‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 212 sur 893 · I.ActeV, se. 4et6. 2. Ch. xm · texte numérisé non relu

I.ActeV, se. 4et6. 2. Ch. xm

OEDIPE ROI

Elle s'arrête à la reconnaissance, et craint d'en montrer les suites, par égard pour ce principe de notre théâtre qui faisait alors du dénoûment une borne infranchissaLle *,

par défiance d*une disposition scénique qui ne permettait

au spectacle aucun développement ^ Plus tard, quand il vit la scène enfin libre, et que la pratique eut affranchi son

esprit des scrupules étroits de la théorie, Voltaire regretta de n'avoir pas terminé son œuvre par ce tableau pathétique

qui en eût tempéré l'horreur. L'émotion tragique est comme

la douleur ordinaire; c'est dans les larmes qu'elle trouve du soulagement.

Les autres défauts de l'Œdipe français n'ont été relevés par personne plus sévèrement que par l'auteur. C'était

une expiation des critiques et des moqueries que, dans

rivresse d'un premier succès, fier d'avoir heureusement

accompli une lâche qui avait effrayé Racine*, jeune et

1. Lettres sur OEdipe; La Harpe, Cours de littérature. —2. Commentaires sur V OEdipe de Corneille.

3. L'histoire de l'Académie française de 16ô2 à 1700, par d'Olivet, contient, au sujet de Racine, une lettre précieuse de Vafincour, dont on relira peut-être ici, avec plaisir, le passage suivant :

«• .... La haute idée qu'il avoit de Sophocle lui persuadoit qu'on ne

pouvoit rimiter sans le gâter; et, efTectivement, il n'a jamais osé toucher a aucune de ses pièces, quoiquil n'ait pas craint de jouter contre

Euripide, qu'il a souvent égalé et quelquefois surpassé.

« Je me souviens, à ce sujet, qu'étant un jour à Auteuil, chez Deipreaux, avec M. Nicole et quelques autres amis d'un mérite distingué

nous mîmes Racine sur VOEdipe de Sophocle. Il nous le récita en entier, le traduisant sur-le-champ; et il s'émut à un tel point, que tout ce que nous étions d'auditeurs, nous éprouvâmes tous les sentiments de terreur et de compassion sur cjuoi roule cette tragédie. J'ai vu nos meilleurs acteurs sur le théâtre, j'ai entendu nos meilleures pièces : mais jamais rien n'api)rocha du trouble où me jeta ce récit ; et au moment même que je vous écris, je m'imagine voir encore Racine, avec son livre a la main et nous tous consternés autour de lui.... »

Voici, djautre part, ce qu'on lit dans la lettre écrite par Féneîon à Ijcadcmie française, en 1712, je crois, six ans avant l'apparition de ïOLdîpe de Voltaire :

« M. Racine, qui avoit fort étudié les grands modèles de Ittntiquité, avoit forme le plan d'une tragédie fraiicoîse d'OEdtpe, suivant le goût de Sophocle, sans y mêler aucune intrigue postiche d'amour et suivant

la simplicité grecque. Un tel spectacle pourroit être très-curieux, trèsvit, tres-rapide, très-intéressant : il ne seroit point applaudi, mai.s il saisiroit....s

SOPHOCLE

superbe comme son héros, il s'était permises, avec beaucoup d'iDJustice et d*iDgratitude, contre YŒdipe grec».

Avant tous il a plaisanté de cet insipide épisode d'amour,

de ces fanfaronnades prétendues héroïques que lui avaient

imposés, malgré les réclamations secrètes de sa conscience littéraire, les traditions du théâtre et l'exigence

des comédiens ; avant tous il s'est blâmé d'avoir substitué au rôle si caractérisé de Tirésias, le personnage vague

de son grand prêtre. C'est de Voltaire que nous pouvons nous réclamer pour oser prétendre que son œuvre, si belle lorsqu'elle perfectionne Sophocle en l'imitant, ne

s'écarte jamais impunément du modèle, et que non-seulement elle renferme un sens moins profond, produit un

eîfet moins moral, mais qu'elle est encore moins sévèrement ordonnée, moins vivement conduite, moins simple*,

moins vraie, moins touchante.

