Plutarch., Vit. Solon.j vni. — 2. Ran., 1029 sqq
3. A.Gell.,XX,20; Vitruv., VIII, 3; Th. Magist., Vit. Eurip., etc.
4. Vit. Soph. Cf. Paysan., Att.^ xxi j Plin., Hist. nat.<, MI, 30. Le
récit du biographe de Sophocle offre, on l'a remarqué, plus d'une
difficuUé : Décélie n'était point, comme il le dit, à onze stades d'Athènes, mais à cent vingt, et le général lacédémonien qui commandait à cette époque n'était point Lysandre, mais le roi de Lacédémone lui-
ffiême, Agis, fils d'Archidamus (voyez Thucyd., YII, 19).
ESCUYLE. — 5
■Jin
HISTOIRE GÉNÉRALE
éclatants hommages de Ja part d'étrangers et même d'ennemis, étaient ou du moins sont pour nous, avec un autre plus ancien que notre souvenir leur associe, avec celui qu'avaient élevé, en Sicile, les habitants de Gela à Eschyle, comme les tombeaux mêmes de la tragédie grecque. Trois hommes nous la représentent en effet tout entière, trois hommes seulement, Eschyle, Soohocle Euripide, dont les longues vies, dont les nombreux chefsd'œuvre ont rempli un sièclo entier, le v* avant notre ère. En effet, la naissance d'Eschyle se place en 525 * ; celle de Sophocle en 495*; celle d'Euripide en 480 ^- ils sont morts, le premier en 4t6*; les deux autres presque en même temps, savoir, le troisième en 406% le second en 405*. Leur existence contemporaine, marquée par les dates voisines de quelques-uns de leurs ouvrages, Test surtout par un fait éclatant auquel se rattache diversement leur souvenir. Euripide naquit dans l'île de Salamine, où depuis il alla composer quelques-unes de ses tragédies, au fond d une caverne sombre et sauvage, que dit avoir vue Aulu-Gelle"'; il y naquit de parents qui s'y étaient réfugiés, comme beaucoup d'autres Athéniens, pour échapper aux Perses, le jour même où se livra la fameuse bataille navale à laquelle elle donna son nom. Sophocle avait alors quinze ans, Eschyle en avait quarante-cinq, et l'un, bel adolescent, à la tête des enfants d'Athènes, chanta et dansa autour du trophée «, que l'autre, déjà vétéran de Marathon et futur vainqueur de Platée, avait contribué à conquérir. Ces trois grands hommes se rencontrèrent à une époque où des prodiges
d'héroïsme, exaltant les esprits, les rendaient le plus capables qu'il fût possible du sentiment et de la production
1. Bœckh, Gr,rc.trag.princip., \,\), in-bO ; Cod.Hermann.Opww., t. II, p. 159 sqq.; Clinton, Fast heilenic, p. 15.
2. Vit. SopJwcl. Cf. Clinton, ihid., p 25. — 3. Diog Laert II 45- Plutarch., Sympos., VIII, 1; Suid. ,v.EOpi::{ôr.c, etc. Cf. Clinton, ttii. ' p. 31. —4. },\arm. Par., n«60;schol.Aristoph., Acham., 10. Cf. Clinton, *6id.,p.49. — 5.Apo!lodor. apud DiocJ. Sic, XIII, 103, etc. Cf. Clinton, \bid , p. 87.— 6. Diod. Sic, ihid.; Marm. Par., n° 65. Cf. Clinton, ibid., p. 80. — 7. XV, 20. - 8 Vit. Sophocl; Alhen., Deipn.^ I.
