‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 97 sur 185 · LB II É H A UT · texte numérisé non relu

LB II É H A UT

Où est le roi de ce paya ? A qui dois-je porter les paroles de Créon, qui commande à ThèbeS ?

TIIÏ'

Tu t:abuses. étranger, dès tes premières paroles, en cherut ici un roi. Ot État n'obéit pointa un seul homme; il est libre : le peuple y commande.

li est vrai que, dans ce qui suit, et qui est peu conforme I la vraisemblance dramatique, dans une dispute, fort belle d'ailleurs, où les deux interlocuteurs dé] a tent les avantages respectifs de la monarchie et de la démocratie,

i des détails, tournés h l'éloge ou à la satire de la constitution athénienne, paraissent tout à fait contemporains du poète. Ce sont là de ces anachronismes de mœurs qui ne manquent à aucune tragédie, pas plus à la

édie anglaise ou allemande qu'à la nôtre, et qu'on doit regarder comme à peu près inévitables, puisque les Grecs eux-mêmes, qui ne traitaient que des sujets nationaux, n'ont pu s'en préserver entièrement La peinture d'Eschyle est ramenée, autant que possible, à la réalité», par l'allusion méprisante aux arts de la civilisât 1 in égyp-

i. v — 2. Vit. //»«., xxm. cf. xxu. — 3. v. MM

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L'auteur d'une pareille scène en avait tiré

de bien belles du trafique sujet offert h pièce par laquelle se terminait la trilogie. I. ai-

le et if, intérêt d'une nature assez froide, que produisent, dans les Suppliantes, les sentiments et les actes tooji unanimes des cinquante filles de Danaùs, faisait-il place, dans les Danaïdes, où sans doute Hypermi. touchée

de pitié et d'amour1 pour Lyncée, se séparait noblement du crime de ses sœurs, à un intérêt plus individuel, plus véritablement dramatique? W. Schlegel le nie par des raisons spécieuses, auxquelles j'opposerai l'espace d'argument qu'Eschyle semble nous avoir donné Iui-mèinedes Egyptiens, des Suppliantes et des Danavles, dans la scène du Promèlhèe, où le dieu prophète révèle à Io ses destinées et celles de ses descendants.

t De la race d'Épaphus, ce fils dont le toucher de Jupiter te rendra mère, sortira, à la cinquième génération, tout un peuple de femmes, cinquante sœurs, ramenées malgré elles vers Argos, leur antique berceau, pour y fuir l'hymen odieux des fils de leur oncle. Ceux-ci, emportés par la passion, comme des éper-

1. Hérodote (II, 77) parle de la boisson fermentée par laquelle Pélasgus reproche ici aux habitants de l'Egypte de remplacer le vin : bien d'autres auieurs aussi, dont on trouvera les passages curieusement recueillis par Butler dans une note qui devait véritablement être écrite en Angleterre.

2. Apollodore, Biblioth., II, i, dit qu'Hypermnestre épargna Lyncée parce qu'il n'avait pas attenté à sa virginité. Le scoliaste d'Euripide, l/ec.,870, explique sa désobéissance aux ordres de son père d'une manière bien différente, et qui paraît plus conforme, on le verra tout à l'heure, à la fable du Lyncée de Theodecte, aux expressions d'Esch\le et à celles d'Horace. Chez Ovide, Eéroïd., XIV. 123. 130. Hyperranestre appelle Lyncée simplement son frère, nom intermédiane cuire le nom plus froid qu'autorisait la parenté, et celui auquel elle a des droits, au'elle n'ose réclamer.

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