‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 101 sur 893 · Voyez plus haut, p. 205. — 2 PIni.Trpli r.v t-i · texte numérisé non relu

Voyez plus haut, p. 205. — 2 PIni.Trpli r.v t-i

LES PERSES

leuse victoire de Salamine, celte île de Ps}ttalie, où avait été massacrée l'élite de l'armée persane , ce mont Égalée, d'où Xerxès avait contemplé son désastre, tous ces objets parlaient éloquemment à .Timaginalion des spectateurs; ils faisaient, ainsi qu'eux-mêmes, partie du magnifique

spectacle qui allait s'ouvrir.

Bientôt la scène se découvrit el offrit aux regards la ville de Suse, le palais du roi de Perse et le tombeau de

Darius. Des vieillards y montèrent : c'était le conseil des Fidèles chargés, en Tabsence de Xerxès, du gouvernement

de l'État. Dans un chant grave et mélancolique, ils s'entretenaient de cette guerre lointaine, où leur jeune souverain, emporté par une ardeur belliqueuse, et séduit par

d'imprudentes flatteries, avait entraîné toutes les forces de Tempire.

t .... De l'Asie entière est sorti en armes un peuple immense,

à l'ordre et sur les pns de son roi. La fleur de la jeunesse persane est loin de cette terre qui Ta nourrie , qui la regrette et

la pleure. Les mères et les épouses comptent, en tremblant,

les jours d'une trop longue absence *.... »

Ed vain ils se retracent, sous les couleurs les plus vives, les plus éclatantes, le nombre prodigieux de leurs guerriers, la renommée et les talents des généraux qui les commandent, la valeur et la puissance de ce roi,

« jetant, comme un dragon furieux, d'homicides regards, aux

milliers de bras, aux mille vaisseaux, dont les flots ont porté le

joug..., qui guide en Europe, et par terre et par mer, comme un troupeau, une arnaée innombrable*.... »

Rien ne peut les rassurer contre les vagues terreurs, les pressentiments sinistres qui les assiègent. Ils opposent

plus d'une fois ' , avec une emphase qui cache leur défiance, leur découragement. Tare dont leur Mars est armé, à la redoutable lance des Grecs; surtout ils redoutent cette puissance jalouse, qui, selon les idées du temps,

voyait d'un œil d'envie la prospérité des mortels, puissance

1. V. 56-64. — 2. V. 72-86. — 3. V. 88, 151 sqq. Cf. 26, 55, 243. 1008 sqq.

ESCHYLE

dont Pindare « ne parlait pas autrement qn'Eschvle t)„is sance célébrée, même chez Hérodote S et quirL'l e ZIZ^ 'r tragiques grecs, particuliè'reme'nt dans ceu. etSp'l ' '«.P"'"=>P<^1 niobile de l'aciou dramatique! et comme le premier personnage de la tragédie.

mystérieuse d'une volonté plus forte que tous les couieiL hun,aius: c'est amsiqu'.l fait naître une terreur qu'il caura soutenir et accroître avec art de scène en scène, TupJZ

£pt, P"^^''''?° "' "' ^^"'•'"«"' uniforme 'au vTdê

d une ciion qu, consiste tout entière dans l'attente et l'ar-

nvee d'une nouvelle funeste.

Bieniôt il amène sur la scène la veuve de Darius et la

mère de Xerxès, Atossa. devant qui tous se prosieroeot comme devant la femme et la mère d'un dieu et TneT luent des paroles d'adoration d'une pompe tou't or^en aie" Ses anciens sujets se disent éblouis de sa lumière, parei U à celle de 1 œil des dieux •; elle vient unir ses crainL aux craintes des Fidèles. Un songe prophétique, où e plus noble et le plus clair emblème désigne la Grèce libre et vtctoneuse, lui a annoncé la ruine de son fils; des pré-

ils n'o'nt pas obtenu une feibli °p|ï T^'ul famaiilat'in'"^'^ S''^'^^

ne leur fasse rencontrer de tristP« wtm.rd ! '?J;^<"s e des dieux clémenie!... .. '^'^* retours! que la divinité leur soit

iLmkdTdn.: X,: ^k "■ *"'"'"•• '"«i"'-. L J- VirgUe fait dire

Invidisse deos, patriis at re.lditus oris Conjugium optaluffl et pulchram Cal^dona viderem

