V. 1013 sqq
*i. Antig.. se. i, v. i sqq. — 3. V. 1011.
SOPHOCLE
justice divine, paraît Oreste, toujours avec Pylade et, de plus, quelques serviteurs, qui portent Turne déjà plus d'une fois annoncée. Admirons encore le travail d'imagination de l'auteur de Y Electre sur les Choéphons. Le fils
d'Agamemnon, chez Eschyle, se donnait aux meurtriers
de son père pour un étranger chargé, par occasion, de
leur apprendre la mort d'Oreste et leur demander s'il
fallait leur envoyer sa cendre. Il fera plus dans l'œuvre de Sophocle ; il se présentera comme porteur de cette cendre prétendue, et ce ne sera point Egisthe ou Clytemnestre, mais Electre, qui se trouvera là d'abord pour la recevoir. Quel heureux amendement I est-il besoin de dire tout ce qu'il promet d'intérêt et d'émotion?
C'est un défaut, a-t-on prétendu *, gue Fume supposée
d'Oreste n'arrive pas en même temps que la fausse nouvelle de sa mort. Un défaut 1 Et pourquoi? « Parce que,
dit-on, l'impression de l'une affaiblit celle de l'autre. » Je
ne vois pas, pour moi, que l'ellet de la nouvelle soit en rien diminué par la promesse de l'urne, ni, d'autre part, que l'apparition de l'urne ait rien à perdre au souvenir de la nouvelle. Une telle critique aurait quelque fonde- , ment si le poète , manquant à la loi de la gradation, n^avait pas réussi à surpasser, dans cette scène, le pathétique des précédentes. Mais il n'en est rien ; tout au contraire, il a su prêter à Electre, lorsqu'elle croit tenir les restes de son frère, un tel redoublement de douleur, qu'elle semble le perdre une seconde fois. C'est plus
qu'une sœur affligée, c'est une mère pleurant son enfant chéri. Hélas! ce cher enfant^, nourri par elle autrefois avec de si douces peines', par elle sauvé du couteau, que suivit dans l'exil son amour, qu'attendait son espoir au foyer paternel, il est mort, et loin d'elle, et des mains étrangères l'ont enseveli. Ces grâces de son premier âge,
qu'elle se rappelle avec charme *, ces traits dait elle pa-