‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 278 sur 893 · V. plus haut, p. 279 sqq · texte numérisé non relu

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leurs de second ou de troisième ordre. Démosthène reprochait moins à son rival Eschine d'avoir été comédien, condition qui n'était pas sans honneur à Athènes, et ne faisait point obstacle, plus d'un exemple le prouve, à la fortune politique, que d'avoir été comédien de bas étage, d'avoir autrefois rempli des rôles de tyran, comme celui d'Égisthe*. Ce rôle, du reste, bien que subalterne, eu

égard à son importance dans la composition, n'a pas été négligé par Sophocle , qui ne négligeait rien. L'insolence de l'assassin d'Agamemnon, tant qu'il se croit le maître, et ensuite l'espèce de courage d'esprit avec lequel il s'efr force, voyant la chute inévitable, d'en sauver l'humiliation par des menaces et des sarcasmes, sont des traits de vérité assez semblables à ceux qui dans VŒdipe à Colorie font supporter le rôle ingrat de Gréon *.

Le poète a pris soin tout à l'heure de nous préparer à

l'arrivée d'Kgisthe^ : elle nous est expliquée par Egisthe

lui-même, quand nous le voyons informé de la mort d'Oreste, et impatient d'en entendre la nouvelle de ceux qui l'ont apportée. Où sont-ils î demande-t- il avec empressement et au chœur, et surtout à Electre, qui, tandis que les meurtriers de Clytemnestre se retiraient dans le palais pour y attendre leur seconde victime, s'est chargée de la recevoir la première et de la leur amener. Les réponses d'Electre aux insultantes questions de son ennemi sont pleines d'équivoques sinistres et menaçantes , dont le véritable sens lui échappe. Il comprend qu'il va trouver dans

son palais, non-seulement ceux qu'il demande, mais un irrécusable témoignage de l'événement qu'ils ont annoncé, le corps même d'Oreste. Plein d'une joie barbare, qu'il ne prend pas la peine de dissimuler, il ordonne qu'on ouvre les portes et qu'on expose à tous les yeux, pour convaincre ceux des habitants de Mycènes qui portent impatiemment son joug de la vanité de leurs espérances, la dépouille du fils d'Agamemnon. Les portes s'ouvrent,

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