‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 89 sur 185 · Les Danaïdes. Voyez Suidas, Hésycnius · texte numérisé non relu

Les Danaïdes. Voyez Suidas, Hésycnius

3. Je dois dire que des critiques de grande autorité ont pensé bien différemment. Quelques-uns, remarquant le noble rôle que jouent dans les Suppliantes le roi et le peuple d'Argos, ont cherché a quelle époque cpU" manière honorable de les présenter sur la scène avait pu convenir à la politique d'Athènes. J. de Muller, entre autres, dont le commentaire de Butler fait connaître l'opinion, a cru trouver l'indication de cette époque dans le pas-age (I, 102) où Ihucydide nous apprend que, onze ans environ après las guerres médiques, les Athéniens, mécontents de Lacédémoue, conclurent un traité d'alliance avec Argo-, son ennemie. Bœckh (Grœc. trag. princip., v, vi a encore rapproché cette date, mais par d'autres cons dérations. Ayant établi, assez subtilement, que le chœur de^ Suppliantes, qui, selon la fable; aurait dû être composé de cinquante personnes, ne l'avait été que de qu nze, il en a conclu que la pièce était, postérieure à la représentation de< Euménides, qui fut l'occasion de la réduction du chœur; quelle avait été par conséquent, composée par le poëte après >a retraite en Sicile. Allant plus loin, et s'autorisant des locutions sinon siciliennes, comme il a paru à quelques-uns, du moins doriennes, dont l'ouvrage abonde plus qu'aucun autre d'Eschyle, il est arrive à supposer que cet ouvrage, si pélopnnésien par le sujet et pir le style, avait été fait pour la ville d'Etna, fondée assez récemment par Hiéron . et dont ce prince avait grossi la population factice, empruntée à divers lieux, comme le

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I si Suppliantes d'Es :hyle ne sont autres go* ces famen- Danaldes, dont les aveotures fabuleuses, souvent chantées p;ir la poésie, ont été plus d'une fois et de i>ien des manières, en tragédie, en Comédie1, expos 'es sur la Bcene.

n'est jias toutefois la catastrophe terrible par laquelle terminait la tradition qui fait le sujet de l'ouvragi , seulement une des circonstances qui, selon ce poète, ou ceux (ju'il a suivis, l'avaient amenée.

Les iilles de Danaûs ont fui les rivages du Nil pour échapper à l'hymen de leurs cousins, les Gis d'Egyptu . suit, connue, la plupart Ses interprètes l'ont pensé, qu'un tel hunen, contracté si près d'elles, dans leur famille, leur ait paru illicite et criminel, scrupule qui peut sembler étraDge chez des filles de l'Egypte, où la sœur pouvait épouser le frère*, soit seulement, c'est le sentiment du scoliaste, et la conséquence qu'on petit tirer de quelques passages de la pièce', qu'elles aient pris en horreur des époux imposés par la violence et dans un desquels leur père doit, aux termes d'un oracle, trouver un assassin*. Quoi qu'il faille penser de leurs motifs, trop pou marqués peut-être par le poète, puisqu'il était indispensable à l'int de la pièce que le spectateur y pût entrer, elles ont été chercher un asile en Grèce, dans la ville d'Argos, d'où elles tirent leur origine. La première scène de la tragédie nous les montre, qui viennent de quitter leur vaisseau, et qui, retirées près d'un bois et d'une colline ornés de saintes images, adressent à ces divinités étrangères les prières le» plus vives. Survient, à la tète d'hommes ar-

rapporte Diodore (XI, 4o), de cinq mille Péloponésiens (voyez plus haut, p. 83). Ce sont là des hypothèses ingénieuses, mais des bypoaui laissent libre de se régler pour le rang qu'il faut donner aux Suppliiintrs, dans lu c assific&tion chronologique des pi'res d chyle, »ur lea caractères que présente cette tragédie, considérée comme oeuvre dramatique.

1. San> descendre aux lacr -, les anciens oui leui (dans les l'ni l'omiquesAr phane et Diphile. Voytz Meineke, Fragm. coin. <,r,rc, t. i, p. v n, 1047; iv, :s,s6.

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