DE LA TRAGÉDIE GHECOUE
du beau dans les arts et dans les lettres; où le progrès de
la fortune publique et des fortunes privées, accrues par les fruits de k victoire, par les produits du coramerce, permit à l'Etat et aux particuliers de défrayer Ips dépenses du théâtre avec un excès de munificence qui, en ruinant les ressources et par suite l'indépendance du pays, servit puissamment à y développer Tart dramatique ; où la solennité de luttes sans égales dans la
Grèce excita aux plus grands efforts les tribus , les cho-
réges les acteurs, les poètes, qui, sur la première des scènes, se disputaient la victoire * : par eux trois, la tragédie athénienne, rapidement portée à sa perfection, a changé trois fois de forme, et ainsi accompli, s'il est permis de l'affirmer, le cercle complet de ses destinées : ce ne sont pas seulement trois poètes, ce sont trois chefs d'écoles distinctes, au sein desquelles se sont perpétuées,
conservées, épurées, corrigées et probablement mulli-
1. Dans un ouvrage moins exclusivement consacré à l'histoire et à 1 appréciation littéraires de la tragédie grecque, il y aurait beaucoup à aire sur la constitution de ces concours dramatiques entre les tribus aihénienn(.'s, sur les fonctions, les devoirs de leurs représentants les choréges, sur la manière dont ceux-ci entraient en partage avec l'État dans les frais de la représpntation, sur l'énormité d'une dépense dont Phitarque a dit (de Glor. Atlien.) : « Si on faisait le compte de ce qu'a coûte aux Athéniens chacune de leurs tragédies, on trouverait qu'ils ontplus dépensé pourjouer les Bacchantes, les Phéniciennes, les Œdipes, les infortunes de Médée et d'Electre, que pour obienir par la guerre la liberté et l'empire, r Sur les voies et moyens du théâtre athénien alimente aux dépens des tributs payés au trésor par les alliés; sur les
(listnbuiionf; théoriques qui mettaient le peuple à même de payer sa
place au spectacle, distributions établies par l^ériclès dans l'intérêt de sa popularité, protégées contre toute révocation par les menaces de la
loi, timidement et vainement attaquées dans des circonstances bien
pressâmes, où elles devenaient une charge bien lourde et bien incommode, par le patriotisme de Démosthène ; sur tous ces points, qui seraient ici imparfaitement traités, et l'ont été souvent ailleurs d'une manière spéciale et complète, voyez surtout Bartliélemy (Foi/aoedMî>?me Anacharsis, xi, xxiv, lxix, lxm); Bœttiger {Opusc.,passim); Bœckh {Lconomte politique des Atfiéniens, II, 3, 7, 12, 13; III, 22 ; t. I,
p. 257, 299, 344, 356; II, 243 de la traduction française^ Grysar {de ^r^rc.trag. ctrcum tempora Demosthenis; Colgne, 1830); Ch. Magnin {Ongines du théâtre moderne, 1838, tnlroduction, t. I ; De la Mise en scenrchez les anciens.— Revue des Deux-Mondes, 1839,1040, t. XIX,
HISTOIRE GÉNÉRALE
DE LA TRAGÉDIE GRECQUE
pliées les œuvres si nombreuses qu'on leur attribue*.
Ils ont eu, comme les poètes épiques, leurs rhapsodes
et, si on peut le dire, leurs diasccvastes* quelquefois officiels. Les Athéniens, faisant judicieusement la part du temps qui vieillit tout et du génie qui ne doit pas vieillir, avaient permis que les tragédies d'Eschyle, retouchées, retravaillées, fussent de nouveau admises au concours
avec celles de ses successeurs*, et nous savons que sa mémoire fut honorée par plus d'une victoire posthume*. Autour de ce père de la tragédie, se groupent donc comme ses éditeurs, et peut-être aussi ses collaborateurs, ses continuateurs % avec d'autres, dont les noms ont péri, ses fils Bion et Euphorion «, et son neveu Philoclès'', qui fit aussi souche de poètes tragiques : car il eut pour lils le glacial * Morsimus, peut-être le glouton Mélanthius %
î. De ce que les trois grands tragiques d'Athcnes ont été contemporains, om n'en doit pas conclure, selon moi, qu'ils n'ont pu représpntcr
trois systèmes distincts de tragédie, comme semble le l'aire M. Mich. Vlangah a la fin de son érudite et élégante dissertation De traaœdix grxcx pnnctpibus, Paris, 1855.