Cette infériorité paraît manifestement dansTexposition. Ici, c'est un personnage étranger, Philoctète, qu'une passion romanesque amène à Thèbes, et qui y apprend d'uu

certain Dimas, confident de son métier, quel fléau la ravage ; là c'était un peuple suppliant qui, dans sa détresse, venait au seuil du palais implorer le génie tuté-

laire d'un roi autrefois son sauveur. La première scène

n'offre qu'une conversation presque entre indifférents ; la

seconde présentait un tableau plein de vie et d'intérêt.

1. Voyez, avec les Lettres sur OEdipe, la préface d'Oreste, les Coni' mentaires sur i OEdipe de Corneille.

2. Cette simplicité de VOEdipe Roi et de quelques autres des tragédies de Sophocle a été remaïquce par Racine dans ce passage de la

préface de sa Bérénice :

« .... Il y avoit longtemps que je voulois essnyer si je pourrois faire une tragédie avec cette simplicité d'action qui a été si fort du goût des anciens; car c'est un des premiers préceptes qu'ils nous ont laissés: a Que ce que vous ferez, dit Horace, soit toujours simple et ne soit

qu'un. » Ils ont admiré VAjax de Sophocle, qui n'est autre chose qu'Ajax qui se tue de regret, à cause de la fureur où il étoit tombé après le refus qu'on lui avoit fait des armes d'Achille. Ils ont admiré le Philoctète, dont tout le sujet est Ulysse qui vient pour surprendre les flèches d'Hercule. L' OEdipe même, quoiaue tout plein de reconnaissances, est moins chargé de matière que la plus simple tragédie de Qos jouis.... >

OEDIPE ROT

L'une, pour se faire supporter, a besoin de la parure du style; l'autre saisissait tout d'abord par le spectacle même,

et pouvait, tant elle était touchante, se passer d'jorne-

ments.

Certainement ce sont de beaux vers qui commencent la pièce française :

Philoctète, est-ce vous ? quel coup affreux du sort Dans ces lieux empestés vous fait chercher la mort?

Venez-vous de nos dieux affronter la colère? Nul mortel n'ose ici mettre un pied téméraire ; Ces climats sont remplis du céleste courroux, Et la mort dévorante habite parmi nous. Thèbes, depuis longtemps aux horreurs consacrée,

Du reste des vivants semble être séparée.

Mais ce sont des vers de poète. Ils frappent Timagination, ils charment l'oreille, mais ils n'émeuvent point. Quel accent pénétrant, au contraire, dans ce début de la pièce grecque I

0 0 mes enfants, jeune postérité de l'antique Gadmus, pourquoi vous tenez-vous ainsi, dans cette posture suppliante, avec ces rameaux, ces bandelettes? La ville est remplie de la vapeur de l'encens, et aussi de chants plaintifs, de cris douloureux. Pourquoi ? je n'ai point pensé qu'il convint de m'en informer par d'autres

ô mes enfants! Je suis venu moi-même, moi, cet OEdipe si célébré. Dis-moi donc, ô vieillard, car c*est à toi de parler pour eux

dis, qui vous amène? quelle crainte ou quelle espérance? Ahi

j'ai la volonté de vous secourir, et je serais bien insensible si je ne me montrais touché de l'état oii je vous vois'. »

Chacun a sans doute reconnu, dans les premiers mots

que fait entendre Sophocle, l'original de ce vers délicieux

que Racine a mis dans la bouche d'Esther:

De Tantique Jacob jeune postérité".

On a pu reconnaître dans le reste un nouveau modèle de ces expositions rapides et ingénieuses où en quelques

I Y. 1-13. — ?. Esther, acte î, se. i,

POPHOrLF. — Il

mots, saùs apprêt, sbds effort, noire grand poète dramatique fait connaître le lieu de la scène, le nom et la qualité des personnages. Il y a ici quelque chose de plus, qui appartient à l'imaginatiou grecque et qui se rencontre perpétuellement dans ce théâtre. La scène et les personnages n y sont pas seulement indiqués et nommés, mais décrits- ce que nos auteurs mettent dans d'officieuses parenthèses, on le mettait alors, avec un art certamement plus délicat, dans le texte même.

