Théâtre des Grecs
SOPHOCLE ET EURIPIDE
par dépit, les critique, prétend les corriger, et tombe dans des fautes plus grandes, sans atteindre aux mêmes
beautés? 11 est peut être fâcheux, pour la gloire d'Euripide, que cette pièce, retrouvée après toutes les autres, et publiée la dernière, à Rome en 1545, à Florence en 1546*, ne soit pas restée connue des modernes uniquement par ce qu'on lit chez Plutarque^ du secours inespéré que trouva, dans quelques-uns de ses vers, Athènes menacée
de la destruction. De l'aveu même de son premier éditeur,
P. Vettori, qui ne doute pas, comme a fait depuis Voltaire', à peu près seul, je crois, qu'elle appartienne à Euripide*, elle n'est guère satisfaisante sous le rapport de l'économie, et le jugement «les critiques qui s'en sont occupés, jugement qui, sans les apologies du bon J. Barnès, pourrait être dit unanime^, la présente, malgré le mérite des détails et du style, comme une des plus imparfaites productions de son auteur, une de celles où sont le plus marqués les vices de sa manière; où ils ressortent
le plus par le parallèle désavantageux que provoque, entre
elle et des ouvrages d'une accablante supériorité, la communauté du sujet.
On ne peut contester à un poète dramatique le droit de