S?.^t&"refrbi-àt-i^rJK

4. V. 155. Cf. V. 304. Ainsi, comme le 'fait remarquer Boissonade

LES PERSES

sages* menaçants l'ont poursuivie jusqu'aux autels; elle réclame les avis des vieillards qui l'engagent à détourner, par des prières et des sacrifices, ces terribles augures. Brumoy remarque fort ingénieusement, comme un Irait de

naturel et de vérité, que la reine s'empresse de s'arrêter à

ce conseil, impatiente qu*elle est d'écîiapper aux inquiétudes qui la poursuivent. Cependant elle adresse au chœur

quelques questions qui ont paru manquer de naturel, et que rendent, selon moi, vraisemblables la vie retirée que

menaient alors les femmes et les cruelles appréhensions d' Atossa. Il en résulte un dialogue dont chaque mot devait exciter des transports dans un auditoire athénien. Athènes, qui venait peut-être de payer l'amende à laquelle Pindare, pour lui avoir rendu un pareil hommage ^, avait été condamné par Tenvieuse Thèbes*, y était proclamée le rempart de la Grèce :

ATOSSA

OÙ donc est située cette ville d'Athènes?

LE CHŒUR

Loin d'ici, vers le couchant de l'astre que nous adorons.

{Notul. m Pers.), parle à Darius Teunuque Tirée (Plutarch., Vit. Alex., XLii). Horace a renouvelé pour Auguste ce langage des cours Je

l'Asie :

Lucem redde tuœ, dux bone, patriœ.

Instar veris enim viiltus ubi tous

Affiilsit Dopulo, gratior il dies

Et soles melius nitent. (Od., IV, v. 5.)

1. Ces circonstances déterminent, à peu près, ce qui a été, entre

plusieurs interprètes d'Fschyle, le sujet de discussions assez oiseuses, f'insiant de la journée auquel on peut croire que commence l'action

des Perses. Il est clair qu'Atossa, dont un songe effrayant a troublé le sommeil, n'a pu longtemps tarder à aller chercher aux autels des dieux et près des Fidèles les consolations dont elle avait besoin. C'est donc, comme le pense Schûtz, vers le matin qu'il faut placer ces premières scènes, et non vers le soir, comme le voulait Siebelis dans une dissertation publiée en 1794, ne croyant pas que le jour pût éclairer convenablement le sacrifice funcbie offert à Darius, l'apparition de son ombre, enlin le honteux retour de Xerxès dans sa capitale. Il y n une

observation générale à faire, c'est que les représentations dramatiques

des Grecs ayant lieu le jour et à ciel découvert, les scènes de nuit n'y

étaient guère possibles sans une complaisance à laquelle les spectateurs ne pouvaient se prêter aussi longtemps que le veut Siebelis. 2. Plutarch., Fit. T/icmut., vin;Pind., Fra^m. xlix. — 3. Vit.Pindar.

ESCHYLE

ATOSSA

Et c'est cette ville que mon fils souhaite si fort de prendre ■'

. i-E CBŒUn.

Elle pnse, toute la Grèce le reconnaitrait pour son roi.

ATOSSA

Ses soldats sont-ils donc si nombreux?

LE CHŒUR

Assez pour avoir fait aux Mèdes bien des maux.

ATOSSA

Mais enfin quelles sont leurs ressources, leurs riches- es?

, LE CHŒUR

Ils ont les trésors de la terre, des sources d'argent.

ATOSSA

Est-ce de rare et de la flèche que s arment leurs mains?

LE CHŒUR

Non. ,1s combattent de pied ferme avec la lance et le Louclier'.

ATOSSA

Qui Jes conduit au maître ?

'^ ^on^bat? quel est leur pasteur et I

LE CHŒUR, ils ne sont esclaves ni sujets de personne.

ATOSSA

Oseront-ils d'eux-mêmes attendre leurs ennemis?

LE CHŒOR.

Ils ont bien détruit la superbe armée de Darius.

ATOSSA

QueUujet d'inquiétudes pour les mères de

eur

partis

ceux qui sont

LES PERSES

Ce trait admirable révèle la pensée secrète dont Atossa est occupée. Elle n*est pas seulement une reine, mais surtout une mère : elle tremble plus pour son fils que pour la Perse, et l'on comprend, comment elle disait tout à l'heure, cherchant à se rassurer contre ses appréhensions :

« Si mon fils est vainqueur, il sera digne de notre admiration, sinon.... Mais il ne doit pas de compte à l'État, et pourvu qu'il vive, il sera toujours le maître de cet empire *. »

Celte peinture d'une vérité exquise et qui atteste déjà chez Eschyle une connaissance profonde du cœur humain, et une grande habileté à en rendre les mouvements, se reproduira tout à Theure par des traits plus heureux encore.

