V. 823 sqq. - 2. V. 9:9 sqq
3. Chez Homère, deux chants prolongent Vlliade au delà du dénoû.
ment par le tableau des funérailles de Patrocle et d'Hector.
rue ^^^^f «■• ^ P- 200, ce qui a été dit de la dernière scène des Sept
Chefs, et dans la suite de l'ouvrage, ce qui sera répélédeVAntigonede
bophocle, des Suppliantes d'Euripide, et d'autres pièces où les honneurs rendus aux morts occupent une grande place, quand ils n'en forment pas le sujet principal.
5. Dans le combat naval des Arginuses, la troisième année de la xciii» olympiade, en 406, l'année de la mort de Sophocle. Voyez Xé-
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6. Lebeau jeune, Mém. de l'Àcad. des inscrîpt., t. XXXV, p. 435.
SOPHOCLE
qui, rapportant cette pièce à l'ëpoque oh les cendre? de Thémistocle, mort en exil, furent secrètement ramenées dans TAttiqne, a pensé que le poète avait voulu donner indirectement une leçon de modération aux Athéniens. Enfin, W. Schlegel nous fournit, pour excuser Sophocle, cette dernière considération qui comprend implicitement toutes les autres, qu'Ajax, ayant effacé sa honte par sa mort volontaire, ne devait pas être poursuivi au delà du trépas, et que, renvoyer les spectateurs dans ce doute pénible, c'eût été les révolter au
dénoûment par le sentiment de Pinjustice*.
La dispute de Ménélas et de Teucer est vive et rapide.
Elle rappelle les dialogues de Corneille par la concision du trait, la promptitude de la repartie. Le langage des
deux héros conserve quelque chose de la rudesse homérique; c'est, je pense, un sujet d'éloge, et nous pouvons Tadmirer, malgré la censure de La Harpe qui juge la contestation indécente, et celle de Brumoy qui, avec la trivialité trop ordinaire de son style, désespère de la rendre potable. Nous s'^mmes, aujourd'hui, moins délicats; nous pouvons nous hasarder à en citer quelque chose :
MÉNÉLAS. « J'ai vu, je m'en souviens, un homme hardi de la lans-ue,
qui, avant la tempête, exhortait les matelots à se mettre en mer, et dont, la tempête venue, vous n'eussiez plus entendu la voix : caché dans son manteau, il se laissait fouler à l'envi sous les pieds de tout l'équipage. Ainsi de toi et de ta bouche insolente. D'un petit nuage va bientôt souffler un grand orage qui éteiïidra toutes ces clameurs.
1. Dans une savante dissertation De Sophoclcx Dictionis proprietate
d'après certaines difTérences de versification, de style, de composition
même, que l'ouvrage n'a pas été écrit par le poète tout d'une haleine qu'il est de deux époques différentes. Il rapporte la première partie aux commencements de la guerre du Péloponèse, et la seconde à ses dix dernières années. Poussant plus loin la conjecture, il est tenté do voir, dans les regrets donnés par les Salaminiens à la perte de l2ur général, une allusion à l'exil d'Alcibiade.
AJAX
TEUCER.
FX moi aussi, je sais un homme plein d'égarement, qui insultait à ses semblables dans leur infortune ; ce que voyant, quelqu'un de semblable à moi, et d'humeur aussi peu endurante, le reprit en ces termes : Homme, ne manque pas aux morts ou si tu le fais, attends- toi à en porter la peine., Voilà quel avertissement on donnait à cet insensé, que j'ai devant les yeux et qui n'est autre, ce me semble, que toi-même. Ai-je parlé par énigme*?* ^
Ménélas s'éloigne, et Teucer, obligé de quitter le corps
d'Ajax, pour s'occuper de préparer sa sépulture, met ces
restes précieux sous la protection d'Eurysacès et de Tec-
messe, de la faiblesse et de Tenfance, comme dit fort bien
l'auteur du Lycée : tableau touchant qu'on remarque dans
une pièce où, selon le génie grec, tout parle aux yeux, et qui, si on en effaçait les paroles, resterait encore, par la composition touchante des groupes qu'elle offre à la pensée, une pathétique peinture, une éloquente pantomime.
Mais voici qu'Agamemnon vient soutenir de son autorité les orgueilleuses menaces de son frère. Teucer, revenu sur ses pas, résiste avec un noble courage à la
puissance tyrannique du roi des rois. On a regardé, avec
quelque raison, comme un défaut, cette répétition d'un
effet déjà produit; mais il y a toujours quelque chose d'heureux dans les fautes du génie. Les deux Atrides sont ici parfaitement caractérisés; l'un a toute la hauteur du commandement, comme l'autre tout l'emportement d'une autorité et d'une haine subalternes; et Teucer, qui leur tient tête à tous deux, qui s'engage avec un héroïqu5
dévouement dans une lutte inégale et sans espoir,
s'élève , par la chaleur de son zèle , à la plus haute éloquence.
Enfin , Ulysse , soutenant la noblesse de sentiments
qu'au début de l'ouvrage le poète lui a attribuée, se présente pour défendre, contre la haine des Atrides, ie corps de son ennemi, et termine la tragédie par la douce
li- /
victoire de sa vertu modeste et de sa persuasive parole. Il offre môme h Teucer, qui le refuse par respect pour l'ombre irritée d'Ajax, de Paider dans les tristes soins qui roccupent. On retrouve là quelque chose de la grande scène où Corneille a montré César sollicitant comme une faveur le droit d'élever de ses mains victorieuses le bûcher funèbre de Pompée*.
Telle est cette belle tragédie que j*ai d'abord considérée à part, avant de rechercher, ce qui n'est pas sans intérêt, quelle est sa place dans l'histoire générale des traditions poétiques dont s*est formée progressivement la fable d'Ajax, et parmi les ouvrages, les ouvrages dramatiques particulièrement, composés sur cette fable.
Aristote a remarqué^, peu d'accord en cela avec le
conseil donné depuis par Horace* aux poètes tragiques :
Rectius Iliacum carmen deducis in actus,
que l*Iliade, précisément à cause de son unité, a fourni
peu de sujets à la tragédie. Il n'en est pas de même,
a-t-il ajouté, des poèmes cycliques, compléments assez incohérents de la narration homérique, mais, par cette
incohérence même, plus riches en sujets: or, parmi ceux qu'on leur a empruntés, il cite la dispute d'Ajax et
d'Ulysse au sujeldes armes d'Achille*.
La petite Iliade, continuant la grande, jusqu'à la prise de Troie, commençait par raconter comment, dans cette dispute , Ulysse l'avait emporté par la protection de Minerve; comment Ajax, frappé d'égarement, s'était follement vengé sur les troupeaux des Grecs, puis, revenu à
la raison, avait, dans son désespoir, mis fin volontairement à sa vie.
Un autre poème qui avait, comme la petite Iliade, attri-