral ire, il ne daigne paraître qu'un moment. Dans les jeux magnifiques que donna Pompée, en 6'.»8, pour l'ouverture de sou thé&tre, il y eut aussi, nous le savons par Gioéron1, des sp tacles grecs. Il y en eut , c'est Cicéron encore qui uous rapprend1, aux jeux apollinaires de 709. Brutus, qui
(levait, en sa qualité de préteur, présider à cette h mais qui, lui ce, après h meurtre dt César, de quitte» Rome, fut suppléé, dans cette fonction par ion sur-
1 fit. Mar., u.— % Ad Fam , VII, i. — 3. t / Lifte, xvi, 5.
in roi
i nr dé igné , frè ri, C. Àntonî
d'assez mauvaise grâce, on la rit; qui *- » j t , r<ar
exemple, !<• déplaisir d'apprendn pi'il
avait préparés, afaienl été indiqui tion évidente, pour le juliens Ion
l'usa iniiM'iit changé par la Qatl I ! un-
tilis; qu'au Brutut d'Attiui on avait , ponr
dérouter, par la mythologie , des allô auxquelles
l'histoire se serait mieux | ' ,1a '/-/ ■>■ do nu
poëte; Brutus, au rapport de Plutarque*, avait | antérieurement beaucoup de peine pour eng comédiens precs, un eDtre autres, célèbre nommait Ganutius. Dans les mentions fréquentes que l'ait Suétone de jeux donnés sous l'Empire, il est quelquefois question de représentations scéuiques où figurent des acteurs de toutes langues, omnium lingual hislriones*, c'est-à-dire, comme l'on croit, jouant en latin, en osque et en grec. Une inscription romaine qu'on rapporte à l'année vingt-cinquième de notre ère, e>t destinée à conserver la mémoire de jeux latins et grecs donnés par treize affranchis*. D'autres inscriptions font mention de la scène grecque5, une entre autre> f\»rt gracieuse, fort touchante, que je ne puis me défendre de rapporter tout entière, l'épitaphe d'une jeune fille, prématurément enlevée à cette scène, où, sous le règne de Néron, comme on l'a pensé*, à la fête des Juvénales, instituée par cet empereur, elle avait fait l'essai de ses talents7:
ce Eucharis, affranchie de Licinia, jeune fille instruite, savante dans tous les arts, a vécu quatorze ans.
« 0 toi, qui parcours du regard cette demeure de la mort, arrête un peu tes pas, et 1 s jusqu'au bout l'inscription que l'amour d'un père a consacrée à sa fille, dans ce lieu où devait être placéu ma dépouille. Hélas! quand ma verte jeunesse se
1. Ad Attic, XVI, i, 4, 5. - 2. Vit. Brut., xxi. — 3. &ts., xxxix; Aug., xlii. — 4. Orelli, Inscript, lai. sélect., n° 2546. — 5. Id., ibid., a" 2608, 2G14; etc. —6. Vis;onii. [<onngraph.grœox,t. I, p. 413-
7. Orelli, ibid., n° 2602. Cf. /iu'W. Int.; Burmann. IV. 353; Meyer, n° 1437.
parait ds la Heur des arts, et qu'avec les années ''11»' montait v( is la gloire, mon heure fatale s'est bâtée, et m'a ravi l'espoir
d'une plus longue existence. Moi qui, n a uère. élevée, iosti uita, par w s Mus. s elles-mêmes, formée presque de leurs mains, ai, dans les jeux de la noblesse, fait l'ornement du chœur, et paru la première devant le peuple sur la scène g rec lue , je Di suis plus qu'un peu de cendre que, par un arrêt cruel, les Parques ennemies ont enfermé dans ce tombeau. Les soins, l'amour, la
ire de ma patronne, tout cela est maintenant enseveli, a mon corps consumé, dans le silence de la morl .1 si laifl mon père une fille à pleurer; par lui introduite dans la vie, je suis arrivée avant lui au jour du trépas. Quatorze jours, heureux anniversaires de ma naissance, sont ici à jamais plongés daos les ténèbres de la demeure de l'luto i. Ne t'éloigne ; je t'en prie, sans avoir souhaité que la terre me soit légère »
On me pardonnera d'avoir étendu au delà du nécessaire cette citation. Des faits divers qu'elle complète, il est peut-être permis de conclure, sans trop de témérité, que, non-seulement la comédie, mais la tragédie grecque, s'expliquait, en certaines circonstances, dans sa propre langue, devant le peuple romain ; avec peu de succès, il est vrai, à en juger par les expressions dédaigneuses de Polybe et de Cicéron. Les Romains l'estimaient plus, ce semble, hors de Rome. Lucullus, je l'ai dit plus haut, en amusait, dans la capitale conquise de Tigrane, son armée victorieuse, et elle avait sa place dans les divertissements de toutes sortes par lesquels Antoine, avec sa Cléopàtre , dans l'île de Samos, h Athènes1, s'étourdissait sur les graves chances de la guerre qui allait décider, entre Octave et lui, de l'empire du immcle.
