Voyez Uv. IV, ch. xu
2. Voyez r//îSfoire du théâtre français des frères Parfait, t. Xir ,
p. 72. Parmi d'autres pièces du mêmp auteur qui ont eu le même sort,
on cite une Anligone.
SOPHOCLE ET EURIPIDE
non se trouvassent engagés à la fois dans les intérêts d'un amour contraire à leur devoir. A cette conception dramatique, digne de Pradon, Grébillon ajouta un roman qu'on peut rapporter à l'influence des ouvrages de La Caîpre-
nède, qu'il prisait fort et lisait assidûment. Oresle soustrait
encore enfant, aux assassins par un fidèle sujet, Palamède,
avait été élevé par lui sous le nom de Tydée, son propi»
fils, tandis que celui-ci croissait sous le nom dangereux
d'Oreste ; le temps venu, tous trois étant en route pour aller venger Agamemnon, ils avaient été séparés par un naufrage, et le faux Tydée, jeté seul sur les côtes d'Epidaure, et recueilli par le fils d'Égisthe, cet usurpateur chassé de t«es États, étant alors réfugié dans cette ville avec sa famille. Ennemi-né du père, Tydée avait cependant été entraîné, par reconnaissance pour le fils, et aussi par amour
pour la fille, à le défendre ; il l'avait, malgré les rois conjurés de Gorinthe et d'Athènes, rétabli sur son trône ; appui et idole d'une cour où on ne le connaissait pas
même de nom, il s'y trouvait en position de devenir le gendre du roi, s'il pouvait le vouloir, lui, fils de Palamède, comme il le croyait, et comme il ne tarderait pas à l'apprendre, fils d'Agamemnon. Voilà les belles choses qui se découvrent par degrés dans deux actes mal construits, mal écrits, remplis d'intolérables fadeurs, et où
ne manque, par opposition, aucun des lieux communs ambitieux, indispensables éléments des compositions de Gré-
billon ; par exemple, une tempête, en vers boursouflés,
d'une étrange physique et d'une géographie plus étrange,
car on y voit Tydée, naufragé près de Délos, aborder à cinquante lieues de là sur le rivage d'Epidaure; un rêve t[u'une bizarrerie, une incohérence sans art, mettent si fort au-dessous de ces belles et vraies visions d'Eschyle et de Sophocle, que leur préfère judicieusement Prévost*, y trouvant ce qui manque à celle de Grébillon, d'obscurité
d'un oracle et la lugubre clarté d un songe. »
Les sinistres avertissements envoyés par les dieux à