Acte III, se. 6. — 3. Acte IV, se
SOPHOCLE ET EUPIPPE.
fatal Ta renau parricide, où, il s'entend maudire par sa mère expirante, où, dans l'excès de son malheur, sa raison se trouble et s'égare*, ces scènes véritablement belles sont ea même temps originales; elles appartiennent presque complètement à l'auteur; elles ont soutenu, maintenu an
ouvrage aux trois quarts ridicule; elles Tout fait prévaloir,
au bout de quarante-deux ans, sur une production qui
lui est à tant d'égards supérieure, l'Oreste de Voltaire*.
Dans l'intervalle avait paru l'Electre de Longepierre, composée dès 1700', et jouée seulement en 1719. Cette tragédie, sans épisode d'amour, se rapprochait de la simplicité grecque, plus qu'il n'étaît d'usage alors. Mais la bonne intention de Fauteur, trahie par la faiblesse de son talent dramatique, et l'impuissance d'un style tantôt ampoulé, tantôt plat, ne put lui être comptée. Son ouvrage,
abandonné même des partisans déclarés de l'antiquité, ne
servit, selon Voltaire*, à qui pourtant, non plus qu'à Grébillon, il ne fut pas inutile, qui y prit plus d'un vers
et plus d'un incident, qu a compromettre, en la défendant
mal, une bonne cause.
Voltaire la défendit mieux, et avec un zèle qui prenait sa source non-seulement dans le sentiment plus vif, auquel l'âge l'avait ramené, des simples et pures beautés de la tragédie grecque, mais dans le désir malin d'en éclairer, pour ainsi dire, le fade et vulgaire roman qui
déshonore dans l'œuvre de Grébillon un des plus beaux
sujets du théâtre antique , Malheureusement, si longtemps
après son Œdipe, Voltaire se retrouva en présence du
même public, à peu près, pour qui il l'avait gâté par l'introduction des réminiscences amoureuses de Jocaste et de Philoctète : son Oreste, exempt d'un tel alliage, fut