‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 83 sur 185 · Macrob., Sat., II · texte numérisé non relu

Macrob., Sat., II

DE LA il \'.i Mil GRECQUE. 157

dont Lucien raconte, avec sa ordinaire1, la plaisante

histoire1, repréa ma de même, plus qu'an naturel, la folie à'AJQX. On le vit tout à coup déchirer les vêtements

du batteur de mesure, troublé, à l'improvi-te, dans l'exercice de ses mod UCtions, arracher la Ûûte dn

musicien étonné et la briser sur la tète d'Ulysse, encore tout orgueilleux de sa victoire, puis , s'élançant dans

l'orchestre, aller s'asseoir entre deux graves consulaires,

peu charmés de cette incartade tragique, et qui craignaient fort d'être traités par le terrible acteur comme dans la pièce de Sophocle Aja.r porte fouet traite les troupeaux de l'armée. La tragédie grecque, on le voit, retrouvait quelquefois chez les pantomimes de nouveaux Sénèques.

Sortons du théâtre, et arrêtons-nous, en passant, dans cette société nouvelle, qui anatliématisait en lui tous les

ordres du inonde ancien, dont il était le commun réceptacle. Là encore nous rencontrons la tragédie grecque et Euripide, dont Apollinaire d'Alexandrie1, dont Grée de Nazianze, ou l'auteur quel qu'il soit de cette Passion du Christ qui nous est venue sous son nom, dérobaient les formes, les vers même, pour les tourner, avec un zèle ingénieux, à la Louange des croyances proscrites, en dépit, dit-on, de la jalouse intolérance de- Julien, qui en interdisait l'étude aux chrétiens. Ainsi plus d'une fois se bâtirent, avec les débris des temples du paganisme, les ('■.dises de la religion naissante. Dans l'ouvrage attribué à Grégoire de Nazianze, Ilécube , Andromaque, \.e lée même, prêtent l'expression de leurs douleurs maternelles à la douleur inouïe de la mère d'un Dieu fait homme, qui, tandis que son fils succombe comme les hommes h la mort, succombe elle-même, malgré sa foi, à la douleur humaine. La tragédie grecque pouvait fournir aux pieux larcins du saint auteur des traits mieux en rapport avec le oaractère d'un tel sujet, dans le drame

1 Ve Snltiit , i.wxm.— 3 . V, 18, etc. I I bliotk,

t. Il, p. 285, Hurles.

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sublime de Profnéthé$t

confuse do mystère de la rédemption1. Au resta, l'industrie d'un poète srndit, qui assemble I oent

les pièces BU moins profanes, parfois pal

centon chrétien, les préoccupations d'un théo ja-

loux d'expliquer le dogme autant que d'intéresser à i toire de son merveilleux établi t, beaucoup d'in-

cohérences, de contradictions, de Longueurs et de re

souvent textuelles, refroidissent cet ouvrage, dans lequel cependant l'écrivain se maintient, en plus d'un endroit, assez heureusement, au niveau du pathétique d'Euripide,

et, chose plus difficile, de celui des Ecritures. (. point un drame que cette Passion; c'est un dialogue con tinu, sans entr'actes, sans divisions d'aucune espèce, OU les journées se succèdent, où la scène se déplace, sans qu'on en avertisse, par le seul travail de l'imagination du lecteur". Il en était ainsi dans un autre drame, ou plutôt dans un. autre ouvrage de forme dramatique, comp non pas sur un sujet du Nouveau, mais de l'Ancien Testament, non pas par un chrétien, mais par un juif, à une époque fort antérieure, puisque quelques-uns des fragments qui nous en restent ont été transcrits, avant Lu-

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