L'explication et le tableau si bien commencés par

Œdipe s'achèvent dans la réponse du vieillard qu il a interrogé. Et ici encore reparaît la trace de la savante mémoire, de la délicate imitation de Racine ; quand Joad s'écrie découragé et suppliant :

Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta querelle!

Des prêtres, des enfants •!

n'y a-t-il pas dans ce tour, dans ce mouvement un souvenir et comme un écho des vers par lesquels débute le vieillard ?

0 roi de ma patrie, OEdipe, tu vois qui nous sommes, près de es autels domestiques. Des enfants, à qui l'âge ne permet encore qu'un vol timide ; de vieux et faibles prêtres, et, parmi eux, celui de Jupiter qui te parle ; enfin l'élite de la jeunesse. Le

reste du peuple, portant des rameaux de suppliants, se tient

dans les places publiques, près des deux temples de Pallas, devant le foyer prophétique de l'ismène. Car Thèbes juçes-en toimême ne peut plus surmonter le flot sanglant où elle s'engloutit. Elle périt avec les fruits de la terre desséchés dans leur germe ; elle périt avec les troupeaux expirant dans les pâturages; avec ces tendres rejetons qui meurent au sein de leurs mères. Armée d'un feu dévorant, la contagion ennemie a fondu sur la ville de Cadmus, et désole ses murs; le noir Pluton s'enrichit de nos gémissements et de nos larmes. Si nous sommes venus, ces enfants et moi, nous asseoir à ta porte, ce n'est pas que noust éga-

hoas aux dieux; non, mais dans ces grands accidents de la vie, dans ces calamités envoyées par les puissances célestes, lu nous parais le plus grand des hommes. C'est toi, qui, arrivant en

cette ville, nous affranchis du tribut que nous payions à un mons- 1. Athalie^ acie III, 8C. vu.

OEDIPE ROI

tre cruel Nous ne ^'avions ni averti ni instruit, et cependant, on le sait, par la seule protection de la divinité, tu nous a rendus à la vie. Et maintenant, grand OEdipe, cher prince, nous sommes tous ici pour te supplier de trouver quelque remède à nos maux, soit dans une réponse des dieux, soit dans les conseils de quelque mortel. J'ai toujours vu les conseils de l'expérience arriver à une heureuse fin. Songe donc, ô le plus grand, le meilleur des

hommes, songe à rétablir cette ville. Elle te nomme déjà son

sauveur, en souvenir de tes premiers bienfaits : mais elle les

oubliera, si, relevée par toi, il faut qu'elle retombe. Tends-lui la main ; soutiens-la ; et, après lui avoir autrefois sous d'heureux auspices apporté le bonheur, montre-toi semblable à toi-même.

Dois-tu continuer de régner en ces lieux ? que ce soit sur des

hommes et non sur un désert: qu'est-ce qu'une tour, un navire, vides de soldats et de matelots * s

Cette vive et touchante harangue, si pleine tout ensemble d'éclat poétique et de passion, fut-elle inspirée

par le souvenir récent de la peste d'Athènes? Ce vieillard

qui supplie Œdipe représente -t -il le peuple athénien

s'adressant, dans sa détresse, à Périclès? Faut-il voir

dans Œdipe Périclès lui-même accusé des maux de sa patrie par le poëte qui ailleurs, cela aussi a été dit,

l'aurait représenté comme son génie tutélaire dans le Thésée à'Œdipe à Colone? Ce sont là d'ingénieuses conjectures *, mais des conjectures qui se détruisent mutuellement, et auxquelles il manque également de pouvoir

s'autoriser d'une date plus ou moins précise de ces pièces'.

