‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 17 sur 893 · Sept, ad Theb., v. 640 sq.; 676 sq · texte numérisé non relu

Sept, ad Theb., v. 640 sq.; 676 sq

2. Bossuet a dit . « Quand les anciens se sentaient possédés de quelque mouv'ement extraordinaire, ils croyaient que ce mouvement venait d un dieu , ou bien que ce violent désir était lui-même un dieu .

Cest un souvenir du doute que Virgile, avec les idées de son temps, prête a un Troyen de l'âge héroïque : ^'

Nisus ait : Dine hune ardorem nientibus addunt. fcuryaie? aa sua cuique deus ût dira cupido?

{Ain., IX, 184.)

DE LA TRAGEDIE GRECQUE

préoccupent et Tégarent , il conserve toutefois la con-

bcience de sa liberté ; il sent qu'il est l'arbitre de ses déterminations, que ses actes lui appartiennent. Sans doute il est au pouvoir du sort de le rendre malheureux ; mais

c'est là que s'arrête pour lui Tempire de la fatalité : elle est sans force sur les mouvements de sa volonté, et ne

peut malgré lui les tourner à la vertu ou au crime. Le

destin a conduit Œdipe par une voie mystérieuse à d'exécrables forfaits; Œdipe toutefois est pur des horreurs

dont il s'est souillé. Si, dans le premier égarement qui suit

la révélation de son sort, épouvanté de lui-même, il s'accable des noms les plus odieux, et se punit des plus cruels châtiments, bientôt il se rend plus de justice, et cet incestueux, ce parricide, lève vers le ciel un front serein et des mains innocentes, il s'assied sans effroi au seuil du temple des Furies. C'est sous cette image poétique

qu'avec l'heureux génie de la Grèce, Sophocle exprime la réclamation de la liberté liiorale contre ces lo s lyranniques du sort qui prétendaient l'asservir : réclamation que bientôt Arislote doit renouveler, et dans sa Morale, où il refusera d'admettre qu'Alcméon puisse renvoyer au

destin la responsabilité do son parricide *, et implicitement dans sa Poétique, où il omettra le ressort apparemment usé et abandonné de la fatalité. Il est bien vrai

qu'une volonté suprême préside toujours aux événements que retrace le drame ; mais cette merveilleuse influence

n'est plus que le cadre, ou, si l'on veut, le fond du tableau : au premier plan se montre l'homme avec ses passions, son caractère, sa volonté, marchant librement dans

cette carrière que le destin lui a ouverte et dont il a marqué le terme fatal. Si dans ce mélange de servitude et

d'indépendance qui naît d'accidents inévitables et d'actes spontanés, il reste encore pour l'esprit quelque chose de confus, d'obscur, d'mexplicable, on y reconnaît bientôt

réternelle et insoluble énigme de notre nature, l'accord

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