Je crois trouver chez Virffile (yFnpid ir -î-^î; cr
d'.ne Ame qui n'appartient plus à la c on i^'Jn \nor d e^^e^^^ souvenir Irisle et doux des ai:ections de la terre' ^^"^^^'^^ '^
J. Misînss Monlague, Essai sur le génie de Shakspeare.
LES PERSES
une seule, souvenl répétée, entre autres, par un savant éaiteiir d'Eschyle *. Comment Darius, à qui Tavenir est si bien connn, peut-il ignorer le passé ^ ? Il ne l'ignore pas le moins du monde, et ses questions n'ont d'autre iDut que de reconnaître s'il s'agit du désastre que lui ont autrefois prédit les dieux. Gela est si vrai, qu'il ajoute
anx détails qu'on lui donne, et qae, par exemple, il fait
connaîlre comment les Perses, en détruisant par toute la
Grèce les images et les temples des dieux, se sont attiré
leur colère. Son attention une fois appelée sur l'événement, il voit, comme il appartient à un esprit prophétique, et ce qui s'en est accompli, et ce qui s'en accomplit encore : tout lui en est présent à la fois, et les causes et les conséquences.
Gepeudant Atossa rentre dans le palais; sa tendre prévoyance, éveillée par la sollicitude paternelle de Darius,
y va tout préparer pour le retour d'un fils. Le chœur, resté
seul, rappelle, avec la complaisance ordinaire à la vieillesse, oubliant, ce que n'ont oublié ni la reine ni son époux', ce dont lui-même s'est souvenu il n'y a pas longtemps *, la défaite de Marathon, quelle fut la splendeur du règne
de Darius, splendeur si promptement, si honteusement ternie par les fautes de son successeur. La longue énumération géographique où, selon le génie d'Eschyle ^, sont passées en revue, parmi les conquêtes de Darius, celles-là précisément qui ont mis tant de pays, habités par les Grecs,
sous son joug *, semble, de la part du poète, le vœu, l'annonce menaçante de leur affranchissement, qu'a préparé la défaiie de Xerxès.
Enfin arrive ce malheureux roi, seul, les vêtements en désordre, l'air triste et abattu: il revient dépouillé par
la deslinée de sa grandeur et même de son orgueil. Succombant sous le poids du malheur, de la honte, il n'oppose que des larmes aux reproches des vieillards, dont le res-
1. Blomfield, L'objection a été reproduite dans la dissertation précédemment citée, Pu mancilkux dans la tragédie grecque, p. 135.
2. V. 719 sqq. Cf. v. 805 sqq. - 3. V. 47*8, 78ï sqq. - 4. V. 2'i8. -