‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 300 sur 893 · Acte III, se · texte numérisé non relu

Acte III, se

dans les sentiments de la veuve d'Agamemnon, l'avait montrée, avec la même vérité discrète, redevenant, au moment du triomphe d'Oreste, la femme et l'amante d'Egisthe. Ainsi fait, à son exemple, Alfieri, mais toujours en passant les bornes : il rend à sa Giytemnestre, et tout à coup, toutes ses anciennes fureurs ; elle dit à Égisthe : « Non , je ne suis plus mère quand tu es en danger ,

et contre mon propre sang je redeviens cruelle*; » elle dit

à Electre : « Vous n'êtes plus mes enfants, vous êtes des traîtres , je vous abhorre *. » Gela est trop heurté pour paraître naturel; on y sent l'arrangement, la combinaison, le jeu d'une sorte de bascule dramatique. On le sent de même dans les alternatives peu ménagées dont se compose le rôle d'Electre, tantôt dure, jusqu'à la cruauté, pour sa mère repentante et humiliée ; tantôt veillant sur elle avec une sollicitude toute filiale. La vérité eût demandé une expression de deux parts plus mesurée, mais

qui n'était pas dans le génie d' Alfieri, lequel portait tout

à l'extrême.

A cela tient le vice capital de ses ouvrages, la monotonie, mais aussi leur premier mérite, les beaux traits de dialogue qui jaillissent avec éclat du choc, un peu artificiel, il est vrai, de caractères inflexibles. Ge double effet paraîtra bien sensible dans ce qui me reste à dire de son Oreste.

Alfieri a eu l'idée heureuse, que nul encore n'avait eue,

de placer Oreste en première ligne dans une tragédie dont

il est le héros. Il Ta toute remplie des transports frénétiques qui le poussent à la vengeance, et par lesquels il ne

cesse de compromettre, avec sa vie et celle de ses amis,

cette vengeance elle-même. Il a opposé à ces transports les non moins constants efforts de Pylade, pour le calmer, pour prévenir ou réparer ses imprudences. De cette donnée qu'il devait encore à Voltaire , mais sur laquelle , 3elon son habitude, il a beaucoup plus insisté, il a tiré les

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