Admirons avec quel art le poëîe a préparé Tarrivée de

la terrible Douvelle, par des pressentimeots qui troublent

les vieillards, par les présages qui obsèdent la reine. Le

messager qui doit annoncer ce désastre est attendu avec autant d'inquiétude et d'impatience par les spectateurs que par les personnages mômes de la pièce. Enfin on l'aperçoit, on le reconnaît de loin à la rapidité de sa course ;

bientôt il est sur la scène, et ses effrayantes paroles, pleines du désordre de la douleur, y répandent une consternation profonde. Il n'attend pas qu'on l'interroge; il ne s'adresse pas aux Fidèles, à la reine : c'est à l'Asie, à

la Perse, à Suse qu'il parle ; ses premiers mots font repasser à ceux qui l'écoutent le douloureux voyage qu'il vient de faire.

« O villes de l'A^iie! ô Perse, et toi Suse, cité, port de la ri-

chesse! cotiniic un seul coup a flétri tant de splendeur et de puissance 1 La lleur des Perses est moissonnée! 0 malheureux! poiinjiioi faut-il que, le premier, j'annonce de tels malheurs?... Mai.s je dois tout vous découvrir. Perses, votre armée entière est détruite-. »

Ces paroles sont suivies des mouvements confus et

désordonnés de la douleur; c'est entre le messager et

ESCHYLE. 15

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ESCHYLE

les vieillards une émulation de désespoir, des cris, des larmes, des gémissements, des apostrophes pathétiques, des images lugubres, des répliques vives, rapides, en apparence sans suite, et qui pourtant se répondent; eafince dialogue extraordinaire, auquel on ne peut rien comparer

et qu'il est impossible de rendre, se termine par des imprécations coutre les AthénieDS, qui devaient être, pour ces

fiers vainqueurs, le nlus doux et le plus flatteur des

éloges :

LE MESSAGER

Salamine, nom détesté I que de larmes, Athènes, je ver^e à ton souvenir! ''

LE CHŒUR

Athènes est reffroi de ses ennemis : la Perse se souvient ' combien de ses femmes elle a déjà privées de leurs époux et de leurs fils*. ^

A ce dernier mot, qui perce le cœur maternel d'Atossa, elle prend enfin la parole. Jusqu ici elle s'est tue, frappée comme d'un coup de foudre par la terrible nouvelle. Ce long silence, si naturel dans sa situation, excite vivement l'intérêt : c'était un art particulier aux Grecs, et dont Eschyle faisait usage jusqu'à l'abus (Euripide le'lui reproche dans les Grenouilles d'Aristophane''), que de

1 Ce mot, plus d'une fois encore répété dans la pièce (v. 764 828) est peut être, comme le remarque ingénieusement, après Siebeh< l'auteur dune dissertation sur les Pmes, imprimée à Paris en ']83]

M. Boyer une alusion au mot que Darius irrité se faisait redire par trois fois, Icrsqu'il se mettait à table : « Seigneur, sou venez- vous des

Aiheniens. v (Hérodote, Y, 105.) 2. V. 288-29:;.

3. Itan., 922 sqq. C'est un dialogue d'Euripi-Ie avec Bacchus. oui

non-seu!ement donne de précieux détails (Cf. Vit. A-.rhyl ) sur deux pièces perdues de notre poëte, sa Niobé et ses Phrygie us, lu Wement le Rachat d Hector mais encore explique au mieux et loue, en n.i.Mssant Je i).amer, un de ses artifices dramotiques : « 11 vous montrait, vaino montre de tragédie , un Achille, une Niobé, as^is, voilés, cacliantleur visa;je, ne souftlan t jas le mot. — Pas le mot, certes. — Le chœur cependant débitait de suite jusqu'à quatre tirades; ils continuaient de se taire. - J aimais ce silence; il r > me plaisait pas moins que le bavardage d aujourd hui.... Mais pourquoi en usaii-il ainsi ? —Par charlatanisme : pour tenir le spectateur dans Tattente du mom-nt où

^lobe ouvrirait enfin la bojche. Pendant ce temps la pièce ii.ar-

Cil31 1> . •• *

LES PERSES

préparer ainsi, par une attente habilement prolongée, le moment où un personnage important prenait, à son tour, part au dialogue. Les paroles que le poëte prête à la reine sont dune admirable vérité : elle cherche à se remettre à raffermir son courage; elle rassemble ses forces pour interroger le messager, et, dans cette grande infortune,

qui, frappant à la fois toutes les conditions, les rapproche

un instant, la souveraine de l'Asie témoigne, pour la douleur de cet homme obscur qui se trouble et ne peut répondre, une condescendance généreuse et délicate. Il faut Fentendre elle-même :

