‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 276 sur 893 · V. 1345-13fi · texte numérisé non relu

V. 1345-13fi

SOPHOCLE

tous entrés, et le chœur, resté seul, célèbre dans des slro« phes fort courtes, mais pleines des terribles images d'une fatalité vengeresse, le sacrifice qui se prépare*.

Sophocle, qui, tout en conservant à Clytemnestre quelques faibles restes d une affection maternelle qu'on ne

peut dépouiller entièrement, a soigneusement évité d'at.

tirer sur elle la moindre part de notre intérêt, semble

avoir voulu ici, par ces détails préliminaires, voiler,

comme d'une ombre religieuse, l'affreux dénoûment qui

était la condition de son sujet, qu'il ne pouvait changer, ni même, comme ont fait, en des sujets semblables, les modernes ^ et même déjà les anciens', atténuer. « II faut , a dit Aristote *, que Clytemnestre soit tuée par Oreste. »

Était-il aussi nécessaire qu'Electre prît à cet acte d'une

justice atroce la part que suppose le poète? Elle est res-

sortie du palais pour veiller à ce que son frère ne puisse

être surpris par le retour imprévu d'Égisthe. Tout à coup

une voix lamentable se fait entendre, celle de Clytemnestre

qu'on poursuit, qu'on saisit, qu'on va égorger, qui demande grâce, sans toucher sa fille, dont les paroles semblent plus cruelles que Tépée d'Oreste.

CLYTEMNESTRE

Mon fils, mon fils, aie pitié de celle qui t'a enfanté I

ELECTRE

Mais vous, avez-vous eu pitié de lui et de son père ?

LE CHŒUR

0 ville ! ô race déplorable ! C'est aujourd'hui, aujourd'hui que le destin achève ta ruine.

t. Voy. notre tome I, p. 336 sqq.

3. Da,ns une pièce, sur un sujet bualogue, d'Astydamas (voyez t. I, p. 97), Eriphyle mourait, selon la fable, de la main de son fils, ma:» sans en être connue, comme nous Tapprend Aristote, Poet. xiv. Cf.

Barthélémy, Voyage du Jeune Anacharsis, lxxi.

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