‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 291 sur 893 · Sat, I, 5 sq. — 5. En 1537- — 6. Voyez t. T, p. 336 sqq · texte numérisé non relu

Sat, I, 5 sq. — 5. En 1537- — 6. Voyez t. T, p. 336 sqq

ELECTRE

gle et nécessaire aux arrêts d'une mystérieuse justice, le parricide d'Oreste, ce parricide n'a plus été qu'involontaire et accidentel ; il n'a plus été conçu, préparé, commis sciemment par les enfants de Glytemnestre, qui, la distinguant, dans leur haine et leurs projets de vengeance,

de son complice, ont en retour obtenu d'elle des sentiments plus maternels. D'autre part, un nouveau genre

d'intérêt, l'intérêt de curiosité, ayant dû animer même

des tragédies imitées d'un théâtre qui ne l'avait guère connu, il a fallu que l'entreprise des vengeurs d'Agamemnon rencontrât plus d'obstacles de la part de ses meurtriers, et que par suite le rôle de ceux-ci reçût de plus grands et de nouveaux développements. A ces modifications, dont on peut s'applaudir, et dans lesquelles se résument toutes les beautés originales des Électres et des

Orestes modernes, il faut en ajouter une moins heureuse,

mais passagère, qu'introduisit à une certaine époque,

dans un si austère sujet, la galanterie de nos mœurs et

de notre scène. La Troade dePradon^ sur laquelle j'aurai plus tard occasion de revenir* peut faire juger de ce qu'était, à cet égard, une Electre donnée par lui en 1767, avec un succès qui n'en permit pas l'impression*.

C'est en 1708, quand la tragédie française était le plus affadie par les faibles imitateurs de Racine, que Grébillon

donna son Electre. Gela explique comment le poëte, dont

le génie inculte et vigoureux devait ranimer chez nous

l'art tragique, eut l'idée que n'avait pas eue Sophocle, il

en triomphe bien plaisamment dans sa préface, de rendre

son héroïne plus à plaindre en lui supposant, à elle toujours obsédée par le fantôme sanglant d'un père, une passion amoureuse; et pour qui? pour le filsd'Egisthe, de son côté épris d'elle. Par un second effort d'imagination, il donna à ce fils d'Égisthe une sœur pour qu'elle aimât Oreste et en fût aimée, et qu'ainsi les enfants d'Agamem-

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