te tragédie, l'un des plaisirs les plus universels, les plus constants, les plus vifs du monde grec et du
1. Plutarch., VU. lundi., xnn; Vit ânt., lxi, lui. Velleius faillis (l'.HH) raconte qu'à un dîner d'Antoine son complaisant Hlainu> figura dans un spectacle dramati u anaue et
ne du dieu marin Glaucus; si le commentateur de l'his- • 'il, Ruhnken, soupçonne qu'on représentait devant !<• triumvir le tu» Pontius, tragédie n d'autres (voyez God He uann,
i* & hyl. G Oputc., t. II, p. ;>9), drame satyrique d'Eschyle,
ESCHYT B — 9
monde romain, l'était bien fortement i née désir ginations, et, ne pour tous an i< |
, à l.i tribune, au barreau,
lions et Lee eonj - le (a vie publ
,»rivée, la transportaient, pour ainsi fiire, sur BCfUes nouvelles, où il n'est de la
chercher.
Un orateur athénien, aux goftti li" et par
fièrement dramatiques, dont le non rencontr
d'une t'ois déjà dans cette histoire de la tragédie grecque, qui, nous l'avons vu, acheva son théâtre, érigea d tues à ses grands poètes, assura, par des dispositions législatives, l'intégrité, la perpétuité de ses chef-d'œuvre1, Lycurgue , par exemple, lui lit jouer, l'année 329, une sorte de rôle politique. Il accusait, dans un éloquent discours qui nous est parvenu, L crate de s'être, après la défaite de Chéronée, lâchement séparé du malheur et du dévouement communs, en allant vivre, pendant huit ans, chez les étrangers. A ce calcul égoïste, il opposa le patriotique sacrifice que, d'après de chères traditions, Euripide avait peint dans son Erechthée. Au lieu de l'orateur, on entendit tout à coup, dans une longue suite de beaux vers, nn des personnages riu poëte, la fille du fleuve Géphi^e, la femme de l'antique roi d'Alhènes Érechthée, la fabuleuse Praxithée, s'enivrant en quelque sorte de son amour pour sa patrie, et, afin de lui assurer la victoire, mise par les oracles à un tel prix, lui abandonnant, non sans une sorte de joie, plus citoyenne que mère, la vie de ses enfants, de ces héroïques filles attestées chez Lucien2, avec Godrus, par Déinosthène mourant. Ce morceau, que la citation de Lycurgue a conservé, rapportons -le quoique bien long. Sans doute il n'est pas toujours exempt des pi tentions sophistiques d'un poëte qui se substituait tr<'p volontiers aux acteurs de ses tragédies ; mais ce qui peut
1. Voyez plus haut, p. 115 et suiv. — 2. Demosth. Encom., xlvi.
IGÉDIE GRI 131
lui manquer «le vrrit' dramatique, était : apensé
pour- les auditeurs athéniens, ceux du tli i ai de
ira, par des élans de vertu civiqt e auxquels devaient répondre toutes les sympathiee. Nul peut-être n'est | propre, et par lui-même et par l'emploi qu'on eu a fait, à enseigner quel était, chex ce peuple épris des arts, la plaee attribuée, même parmi ses institutions politiqi aux productions du théâtre, et particulièrement à la tragédie, ce magnifique accessoire u!u culte rendu au\ dieux de l'État, cette commémoration solennelle des ^ran ls souvenirs nationaux, cet enseignement public de vertu républicaine.
