‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 286 sur 893 · V. 407, 551. Cf. V. 48'i · texte numérisé non relu

V. 407, 551. Cf. V. 48'i

plaît à nous le représenter montant, tout courbé, tout chancelant, avec une fatigue que surmonte son zèle, la

rude pente qui mène à la maison d'Electre *. A sa voix

elle accourt, et reçoit de lui ce qu'il apporte pour l'aider

à traiter ses hôtes. Euripide en donne le détail, bien bucolique : un agneau, des fromages, un peu de vin vieux au doux parfum, au suc généraux, vrai trésor de Bacchus, même des fleurs pour parer le front des convives ^ ; il n'a rien oubUé et, on peut s'en étonner, quoique surpris et pressé, rien ne lui a manqué. Pendant qu'on porte tout

cela dans la maison, le vieillard verse des larmes, et s'es- . suie les yeux avec ses habits en lambeaux ^ L'espèce

d'aisance champêtre que faisaient supposer ses présents

ne préparait point à ce détail ; mais Euripide, ici comme

ailleurs, a voulu satisfaire le goût, dont l'accusent les

poètes de Tancienne comédie , pour le pathétique des haillons. D'où vient l'attendrissement du vieillard? Il l'explique à Electre, qui le lui demande. S'étant détourné de sa route pour honorer la tombe d' Agamemnon , il y a trouvé des offrandes toutes récentes, circonstance étrange, de laquelle il tire les mêmes conséquences que la Ghrysothémis de Sophocle, et surtout que l'Electre d'Eschyle.

Ces conséquences paraissent à l'Electre d Euripide bien

déraisonnables ; elle le dit au vieillard, avec une franchise

ironique, approchant de la dureté, et qui serait loin de

lui concilier le spectateur, si, sous le personnage, on n'apercevait très-distinctement le poète. J'ai parlé ailleurs * du bizarre procédé de composition en vertu duquel Euripide a imaginé de mêler aux ingrédients déjà passable* ment disparates, on l'a vu, qu'il a jetés pêle-mêle dans sa tragédie, une longue parodie de son illustre devancier. Il est assez plaisant qu'un des traits de cette parodio

tombe sur celui même qui l'a étourdiment lance. Electre,

rejetant bien loin l'idée que les offrandes vues par k vieillard au tombeau d'Agamemnon puissent venir d'Oreste,

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