î^ntre autres, par Voltaire, Lettres déjà citées
SOPHOCLE
cice de leur divin ministère un orgueil, un emportement
tout humain. Ces deux dispositions sont merveilleusement exprimées dans la scène de Sophocle, à laquelle elles servent de ressort. ,
Et puis, comme Tirésias, ce contemporain de toutes les
générations de crimes qui se succèdent dans la maison de
Labdacus, ce confident des décrets du destin, est habilement introduit dans un tel sujet dont son apparition
accroît encore l'horreur et le mystère! Quel contraste entre cet aveugle à qui sont visibles les événements les
plus secrets, et ce prince d'un esprit si clairvoyant qui
ne se connaît pas lui-même ! Par quel singulier rapport
sa cécité insultée par Œdipe devient-elle le présage et
comme la cause de l'aveuglement volontaire auquel Tm-
fortuné se condamnera? U y a là une empreinte de faia-
lité, qu'aucune autre tragédie antique n'offrirait au même
desré .
On ne peut se dissimuler qu'en remplaçant Tirésias par
le personnage commun et vague d'un grand prêtre, Voltaire a retiré à la scène toute son originalité; il en a
toutefois conservé en partie la frappante ordonnance, et, parmi beaucoup de beautés, poétiques qui lui appartiennent, brille ce dialogue admirable, fidèlement emprunté du
grec :
ŒDIPE
Fuis, d'un mensonge indigne abominable auteur!