Tlicdne des Grecs
ELECTRE
Glytemnestre, les efforts de la politique d'Égisthe pour se consolider par le double mariage de son fils avec Electre, de sa fille avec le guerrier inconnu, voilà tout ce qui rappelle le sujet dans les deux premiers actes. Le poëte n'y
parle qu'une fois le langage qu'un tel sujet appelait; c'est quand Electre, traitée par sa mère d'esclave d'Égisthe,
réclame contre cet outrage imprévu, avec indignation, mais non sans un mélange, neuf alors et touchant, d'affection filiale*.
Au troisième acte, et à la cinquième scène seulement,
arrive Palamède, sauvé des eaux. La Harpe nous apprendqu'à la représentation son entrée était saluée par un murmure général de satisfaction. C'est qu'avec elle commence,
en eftet, la Iragédie. Palamède rend à Oreste son nom, et
le rappelle éloquemment, avec sa sœur, aux sentiments qui devraient seuls les occuper, et dont les ont trop distraits, ainsi que nous, leurs ridicules amours. Ce rôle, plus du reste en mouvements oratoires qu'en action, est
la beauté principale de l'ouvrage ; c'est aussi un de ses défauts : car, tout le monde en a fait la remarque, il n'est pas convenable que le gouverneur, le TraiSaYojyo'ç de Sophocle et d'Euripide, agrandi, idéalisé dans le romanesque Palamède, détourne vers lui l'attention, l'intérêt qui devraient se porter, et sans partage, sur les enfants d'Aga-
raemnon.
Grébillon a eu le droit, dont il n'eût pas dû abuser, de
se vanter qu'il ne devait rien aux Grecs. S'il leur a emprunté l'idée des offrandes déposées par Oreste sur le
tombeau de son père, il y a ingénieusement et tragiquement ajouté une épée, menace muette de vengeance. Pour
ces scènes, présentes à toutes les mémoires et dont il } uffit d'indiquer le sujet, celle où Palamède révèle à Tydée qu'il est Oreste^; celle où Oreste, qui veut se cacher à Electre, se laisse enlever par elle son secret'; celles e liln où le fils de Glytemnestre apprend quel égarement