Acte II, 5C 4Ï
OEDIPE ROÎ.
Je ne puis avoir oublié que tout à Theure, dans un entretien confidentiel, l'ancienne amaute de Philoctète traitait son premier hymen d'esclavage et de supplice *•
Ce qui nous reporte bien loin de Voltaire, c'est l'intention religieuse des strophes dans lesquelles le chœur, qui vient d'écouter en silence les confidences mutuelles
d'Œdipe et de Jocaste, semble condamner, chez l'un, la
violence des actions, chez Tautre, la légèreté impie des discours, par un éloge sublime de ces lois divines et immortelles qui régissent le monde et qu'on ne viole-pas impunément. La pensée est ainsi arrachée au sentiment
trop vif, trop dangereux, de l'oppression de l'innocence,
de la tyrannie du sort; elle s'élève à la contemplation
d'un ordre immuable, où sans doute trouvent leur raison
les irrégularités en apparence monstrueuses et incompréhensibles du cours des choses humaines. Mais le
chœur, dans ce morceau, n'est pas seulement l'avocat de
la morale religieuse compromise par les impressions de la pièce; il est encore le représentant du peuple thé^ bain : c'est en son nom qu'il demande aux dieux, avec l'égoïsme de la souffrance, de donner suite à la lutte
pénible engagée devant lui et de laquelle dépend le salut
de la patrie ^
Bientôt reparaissent dans l'arène tragique les misérables antagonistes du destin. Le moment de leur défaite est arrivé : le fatal secret va enfin se développer, et dans
des scènes véritablement incomparables, dont celles que Voltaire en a tirées, belles encore, mais malheureusement ennoblies et raccourcies, ne peuvent donner qu'une fausse et faible idée. Ici se cache, sous l'abandon naïf d'un entre-
1. Acte II, sô. n. Voltaire s'est lui même sincèrement a-ccnsé (Lettres surOEdtpe) du compliment de même nature par lequel (acte l, se ml Œdipe s'excuse de n'avoir point interrogé Jocaste sur les circonstances de la mort de Laïus :
Madame, jusqu'ici respectant vos douleurs,*
Je n'ai point rappelé le sujet de vos pleur».