2. Voyez, entre autres. C. Fr.Hermann, Qusest. OEdtpod.,Ma.ThouTg,

lfi37, p. 20 sqq; 30 sqq; Bode^ Hist. de lapoés. grecq., trag., Leipsick, 1839, p. 400; Ad. -choell, Sophocle, etc., Francfort, 1842, p. 169 scjq.

3. M. H. Weil, qui, dans sa dissertation, déjà plus d'une fois citée, De tragœdiarum grœcarum cum rébus puhlicis conjunctione, Paris, 1844, discute sensément et spirituenement, p. 21 sqq,, quelques-unes de ces opinions, et, sans les adopter, les juge parfois spécieuses, est

bien loin de penser, comme C. Fr. Hermann, que la conformité de la situation d'Athènes et de son chef, dans les premiers temps de Ja guerre du Péloponèse, avec les peintures de VOEdipe Roi, soit une raison suffisante de donner pour date à celte tragédie la troisième année de la Lxxxvii» olympiade. Bien au contraire, il lui semble que,

Milet. (Voyez notre tome I, p. 22 sq.)

SOPHOCLE

Nous sommes bien peu avancés dans notre analyse, et déjà nous avons vu se développer en partie un des deux tableaux dont Sophocle doit tirer un frappant contraste, le tableau de cette royauté glorieuse et vénérable ^ qui

montre dans Œdipe Tauteur de sa fortune, le perpétuel recours de son peuple affligé, un père^ et presque un dieu. Mais comment ce roi si sage, si plein de sollicitude,

a-t-il besoin qu'on ravertisse du fléau qui ravage ses Étals? A cette objection, faite par Voltaire d'un ton de parodie, c'est Œdipe lui-même qui répond par ces belles paroles :

Déplorables enfants, je ne l'ignorais pas, je ne le connaissais

oue trop, le sujet de vos larmes. Oui, je sais de quel mal vous souffrez tous; mais, si souffrants que vous soyez, nul ne lest

..* — ♦ ^„« ^\î r-Tioz-nn n'a mift sa neine. étranerer a celle d au-

réveillée. Sachez que j'ai versé bien des larmes, cherché par la

pensée bien des voies de salut. Un seul remède s est offert à mon esprit et je Tai tenté •.

Œdipe a envoyé à Delpbes, pour consulter l'oracle, le frère de la reine, Créon. Il attend son retour et s'étonne de sa lenteur. Tout à coup on annonce que Créon arrive, qu'il s'approcbe. Déjà on peut l'apercevoir, et, à la sérénité de son visage, h sa couronne de laurier*, on ]\iç^e

favorablement de la réponse qu'il a reçue. Enfin le voilà

à la portée de la voix; Œdipe se presse de l'interroger. Je rapporte tous ces petits détails, non-seulement comme

témoignage de l'exquise vérité du théâtre grec, mais parce qu'ils expriment au mieux l'anxiété qui règne sur Id scène ; parce qu'ils excitent au plus haut degré ratlenie

des spectateurs; qu'ils sont par Ik aussi dramatiques que naturels.

2* Dans /es Trachiniennes, v. 178 sq., avant que l'envoyé qui devance

lichas pour apporter, le premier, ù Déjanire Theureu^e nouvelle du retour'd Hercule, ait paru, le chœur remarque comme un signe favQrftl'le lu cQur nne qu*on djstingup de loiii sur sa \èw.

OEDIPE RÔl.

Gréon parle d'abord assez obscurément, ne sachant

s'il doit s'expliquer devant tant de témoins. Mais, sur l'invitation d'Œdipe, il fait connaître à quelle condition la volonté des dieux et l'oracle de Delphes mettent la délivrance de Thèbes. Il faut qu elle se purifie de la tache

du sang versé ; qu'elle frappe ou rejette loin d'elle l'assassin impuni de Laïus. Suivent quelques questions d'Œdipo sur les circonstances d'un meurtre déjà ancien, et dont on ne croit savoir qu'une seule chose, c'est que Laïus a été massacré, sur le chemin de Delphes, par des brigands.

