‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 174 sur 893 · V. GS sqq · texte numérisé non relu

V. GS sqq

40 SOPHOCLE

sache cependant, c'est-à-dire pour aider le poêle à finir son exposition*.

Un des derniers rejetons de la maison tragique d*Es-

chyle, Aslydamas le jeune*, avait, selon Suidas, osé

faire, après Sophocle, un Ajax furieux.

Arislote, passant en revue' les diverses espèces de reconnaissance , dit que « la troisième a lieu par le

souvenir lorsqu'on devine à la vue d*un objet. Ainsi,

aioute-t-il , dans les Cypriens de Dicéogène *, à la vue d'une peinture le héros fond en larmes **. » Si l'on adopte une conjecture ingénieuse et vraisemblable de

M. Welcker, ce héros c'est Teucer, revenu, à la nouvelle de la mort de Télamon , de Chypre , dans Sa-

lamine , sa patrie , qui s'est introduit sous un habit

étranger, mais se fait involontairement reconnaître à ses

larmes, devant Timage de son père. Dicéogène aurait ainsi renouvelé la situation touchante d'Ulysse , que

trahit, chez les Phéaciens, son attendrissement subit en écoutant les chants de Démodocus, sur les exploits des Grecs et d'Ulysse lui-même, au siège de Troie *; il aurait devancé la belle imitation qu'en a faite Virgile ', lorsqu'il

a peint son Énée contemplant, sur les murs d'un temple

de Carthage, la représentation des malheurs de Troie et

des siens propres, avec une émotion douloureuse mêlée

de quelque espoir dans la pitié d'un peuple sensible, à ce

qu'il lui semble, aux humaines disgrâces ;

Sunt lacrimae rerum et mentem mortalia tangunt.

C'est à un imitateur d'Euripide, c'est à un tragique de celte époque où, dans la tragédie, les thèses sophistiques, les débats judiciaires, avaient remplacé la lutte des pas-

1. Voyez plus loin, liv. IV, eh. xv. — 2. Voyez notre t. I, p. 69,

100, 103. — 3. Poet. XVI. — 4. Voyez notre t. 1, p. 104.

5. Voyoz la iraduciion et le comiuentaire de la Poéti<iue d'Aristote, par M. E. Egger, p. 353, 451. Voyez aussi M. Kayser, Uist. crit. tragic, grœc, p. 253 sq.

Page 1