‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 172 sur 893 · Schol. Homer. ad Iliad. XI · texte numérisé non relu

Schol. Homer. ad Iliad. XI

2. Biblioth cod. ccxxxix. Voyez à la suite derHomère publié en 1837 jragmenla, f^^s\ f""' '^ Bibiiotiièque grecque, Ctjclicorum poetarum ^^3. Schol. ArUioph. Lquit., 1055. — 4. Schol. Homer. ad Odyss. XI.

3^ SOPHOCLE

au lieu d'être brûlés, avaient été enterrés sans honneur* ;

ce que rapporte Pausanias», et que racontaient, dil-ii,

les Eoliens établis sur le sol d'Iiion, qu'après le naufrage

d'Ulysse, les armes d'Achille avaient été rejeiées par les

flots près du tombeau d'Ajax; enfin ce qui se ht chez divers auteurs, poêles, historiens et autres, de la longue suite de disgrâces attirées par la mort d'Ajax k Teucer. On sait que Télamon, lui attribuant, dans l'emportement de sa douleur, la perte de son fils chéri, qu'il avait, disaitil abandonné à lui-même, qu'il avait laissé périr en lâche frère et peut-être par de secrets et coupables motifs

d'ambition, ne voulut point le recevoir à Salamine; il lui

fallut sans même être descendu de son vaisseau*, aller

fonder au loin une autre Salamine dans nie de Chypre*;

enfin, lorsque la mort de Télamon semblait devoir le rappeler dans sa patrie, il en fut de nouveau repoussé par e fils d'Ajax, Eurysacès, et alla finir en Espagne, dans la

Galice, où il forma un nouvel établissement ^ sa vie aven-

tureuse.

Sauf un vers de rOdyssée», d'une authenticité contestée par Aristarque, auquel ne paraissait point admissible

ce qui y était rappelé, que la querelle d'Ajax et d'Ulysse

avait été jugée par les Troyens et par Minerve, ce qui

toutefois peut s'expliquer en disant, conformément aux récits des poètes cycliques, que le témoignage des

Troyens et la protection de Minerve avaient décidé le jugement favorable à Ulysse; sauf, dis-je, ce vers de rOdyssée, et un autre encore ' où on ht que la mère

1 Ouintus, dans le V livre de ses Posthomerica , rempli par la disDUle au sujet des armes d'Achille, la défaite, l'égarement, le desespoir d'Ajax, n'est pas d'accord avec ces auteurs dépositaires probah C-

ment de la tradition des poêles cycliques, quand il fait non pas seulement appeler en témoignage, mafs choisir pour juges les pnsonn.crs trovens ce qui est Lien invraisemblable, quan ! il représente Agamemnon honorant comme tous les Grecs la mémoire d Ajax.

2 AU XXXV — 3. Pausan., AU., xxviii. — 4. bchol. Thucyd., L 12; Isocrat. * fi-fl^or. ; Pausan., Corinth. . xxix; Vjîll. Pat. , i/t^t. I I Tac Ann lli, 62; Serv. ad jEn. I, 619; schol. Horat. ad Od. I, in/eTc. :^ 5 JustVn.^^^^^^ XLIV, 3. -6. Xl', 547. - 7. Ihid.. 544.

AJAX

d'Achille, Thétis, avait elle-même mis au concours les

armes de son fils, il n*y a rien chez Homère qui ajoute quelque nouveau détail h cette histoire. Mais elle y est on s'en souvient, rappelée d'une manière bien frappante' et par Ulysse lui-même, racontant comment il a évoqu^^,' avec tant d'illustres ombres, celle d'Ajax, et vainement essayé de la fléchir ;

c Les autres ombres s'arrêtaient devant moi et me racontaient leurs douleurs: seul, le fils de Télamon, Ajax, se tenait a 1 écart, encore irrité de la victoire que j'obtins sur lui près

de nos vaisseaux, au sujet des armes d'Achille. La mère du héros avait ouvert le débat, que jugèrent les fils des Trovens, avec la

déesse Pallas. Faut-il, hélas! que je l'aie emporté, et que, par

suite, la terre ait reçu dans son sein Ajax, cette tête illustre ce guerrier, le premier des Grecs, après le fils de Pelée, par sa force et par ses hauts faits! Cependant je lui adressais airectueusement ces paroles:

a Ajax, fils de Télamon, devais-tu donc persister jusqu'après « la mort dans ton ressentiment contre moi, cà cause de ces « armes fatales? Ah! les dieux en ont fait le fléau des Grecs. « Nous t avons perdu, toi notre rempart! toi que nous ne ces- « sons de regretter à l'égal du fils de Pelée ! Nul n'est coupable <t de ta mort, que Jupiter, qui haïssait notre armée, et par la a volonté de qui le destin s'est appesanti sur toi. Mais viens ô

« chef! consens à t'approcher de moi, à m'entendre : dompte'le « courroux de ton cœur généreux. »

« Je disais ; il ne me répondait rien, et s'en alla, dans l'Érèbe,

se réunir à la foule des ombres *....»

Quelle éloquence ne fallait-il pas à Sophocle, pour traduire par des paroles ce silence où Longin ^ a vu la sublime expression d'une haine implacable, et que Virgile a loué mieux encore en le transportant à saDidonM

Je reconstruis de mon mieux, avec les vers d'Homère

avec les débris, les souvenirs plus ou moins incertains des

poèmes d'Arctinus, de Leschès et d'autres, une des plus intéressantes histoires qu'ait reçues de l'épopée grecque la tragédie d'Athènes, une de celles dont elle s'est le plus volontiers et le plus naturellement inspirée j car cette histoire était tout athénienne.

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