jEn. IV
5. Daniel Heinsiiis, dans sa jeunesse, avait traduit en ïamhiques
latins, à la manière de ces vieux poëies, la première scène de VÉlectre
de Sophocle. Il a depuis inséré ce pastiche du premier A^e de la tragédie latine dans le xvi' chapitre de son traité de tragxdix constitu-
tione,
i?. Ad Quint, fratr., III, 6. — 7. De Fin., I, 2. — 8. Cses, lxxxiv. 9. Casaubou a proposé de lire Attius, corr ctioii fort approuvée de
SOPHOCLE ET EURIPIDE
dont, selon lui, aux funérailles de César, on récita, aussi bien que àeVArmorum judicium de Pacuvius\ des morceaux destinés à exciter les esprits contre les meurtriers
du dictateur. Suétone raconte encore ^ que Néron chanta, sous le masque, entre autres rôles tragiques, le rôle d'O-
reste ; et dans un ouvrage assez récent^, on a tiré de
grands elfets du mélange des deux parricides, l'un représenté, l'autre commis par le prince histrion, meurtrier
d'Agrippine. Quant à cet Oreste dont s'est moqué Juvé-
nal*, ouvrage prolixe, qui remplit la page et le revers,
déborde sur la marge , et n'est point terminé, peut-être
n'était-ce point une tragédie, peut-être même faut-il y voir une production imaginaire, de l'invention du satirique. Il serait curieux, mais il est malheureusement impossible de savoir si les poètes de Rome se sont bornés
à traduire quelqu'une des trois Électres grecques, celle de
Sophocle par exemple, comme a fait au xvi« siècle *•, avec
sa langue et sa versification si rudes, si grossières encore,
le père de notre vieux poète J. A. Baïf, Lazare Baïf ; ou
bien, si, avec cet éclectisme qui semble avoir été le dernier terme de leur génie dramatique, ils ont mêlé dans leurs imitations ces divers ouvrages, et ont fait de ce qu'ils en empruntaient, comme il est arrivé à quelques modernes, un emploi nouveau et original. J'ai dit ailleurs ^ et mon sujet m'amène à le répéter,
avec quelles différences générales, dont on peut déduire la plupart des différences de détail, a dû se reproduire, sur notre théâtre , cette antique aventure. La fatalité, devenue pour nous ce qu'elle était déjà pour le sceptique Euripide, seulement une fiction littéraire, ne suffisant plus à nous expliquer, ou du moins à nous faire accepter, sans autre explication, comme un acte d'obéissance aveu-
Weichert {Poet, lat, relig., p. 138 sqq.), qui ne veut voir dans Altilius
qu'un poëte comique.