2. Une pièce ainsi refaite et reproduite s'appelait, on le voit souvent
Chez les scoliastes, ôietjxeuaauévri.Yoyez Bœckli, Trag. grœc. pnnc, m ; Weineke, Fragm. comic. grœc, t. I, p. 3), 32, etc. «^ '^ ' '
3. Vit.JEschxfl.; Schol. Aristoph. Acharn., 10, iîan., 892: Quintil., Inst. orat., X, i, 66; Philostr., Vit. Apollon., VI, 6: Suid., v. Ejçol
P'.cov. ' ' ' ^
^'JJ^-^s(^J^y^-: Suid., ibid.; Arg. 3Icd. Eurip.— 5. C'est le scntiinent de Bœckh, tbid., mais non de God. Hermann, qui la combattu, Dissert. II, de chor. Eumen. Mschyl. Opusc, t. If, p. 155. En 18'iO, Oust. Lxnerl a appuyé dans un ouvrage spécial, de Schola jEschijli et tnlogiarum ranoiie. Plus récemment, en 1845, Fr. G. Wagner Poet
trag. grœc, frngm., édit. F. Didot, p. 61sqq.; W.C.Kayser, Iliat. crit' */,^9-9rûsc., p. 40-70, se sont appliqués à établir la réalité d'une ccole d Eschyle dans sa propre famille, et en ont retracé l'histoire fort en
détail. — - 6. Suid., vv.'AtaxOXoç, EÙ9op{cov.
é.'u ^n'"^'' ^- ^'^''^^•^^i schol. ad Aristoph. Av., 281. —8. Scliol. Aristoph. Ran., 151.
vJ; ^.l ^} fT^" ^^'^'^^J' ^'^^'^^^- ^^'^^-^ *• "' P- 311; Bœckh, t&îd.,IIl,elc.) dun passage d'Aristophane (/>ajr.,807) que cependant le scoliaste ent::nd autrement. Il peut y être en eiret question d'un frère
de Meianthius, autre que Morsimus. Sur la gloutonnerie reprochée à Melanthius par les comiques, voyez Athénée {Deipn., I, VIII. XII). C était, selon les mêmes autorités, le vice d'unauire tragiqucdu temps,
Nothippus et dun tragédien plus ancien, Myniscus. Un tragédien de la même école, Simus ou Simylus, avait écrit sur l'ait de la cuisine. On
pour petits-fils et arrière-petils-fils les deux Astydaraas' et
un nouveau Philoclès ^ tous auteurs, mais quelques-uns assez méchants auteurs de tragédies.
Les enfants de Sophocle, Jophon et Ariston, qui ont eu le malheur de flétrir eux-mêmes leur plus beau titre, le fils d'Ariston, Sophocle le jeune, dont le nom est resté plus pur, ont aussi continué, non sans succès, ni même sans gloire, le genre oii s'était illustré leur père et leur
aïeul. Jophon, il est vrai, qui avait vaincu au théâtre de son vivant % et s'y était même mesuré, non sans gloire, contre Euripide ', a été soupçonné de s'être paré de ses dépouilles*. Pour Ariston, on sait, ou du moins on croit savoir et c'e^t tout, qu'il a fait des tragédies '. Mais Sophocle le jeune, l'amour du grand Sophocle ', qu'il promettait de recommencer, dans une carrière dramatique ouverte la première année de la xcvi* olympiade, en 396, et qui, selon quelques-uns, n'a pas compté moins
de quarante ouvrages*, a remporté jusqu'à sept ou même
(Jouze victoires®. On a cru*\ non sans vraisemblance, qu'il fallait lui faire sa part, comme peut-être aussi à Jophon, dans le nombre prodigieux de tragédies que l'antiquité
attribue au seul Sophocle **.
Peut-être le catalogue, à peu près aussi long, des tragédies d'Euripide, doii-il être de même diminué de queltrou vera, au sujet de ces habitudes gastronomiques si peu d'accord avec le cuite de Molpomc.' e, île piquants détails chez Meineke, Fragm, comic. grœc, 1. 1, p. 66, 88, 95, 137, 186,205, 206, 217, 392, 425.
1. Suid., V. 'A(JT\jôa|xa:. - 2. Athen., Deipn.; Suid., v. ^iXox^fii;;
schol. Aristoph., .4 V. 281. M. Ka\ser, Ilist. crit. trag.grxc, p. 47 sqq., n'admet point comme poëie tragique ce second Philoclès, admis par
M. Wagner, Poet. trog. grœc. fragm., éd. F. Didot, p. 63.
3. Schol. Aristoph., Ran., 73. — 4. Argum. IlippoLy t. Euùpid.
5. Aristoph., Ran., 73, 75, 78; schol. Aristoph., ibid.; Suid., v.
'loçàjv.