« Un bien 'ait généreusement offert charme les hommes; celui qni se fait attendre leur parait sans générosité. Pour moi, je suis prête a donner la vie do ma fille, et voilà mes motifs. D'abord, où retrouver une patrie telle que la nôtre? Nous ne som pas un peuple venu d'ailleurs; nous sommes enfants du sol. Les autres vilU B sur la terre comme par le hasard d'un coup
tivent de \illes étrangères leurs habitants; patries d'emprunt.... peu dignes en effet rie ce beau nom! S'il est permis, en passant, de rappeler d'autres avantages, nousjo lissons d'un climat tempér.'1, où i.e dominent avec excès ni la cha • nr ni la froidure. Ce que la Grèce, ce que l'Asie portent de meilleur, contents des productions de notre terre, nous ne l'ai Ions
chercher. Une chose que je considère encore, c'est que nous mettons au jour des enfants surtout pour défendre les autels des dieux et de la patrie. La patrie! elle n'a qu'un nom; mais ce nom Oûm| rend bien des concitoyens ; et dois-je les I isser périr quand je puis les sauver par le sacrifice d'une seule
Le petit nombre, je le sais, est intérieur au plus irrand, et l'intérêt d'une maison ne peut pas balancer celui de l'État tout "ii 1er. Si, au lieu de jeunes filles, de mâles rejetons fleurissaient autour de moi, et que la flamme ennemie menaçât nos murailles, est-ce nue, par crainte de leur mort, je n'enverrais pas mes fils au combat? J'aurais des fils pour combattre, pour se signaler parmi les guerriers, et non pour être d'inutiles memores de l'Etat, la vaine parure de leur mère. Les larmes des mères ont
eut amolli, au moment du départ, le cœur des jeunes soldats. Je hais les t- mmee qui à ls gloire de leurs enfants préfèrent leur vie et leur conseillent le mal. Tombés sur le champ de » Ile, ils !"urs concitoyens la tombe
et la gloire communes. Ls couronne de ma tille sera d'être o(feiL seule eu *aci itice pour le saiui de tous, de sauver par su
m». ri H •
fus- i ma lill-
je la donne & la ;
riront mes enfanl ? Dois-je , quand
toul périr? D'au
lois antiques de
pai a leur ru ne : <:'-tte lane •m sommai d<: notre ville, je ne laisserai pasEumolpe et Th races la parer insolemment de courons
se'. 0 mes concitoyens! prenes mes entai abandonne, et par eux sauves-von i raioquears : une
Beule vi»' ne fera pas obstacle à votre salut. 0 mon ; tous tes habitants t'aimaient comme je le fais, nous plus
surs de te posséder, et tu ne redouterais aucun malheur". »
Des appels de ce genre aux souvenirs du théâtre tragique n'étaient pa-, ne devaient pas être rares chez un peuple devant qui Sophocle, nous le verrons1, repoti victorieusement, par la seule lecture de quelques son Œdipe à Colone, une étrange et odieuse accusation d'imbécillité; à qui Aristophane fait dire, par la bouche d'un de ses comiques représentants : « .Si l'acteur Œ'^rus est cité en justice, nous ne le renverrons pas absous, qu'il ne nous ait récité quelque beau passage de Niobè *. » Ses orateurs, qui le connaissaient bien, faisaient sans cesse intervenir, dans leurs discours, Homère, Hésiode, Solon, dont ils lisaient, ou même faisaient lire par le greffier, comme des actes politiques, comme des pièces judiciaires, les vers toujours bien venus. Gomment Eschyle, Sophocle, Euripide n'eussent-ils pas fait quelquefois les frais de ces espèces d'intermèdes?
Quand Eschihe, accusé par Timarque de prévarication dans son ambassade auprès de Philippe, l'accusa luimême de désordres qui, aux termes des lois, devaient lui interdire l'accès de la tribune, il emprunta au Phœnix d'Euripide6, vaniant fort la sagesse du poë'e, des maximes d'après lesquelles, disait-il, les Athéniens devaient juger son adversaire6. Quand, après la condamnation et
1. Voyez Musgrave. — 2. Lycurgue, Orat. inleocrat. Cf. Plutarch., de ExsiL, xm. — 3. Liv. lit, chap. v. — 4. Vesp.. Ô92. Vovez plus haut, p. 108. — a. Cf. Diod Sic, XIII, 14 - b..£sehin. In îimarch.
DE LA TRAGÉDll GRI I Ql E. 133
le suicide de Timarque, Démosthène poursuivit seul : cusation <|ni leur était commune, il retourna contre I chine s;t propre citation, et lui reprocha malignement
d'avoir perdu le souvenir d'autres vers qu'il avait bien souvent déclamés, lorsqu'il jouait en troisième ordre les
rôles de tyran, et qui eussent pu le rappeler à ses devons
de citoyen. Ce sont des vers île VAntigOflâ de Sophocle, où (In'on luit parade de maximes patrioti [ues, en elles-mêmes fort belles, et que I>émosthène cita à son tour pour en accabler Eschine '.
Quelquefois les orateurs rappelaient moins directement les souvenirs de la tragédie. Lysias, prononçant l'oiaisou Funèbre des guerriers athéniens morts dan.s la ito de Corintbe; Isocrate1, Faisant l'éloge d'Athènes, réclamant pour Athènes le partage de cette primauté que B*arrogeait Sparte, n'oubliaient pas, parmi les titres antiques de leur patrie, le secours généreux prêté par elle Iraste, aux enfants d'Hercule : c'était citer en quelque Mute ileux tragédies d'Euripide, ses Suppliantes, ses Héraclides. Plus tard, suivait leur exemp e, avec addition de beaucoup d'autres traits fameux dans l'histoire héii ique «l'Athènes, avec mention générale des poètes qui 1rs avaient célébrés, l'auteur d'un éloge funèbre des guerriers morts a Ghéronée, placé mal à propos, pense-t-on, parmi les œuvres de Démosthène ; là se trouvaient implicitement iUs allusions à de nombreuses tragédies, telles que les deui d'Euripide qui ont été tout à l'heure nommées, telles que \Ajax de Sophocle. Anto^lès, voulant Méoexide à plaider devant l'aréopage dont il décimait la juridiction, argumentait de l'exemple des lui mi- [ui s'étaient soumises elles-mêmes à ce tribunal.