‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 254 sur 893 · I. V. 69 sqq · texte numérisé non relu

I. V. 69 sqq

AN."-IGONE.

parce qu elle est sous le même devoir. Qu'est-ce qu'un amant serait venu faire dans tout cela? et comment les chances d'un secours humain pouvaient-elles entrer dans les motifs d'une telle entreprise?

ic Ainsi donc, comme toute cette partie de l'action marche naturellement sans l'intervention d'Hémon ,

comme sa présence et son souvenir même y seraient mutiles et d'un effet vulgaire, le poète s'est bien gardé d'y

avoir recours. Mais lorsqu'Hémon commence à être intéressé à l'action, Sophocle le fait annoncer et paraître un

moment après, Antigone est condamnée, l'épouse d'Hémon va périr; celui-ci est appelé par l'action même, et il se montre. Sa situation est comprise et sentie aussitôt qu'énoncée, parce qu'elle est on ne peut plus simple. Hémon vient devant son père défendre la vierge qu'il

aime, et qui va mourir pour avoir fait une action commandée par la religion et par la nature; c'est alors et alors seulement qu'il doit être question de lui.... »

Cette citation de l'illustre Italien, d'un tour si français comme toute la dissertation, et, comme elle aussi, en

assez grand désaccord avec les règles autrefois admises dans notre poétique, n'a pas seulement pour nous l'avantage de résumer la tragédie de Sophocle, d'en expliquer de nouveau l'esprit et l'économie. La tragédie d'Euripide, que l'auteur n'avait point en vue, s'y trouve elle-même

comprise ; elle a en effet, comme par pressentiment d'un

art nouveau, devancé ces combinaisons dramatiques, auxquelles il est fait ici une allusion peu favorable, mais dont d'autres* l'ont louée comme d'un renouvellement heureux, d'un perfectionnement de la fable de Sophocle.

Des deux Antigones qui, chez les Grecs, fermèrent la carrière, à ce qu'il semble % une seule s'est maintenue.

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