Acte 111, se. iv. — 2. V. 453 sciq
sens comme pour l'expression, à certains morceaux des £uménides S interrompent ici Taction et rappellent l'esprit dn spectateur à l'une des idées qui la dominent. Le
chœur s'y entretient de la fatale puissance des oracles,
qui sauront bien atteindre un jour le coupable inconnu
qu'ils ont désigné * ; ce coupable, toutefois, il se refuse
h le reconnaître dans Œdipe, le sauveur de Thèbes,
Œdipe si étraoger , pense-t-il , aux Labdacides , quoi
qu'ait pu dire Tirésias, habile devin sans doute, mais homme et sujet à Terreur. Il ne croit pas davantage aux
complots qu'Œdipe, trompé par de vaines apparences et
emporté par la colère, a imputés à Créon ; et quand celuici vient, tout ému, s'en expliquer, le chœur, fidèle à ce
caractère de conciliateur que lui attribue Horace \ s'entremet pour calmer la dispute qui éclate entre les deux
princes.
Cette dispute, il le faut avouer, n'est qu'un épisode,
dans l'acception moderne du mot. Voltaire était peu
fondé, nous Tavons vu, à le trouver invraisemblable et même extravagant, c'est son expression, lui surtout quf
avait si arbitrairement compliqué sa tragédie des soupçons tout gratuits conçus par les Thébains contre le personnage le moins lié qu'il soit possible à cette fable, contre Philoctète I La Harpe, qui ne veut pas voir, plus
que n avait fait Voltaire, avec quel art il est préparé, a pu
prétendre, avec plus de raison, que c'est un incident qui
ne produit rien. L'action, il est vrai, pourrait s'en passer; mais la pièce y perdrait de son effet; par lui est
motivé, prolongé Taveuglement d'Œdipe; par lui est relardée et rendue plus frappante la découverte du secret
de sa destinée ; il sert en outre à développer chez ce mal-