‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 84 sur 185 · Tertull., adrers. Marcion., I, i. Cf. Apologet., xvni · texte numérisé non relu

Tertull., adrers. Marcion., I, i. Cf. Apologet., xvni

2. Voyez sur cet ouvrage dans le Journal des Savants, janvier et niai 1849, p. 12, 275 et suiv., les intére-sints articles où M. Crurles Magnin en fait connaître, par des analyses et des traductions, le caractère, et rapportant les opinions si nombreuses et si diverses qui U retirent ou le maintiennent, par des raisons tantôt théologiques, tantôt littéraires, à saint Grégoire de Nazianze, les accorde toutes au moyen de cette opinion nouvelle, que le Xpioroc *énmrt tel qu'il nous est parvenu, est un amalgame assez indigeste de deux ou trois drames ou fragments de drames écrits entre le ive et le vin* siècle et cousus fort négligemment ensemble par un lettré du Bas-E ;.pire. Il n'est pas éloigné de croire que la plus ancienne des pièces ainsi réunies est l'œuvre de saint Grégoire de Nazianze, soit lors de sa retraite à Azianze, soit pendant son épiscopat à Nazianze et à Constaniinople, soit même, et cela Lui parait le plus probable , au temps de ses études à Athènes et de sa préparation au sacerdoce. Il n'admet point ou reste qu'il ait voulu, par cette composition de sujet religieux et de forme profane, éluder une loi de Julien qui interdisait aux chrétiens l'élude et la lecture des poètes païens, loi dont il conteste la réalité. Il n'y cherche pas d'autre intention que celle qui, selon le saint auteur lui-

srhe* et Eustathe2, par saint Clément d'Alexandrie*, à la fin du il8 siècle, ou tout au plus au commencement du m0, et que des conjectures en ont l'ait vivre l'auteur dans les temps qui ont précédé la venue do Jé- IDS-Christ, l'ont même donné pour un des Septante. Cet auteur, nommé Kzéchiel, était peut-être un de ces juifs hellénistes qu'on a soupçonnés d'avoir, ain-i que les chrétiens, glissé dans les ouvrages dramatiques des Grecs certains passages étrangers et même contraires aux idée* du polythéisme, et qui sembleraient, chez des poètes païens, une révélation du Dieu de Moïse et de JésuB-Ghrist, si le lan^rai;e ne déposait de la fraude religieuse qui les leur a prêtés4. Dans l'ouvrage d'Kzéchiel, auquel \ eut-être ou peut donner pour antécédent la tragédie de Suzanne*, composée du temps d'Auguste, par Nicolas de Damas, une suite de scènes assez grossièrement imitées, quant au mètre, quant au style, quant à certains détails de composition, de la tragédie grecque, retraçait dramatiquement ce que raconte l'Exode, la sortie du peuple de Dieu hors de l'Egypte, et son long voyage vers la terre promise, sous la conduite de Moïse. Noua avons eu entier la scène où Moïse lui-même, chargé du prologue, comme les personnages protatiques d'Euripide, reprenait les choses à leur origine, c'est-à-dire à l'émigration de Jacob et de sa famille, et, après un long détail de l'histoire des Hébreux et de la sienne, faisait enfin connaître son arrivée au pays de Madian. Nous

même (Car m. xx\, e;.; ta êau£Tpa; Oper., t. II, p. 900 sqq.) lui avait i n>p irô tant et de si diverses poésies, celle de prêtera la vérité les séductions par lesquelles les [..riens attiraient au mensonge. Il lui parait évident que la partie du Jtpurtôc -àv/<.>v qu'on peut attribuer à saint lazianze n'a pu être écrite pour la scène; mais il n'oserait de môme affirmer que les parues qu'on y a jointes et dont la forme est plus dramatique, que ces pièces écrites probablement dans des mo- Dastères, an vi* et au vin* siècle, n'y ont pas été représenté*

[.Préparât tvang , 12,28, 3 I — 2. Ad aesamertm. — :i. strom.,i. t, DemofulraJ evang. x IV, u, 24: Bayle, art. Éiéchiel.

• V fei Hasek h, Crjsc trag. . m.— S. S«*aacv(c ou 2o*àwnc;

Fiitat'i , mi Dionyt. perieg., 976. Ci Nie. Damasc., Di otta tuat mur ejusdem t, éd. de J. C. orelli, Leip.v , 1814, t- 1. page '».

160 ii

avons en parti'

1rs filles de

songe prophétique qui le il sa mission,

uni wrtc la foii divine du bui . un

Égyptien, échappe an ntnfn Pharaon el de

mée dans les eaui subitement rappn

Rouge, apportait la nouvelle de la miraculen •

celle enlin où les éclaireurs de Moite venaient lui faire.

d'assez longues descriptions des donie foi

soixante-dix palmiers d'Klim, indiqués si soeein

par l'Ecriture1, et aussi de ce qui ne s'y voit nulle part, du

fabuleux oiseau de l'Arabie*. Cette analyse mont

que la Sortie d'Éyypte d'Ézéchiel, comme la Passion

Grégoire, simples récits en dia Ogoes, n'étaient pont

destinées à la scène8. A cela près, et sauf l'élégai]

pruntée qui distingue le second des deux ouvrages du

premier, ils n'étaient pas l'un et l'autre sai. cm-

blance avec ces mystères, ces chroniques pir lesquelles

devait recommencer assez péniblement le théâtre chez les

modernes, avant que le génie des Grecs leur fût venu en

aide.

Au XV* siècle reparaît enfin en Italie, après une trop longue éclipse, ce brillant génie, d'abord dans les i. anuscrits sauvés de Gonstantino^le conquise ou achetés

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