« ....J'ai gardé le silence, dans mon affliction, dans ma stupeur : une telle infortune est trop au-dessus de mes forces- ie ne puis parler, interroger. Il nous faut bien cependant mVr-

tels, supporter les maux que les dieux nous enroient. Remetsloi, et malgré tes larmes, développe-nous tout notre malheur». «

Ce peu de mots serait assez pour une autre qu Atossa; mais elle est mère, et ce qu'elle veut surtout savoir, c'est ce qui touche son fils. Toutefois elle hésite à le demander. Gomme l'Andromaque d'Homère 2, lors, que, ignorant seule la mort d'Hector, et, aux gémissements lointains qui lui parviennent, la pressentant, elle évite le mot ciuel qui va bientôt frapper son oreille et

diflèro son désespoir par cette expression adoucie :

quelque malheur sans doute menace les fils de Priam- ou bien encore, pour chercher plus près de nous un autre rapprochement, comme cette malheureuse femme dont Mme de^ Sévigné a si bien raconté la touchante histoire, qiji, après une bataille meurtrière, veut s'informer de son fils, et ne peut parler que de son frère, son imagination n'osant aller au delà\ Atossa enveloppe, sous une question générale, le soin tout personnel qui la trouble : « Qui a échappé à la mort, ou quel est, parmi

vîil; \' }?'''^l^-^T}- ^h ^^"^ "^^3. - 3. La ducliesse de Longue- X le. Leiires de Madame de Sevigné , 266" Lett , éd. de M. de MonmertjUC

ESCHYLE

ri

nos ro.s, celui qu'il nous faut p'eurer et dont la perle

a laissé veuve son armée? - Xerxès vit et voit la lumière ,. dit le messager, qui répond à sa pensée bien

£r,Tl! ''' P"'"Kf- - « Ah 1 tu la rends à ma maison, s ecrie la reme, oubliant, dans sa joie maternelle, le malheur de la Perse : c'est le jour qui luit après 1 nuit la

plus sombre «. . - Dialogue vraiment sublime de naturel

parole! '""''"' "ï""'^"'' """' "J^^'î^^^

J-ai trouvé, comme le pendant, chez Shak.peare, dans

a belle scène qui ouvre la seconde partie de Henri IV, et ou l'on voit Northumberland lisant sur le visage dé Morton avant que celui-ci lui ait parlé, la nouvelle redoutée de la défaite et de la mort de son fils; retardant à plaisir le moment où il l'entendra, et quand on a commencé de la lui dire, interrompant pour demander que

1 on contredise ce qu'un instinct trop sûr lui a dès longtemps révèle. C'est dans une autre situation et avec une manière différente car le poëte anglais, expliquant en philosophe ce qu .1 peint en poëte, intervient plus dans son dialogue que ne le fait Eschyle; c'est, dis-je, la même intelligence muette de deux personnages, qui se devinent, et repondent à la pensée l'un de l'autre par cette rapide

compréhension que donnent à l'esprit de pareilles circonstances.

La reine est bientôt ramenée, par les paroles du cour-

Coî^ '"' tmtes idées qu/elle a pour un moment écartées. Comme s il voulait réprimer ce mouvement de joie, si involontaire et SI pardonnable, qu'elle a laissé paraître, il lui fait avec tout 1 emportement, tout le désordre de la douleur une longue et vive énumération des chefs qui ont perdu la vie. Il représente leur trépas sous des images

(acte ^f^^^J^ je^souTenait-il de ce passage quand il a écrit dans Esiher Ce mortel qui montra tant de zèle pour moi,

Vil-il encoie? — H vok l'astre qui vous éclaire. 2. V. 300-305.

LES PERSES

terribles et toujours nouvelles ; il mêle à l'expression de sa pitié je ne sais quelle ironie amère*, que lui inspire le contraste de leur gloire passée et de leur fin déplorable, et où il faut bien se garder de voir un oubli de la dignité tragique *, un appel volontaire à la gaieté des Athéniens •;

enfin, lorsqu'il a porté au comble la consternation et Tef-

froi de ceux qui l'écoutent, il termine par ces désolantes

paroles :

a Voilà ceux dont je me rappelle les noms; c'étaient des chefs. Mais nos pertes sont sans nombre, et je n'en ai fait connaître que la moindre partie*. »

Enfin les esprits se calment peu à peu. La reine adresse au messager plusieurs questions pour Taider à rassembler ses souvenirs et à commencer un récit plus suivi et

plus détaillé des événements. Elle s'informe du nombre

et de la force des deux armées. Ici re| araissent et Fidée

de cette fatalité qui a tout conduit, idée que le poëte s'attache à rappeler sans cesse, et l'éloge d'Athènes qui revient aussi à chaque instant, et qui ne devait pas paraître aux Athéniens une répétition.

