‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 257 sur 893 · partie, et quelquefois, on le verra, malheureusement inspirées · texte numérisé non relu

partie, et quelquefois, on le verra, malheureusement inspirées

Exceptons cependant celle que fit paraître, en 1573, J. A. de Baïf. C'est une traduction de VAntigone de Sophocle *, mais dans un style bien impuissant encore à rendre Télégance, la grâce, Télévation du modèle, et qui

n'en reproduit, d'une façon un peu supportable, que la

familiarité. De tous les personnages de Sophocle, celui que Baïf est le moins embarrassé de faire parler, c'est, on pouvait s'y attendre, ce garde auquel le poète grec a prêté, à dessein, nous l'avons vu, avec des sentiments si vulgaires, un langage qui y répond si naïvement. Le caractère de ses discours a été véritablement assez bien conservé par Baïf, particulièrement dans la scène que commencent ces vers :

Sire je ne diray que je soy hors d'aleina, Pour avoir accouru d'alure bien soudaine 2

Mais ayant mon esprit en un douteux soucy.

Ou de m'en retourner ou de venir icy,

Tantost je me hâtoy, tantost je m'arrêtoy,

Et pour crainte de vous en la peine j'etoy.

Car mon cœur me disoit : Chétif, que veux-tu faire?

Tu vas de ce forfait pourchasser le salaire.

Chétif, demourras-tu ? D'un autre il l'entendra.

Ainsi de toutes parts malheur t'en aviendra.

B en tard en ce discours je me suis assuré,

Tant que peu de chemin longuement a duré.

Enfin je suis venu vous dire, non comment

Le tout s'est fait au long, mais le fait seulement :

Car l'espoir et confort qui à vous m'a mené, C'est d'avoir tout au pis ce qui m'est destiné ••

Veut-on savoir jusqu'où s'élève, dans la partie sérieuse

1. Ronsard, dit- on, l'avait traduite ainsi que le Plutus d'Aristophane, quelques années auparavant, lorsqu'il était encore, avec J. A. de Bail, sous la discipline de Jean Daurai. Un célèbre poète italien, L. Alamanni, dont la vie s'est achevée en France, y avait peut-être compose VAntigone, traduite de Sophocle, qui fait partie du recueil de poésies,

Opère toscane, publié par lui à Lyon, en 1532.

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