Ovid., I
Neve operis famam possit delere vetustas,
Instituit sacros celebri certamine ludos,
Pythia de domitae serpenlis nomine dictos.
ELECTRE
ces fêtes nationales pour lesquelles les Grecs étaient si passionnés. Les Athéniens, à coup sûr, le lui auront passé, plus facilement que ne le dit, chez l'auteur du
Voyage d'Anacharsis, l'acteur Polus*, et d'autant mieux
que, dans cette course des chars si fatale à Oreste, le
prix se trouve remporté par un citoyen d'Athènes, conducteur habile, dit le poëte. UŒdipe à Colone nous a
fait connaître l'importance qu'ils pouvaient attacher à cette louange que Brumoy s'est donné la peine inutile de tourner allégoriquement à Téloge peu justifié de leur* politique.
Sophocle, en décrivant la course des chars, a imité Homère^, et a été lui-même, ainsi que son modèle, imité
par Virgile'. Les trois descriptions, à part les différences
qui tiennent au genre divers des ouvrages, au divers génie des poètes, ont toutes ce mérite (il ne manque jamais
aux tableaux des bons peintres) de reproduire les circonstances principales de 1 objet qu'elles doivent rendre, à grands traits seulement et dans Tordre où elles s'offrpraient à un spectateur réel. Des expressions, des images, des tours de phrase, des coupes de vers, singulièrement pittoresques, y représentent les chars qui s'alignent et,
1. « .... J'ai souvent joué dans VÉIectre de Sophocle. Il y fait mention des jeux mythiques dont l'institution est postérieure de plusieurs siècles au temps où vivaient les héros de la pièce. A chaque représentation, on murmure contre cet anachronisme. Cependant la pièce est restée » (Anach., ch. lxxi.)
2. lliad., XXIII, 262 S(|q. Un fragment du Glaucus de Potni€ d'Es-
chyle, fragment conserve en partie par une citation d'Aristophane, Ran.j 1400. et en entier par une autre citation du scoliaste des PhénicienneSy v. 1196, ■ .... Ce n'était que confusion, les chars sur les chars, les moris sur les morts, les chevaux sur les chevaux «, pourrait avoir appartenu à la description d'une course de chars. Le vieux poète y aurait peint le désordre si hien exprimé par Sophocle, v. 724 sqq., et qui était le denoûmenl ordinaire de ces sortes de jeux. Une telle description était en rapportavecie sujet qu'on asupposé quelquefois avo r été traité par Kbchyle : Glaucus, fils de Sisyphe, renversé de son char et
dévoré par ses cavales furieuses, dans les jeux célébrés à lolchos pour les funérailles de Pélias. Voy. God. Hermanii, Dissert, de ^Eschyli Glau-
cis; Opusc.j t. II, p. 59 sqq. îNous avons eu occasion de dire, t. I,
p. 2l6, note 1, que la pièce et le fraameut n'ont pas toujours été interprétés de celte manière-