j4j.j 550 sqq
i il i
Si a m
Kb
if
SOPHOCLE
hors de noire domaine classique, une citation de ce genre
en joindra un autre plus sérieux : ce sera de nous convaincre qu'il est des beautés d'observation et de sentiment fort indépendantes de la variété des systèmes dramatiques, de ces formes de composition auxquelles peut-être on attache trop d'importance quand on y renferme l'art
tout entier.
Brutus. dans la nuit qui précède les fameuses ides de mars, nuit toute troublée des sombres apprêts de la conspiration qui le lendemain doit frapper César, appelle
Lucius, un de ses esclaves, et le trouve à ses côtés profondément endormi. La vue de cet homme obscur, mdif-
férent aux grands intérêts qui s'agitent près de lui, le
frappe vivement, et le contraste inattendu que marquen
ses paroles, en même temps qu il fait ressortir admirable ment la situation, jette le spectateur dans la contemplation mélancolique du néant profond des soins qui nous tourmentent ici-bas. Ces brusques passages, qui ouvrent tout à coup à la pensée de si vastes et de si tristes perspectives, sont un des secrets les plus familiers de la muse de
Shakspeare. .
« Lucius, s'écrie son héros, Luciusl Mais il dort. Jouis
du doux sommeil : tu le peux : lu n'as point de ces images,
de ces fantômes que trace dans le cerveau des hommes
l'active inquiétude*. »
Nous voilà bien loin de la pièce de Sophocle, quoi-
aue assez près de son génie. Retournons à la scène grecque et assistons à un de ces changements soudains , à une de ces péripéties dont l'animait un art alors nouveau. Tandis que Déjanire est plongée dans ses tristes pensées, dont
l'amitié n'a pu la distraire, une nouvelle imprévue la ramène à d'autres sentiments : un habitant de^Trachine lui
annonce qu'Hercule est vainqueur et au moment d'arriver. On le sait de Lichas, le compagnon du héros, qui
le précède, et qui serait déjà près de Déjanire s'il n'avait été arrêté par l'empressement curieux du peuple de Tra-