Ce sont là de faibles indices; mais Œdipe s'engage à en

suivre la trace avec zèle, dans l'intérêt d'une cause qui

est la sienne. Lorsqu'il a congédié ses suppliants et qu'il

s'est lui-même retiré k l'ccart pour préparer l'accomplissement de ses promesses, le chœur, composé très-probablement» de vieillards Thébains, qui représentent l'assemblée du peuple convoquée par son roi, s'entretient en

beaux vers de Toracle auquel est attaché le salut de la

patrie, et invoque avec ardeur le secours des dieux.

Ici, je ne puis m'abstenir de parler d'une invraisemblance remarquée par tous ceux qui se sont occupés de cet ouvrage, et qu*ont vainement cherché à effacer la plupart des poètes qui depuis Sophocle ont traité le même

sujet : je veux dire l'ignorance où sont Œdipe, Gréon, Jocaste, tous les Thébains, sur la manière dont a péri

Laïus. Celte ignorance peu naturelle, il le faut avouer, est

la condition même du sujet, qui sans elle n'existerait pas.

Ensuite, ce qu'il y a là d'incroyable est, comme l'a remarqué Arislote*, et tout le monde après lui' rejeté dans

1 Voyez t 111 p \09 eXsmv. des 3Iémoires de VAcad. des Inscript. et BelL-LeL, une dispute à ce sujet entre Dacier et Boivm. Dacier veut que cette troupe de prêtres, dont il a été question dans la première SCène, forme le chœur; Boivin, par de très-bonnes raisons, lui oppose l'opinion que nous avons rapportée comme plus probable opi -

mon très-bien développée dans une note de Musgrave, et partagée, je crois, par tous les autres interprètes et éditeurs de Sophocle.

2 Poét XXIV.

3*. Corneille, Dacier, Boivin, Dupuy, Brumoy, Rochefort, Voltaire. La Harpe, ouvrages déjà cités. C)mparez Barth^emy, Anachars.,LXTa,

SOPHOCLE

Tavanl-scène, dont le spectateur accepte volontiers, sans discussion, toutes les données.

Sophocle est donc absous, autant qu'il peut l'être, d'un défaut inévitable. Bien plus, il a mis à le pallier une

adresse qu'il importe de développer pour l'intelligence des scènes que nous avons analysées et de celles qu'il

nous reste à faire connaître.

Si, dans les unes comme dans les autres, Œdipe interroge minutieusement tantôt Créon, tantôt Jocaste, tantôt le chœur*, il ne faut pas croire qu il ignore ce que savent tous les Thébains. Lui-même prend soin de dire qu'il était déjà instruit de ce qu'on lui révèle. Comme on en use d'ordinaire, et avec raison, pour toutes les enquêtes de ce genre, il exige qu'on lui redise souvent les mêmes

choses, dans la crainte que quelque circonstance importante ne lui ait échappé, dans Tespérance que quelque circonstance nouvelle lui sera découverte, dans un intérêt personnel enfin, soit pour faire tomber en contradiction ceux qu'il soupçonne, soit pour faire éclater son innocence lorsqu'il est accusé. Mais si, montant sur le trône, plus près de l'événement, il en eût, comme il le devait, recherché les auteurs, peut-être fût-il parvenu à les connaître? Le reproche est fondé, il se l'adresse lui-même et y répond. Il était étranger; il manquait d'indices*. Il a

dû penser, d'ailleurs, qu'on avait déjà fait ce qu'il ^tait possible de faire, et il le dit. Sans doute il est coupable de négligence; mais les Thébains le sont autant et plus que lui. Toutefois, ils ne sont pas eux-mêmes sans excuse, et ils savent bien répondre que la crainte du sphinx, le sentiment de leurs maux présents ne leur ont pas laissé le loisir de percer ce mystère'. Restent dans le détail quelques contradictions, quelques difficultés apparentes. Pourquoi le vieillard qui accompagnait Laïus

a-t-il rapporté, contre la vérité, que ce prince avait été attaqué par une troupe de brigands*? C'est, comme aveC

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