‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 214 sur 893 · î^ntre autres, par Voltaire, Lettres déjà citées · texte numérisé non relu

î^ntre autres, par Voltaire, Lettres déjà citées

SOPHOCLE

cice de leur divin ministère un orgueil, un emportement

tout humain. Ces deux dispositions sont merveilleusement exprimées dans la scène de Sophocle, à laquelle elles servent de ressort. ,

Et puis, comme Tirésias, ce contemporain de toutes les

générations de crimes qui se succèdent dans la maison de

Labdacus, ce confident des décrets du destin, est habilement introduit dans un tel sujet dont son apparition

accroît encore l'horreur et le mystère! Quel contraste entre cet aveugle à qui sont visibles les événements les

plus secrets, et ce prince d'un esprit si clairvoyant qui

ne se connaît pas lui-même ! Par quel singulier rapport

sa cécité insultée par Œdipe devient-elle le présage et

comme la cause de l'aveuglement volontaire auquel Tm-

fortuné se condamnera? U y a là une empreinte de faia-

lité, qu'aucune autre tragédie antique n'offrirait au même

desré .

On ne peut se dissimuler qu'en remplaçant Tirésias par

le personnage commun et vague d'un grand prêtre, Voltaire a retiré à la scène toute son originalité; il en a

toutefois conservé en partie la frappante ordonnance, et, parmi beaucoup de beautés, poétiques qui lui appartiennent, brille ce dialogue admirable, fidèlement emprunté du

grec :

ŒDIPE

Fuis, d'un mensonge indigne abominable auteur!

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