‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 227 sur 893 · V. 1382-1387; Traité du Sublime, trad. de Boileau, xxm · texte numérisé non relu

V. 1382-1387; Traité du Sublime, trad. de Boileau, xxm

Sophocle,

OEDIPE ROI

que ces incompatibles rapports de parenté se rencontrent

dans la même personne. Voltaire a raison contre le poêle français; mais il a tort à l'égard du poêle grec lorsqu'il dit plaisamment, « qu'il n*y a point de mariage qui ne produise de tout cela*. » Quant à ce qu'il appelle chez Œdipe curieuse recherche des circonstances de son crime,

exactitude à compter tous ses titres incestueuca, et dont il s'autorise, malgré Longin, pour traiter Sophocle de décla-

mateur, le trouble des paroles, qui rend si bien celui de

l'âme, montre assez qu'il y a là tout autre chose que ce

que voudraient faire entendre ces expressions menteuses;

autre chose qu'un paisible et froid calcul. C'est la Jocasle de Voltaire qu'on peut accuser de froideur dans cette timide

exclamation :

. . . Mon fils ! hélas ! dirai-je mon époux?

L'Œdipe de Sophocle n'a pas de telles hésitations; bien

au contraire, ces noms qui se repoussent, il se plaît sans

cesse à les accoupler dans des expressions d'une énergie

à dessein révoltante, qui marque toute son horreur pour

le crime, et par lesquelles il voudrait, sans quil s'en rende compte, en disculper son innocence *. Mais la pudeur s'offense de pareilles apologies, lui-même le remarque au milieu de son emportement ; il trouve qu'il y a de la honte à parler de ce qu'il est si honteux de faire'; il

conjure les Thébains de repousser loin d'eux, d'anéantir,

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