« Non, ne le croyez pas, ce n'est pas le nombre qui nous a manqué; mais un dieu ennemi a détruit notre armée; il avait chargé d'un poids inégal un des bassins de la balance *. — Les dieux piolégent la ville de Pallas*. — Athènes est invincible ;

ses citoyens sont pour elle un rempart inexpugnable '. »

1. V. 309, 311, 314, 320, 321, 323; schol. ad v. 310. Cf. Hom..

Hiad., XVI, 742, 745. — 2. De Pauw., Butler, etc. — 3. Siebelis, de jEschijL Pers., diatribe, Lips., 1794. — 4. V. 333-334. h. Cf. Hom., lliad., VIll, 70; XXII, 210 sqq.; Daniel, V, 27.

6. Y a-l-il une contradiction aussi choquatite que le dit de Pauw à ce qu'At ssa, qui tout à l'heure s'informait de la tituation, du gouvernement et des ressources d'Athènes, sache qu'elle est consacrée à Minerve? Je ne le pense pas; mais c'est, à ce qu'il semble, l'opinion de A. Wellauer, qui, dans son édition, publiée à Leipsick en 18'23-24, changeant Tordre des interlocuteur-, donne au messager le vers dent

de Pauw conteste ]a convenance ; c'est celle de Lachmann, de Men*

sura tiagœdicV, p. 17, qui l'attribue au chœur.

7. V. 348-353. Alcée, avant Eschyle, avait dit des hommes de courage qu'ils sont les remparts des villes (voy. Fragm. ix, Lyr. grœc. de

s II

ESCHYLE

Vient un récit vraiment incomparable pour la vérité

des circoDStances qu'il retrace, et la chaleur d'enthousiasme qui 1 amme; on sent qu'il n'a pu être fait que par un temom oculaire, par un soldat de Salamine; on v reconnaît une de ces voix fortes et belliqueuses qui réné-

laieat sur les vaisseaux d'Athènes ce chant de guerre « :

fr,'ni"'^' ^"''^"i' ^* '^ '^'■'■«^ ; aCrranchissez votre patrie affranchissez vos femmes, vos fils, les temples de vos dieuï les tombeaux de vos ancêtres. Voilà; voilà le prijt du Combat ». »

Tout y est peint avec une vivacité, une rapidité singulières, et la folle confiance de Xerxès, et les tranquilles dispositions de ses ennemis; puis, lorsque le jour de la lutte est venu, lorsque le soleil qui doit éclairer de si grands événements a répandu sa lumière sur les deux armées, lorsque les sons de la trompette, répétés par l'écho des rochers ont tout embrasé », le contraste frappant

pltTsseml^lV? r^r''m ^Vn ^«^"'.'^''P"'*- *"" nombreuxexomr^fi Pt.T R„i=^ i^'"'""''''' (Ihucyd., VII, 77; Sophocl., ffidip. r., 56, etc.), Boissonade ajoute le suivant (Plaut., Pers IV 4^ Ôii oflVe avec le passage dEschjle un rapport plus imprévu et en même temps plus direct, car il y est question d'Athènes même "

Ut rannitum muro tibi visum «st oppidum'

— Si incol» bene sunt morati, pukre munlium arbilror.

luenes par Xerxes. Athènes, selon Eschyle, n'était plus alors dans

dlrrn^' T'^ °^ ^'^'^"* """ citoyens. Comme'on l'a rembarqué H W?n deTragœdiarumgrœcorum cum rébus publicis COniunctione v/rl^"

1844, p. 4),. 0. Muller {Eumenid., édit., 1833, p. ISOrvo ^t dans li

S2f^^^ qui nous occupe une allision malveiîlfne à la reconstruction

ttre d'un ZnZV": ^^^"^^^'«^^«^"'^ P^« ^loins méconnu iTca icdnmi u I ^® ^'- ^^Wer aux vues étroites de l'esprit de parti duquel Ja louange individuelle est elle-même absente et dont son noble auteur n'a voulu faire qu'un monument élevé à la gloire de iS

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