Actn V, se
S'J.HOCLE ET EUniPKE.
principaux incidents de sa pièce. C'est celle fureur, dont Oreste n'est point le maître , cfui le fait reconnaître de sa sœur ; c'est elle qui éveille les soupçons d'Égisthe , et bientôt les change en certitude ; c'est elle qui provoque l'heureux dévouement de Pylade, prenant au moment du danger le nom de son ami, et, malgré lui, lui prêtant le
sien; c'est elle enfin qui prépare le dénoûment, qui la-
mène, qui le rend vraisemblable : car, a dit un écrivain '
qui avait plus que tout autre le droit de parler d'Alfieri ,
et qui en a parlé, comme il l'avait quelquefois imité, avec
éloquence , « l'Oreste d'Alfieri n'est pas résolu , comme celui des pièces grecques, à tuer sa mère ; mais on sent , chaque fois qu'il s'en approche, qu'il est capable de le faire, et destiné à ce crime. » On comprend tout ce qu'entraînait de répétitions inévitables un tel plan, et aussi quelles occasions heureuses il offrait à ces éclats de
dialogue qui colorent et animent les compositions trop
uniformes d'Alfieri. Je n'en citerai qu'un exemple parmi
tant d'autres que je pourrais choisir, la scène de la reconnaissance égale à celle de Sophocle sur le même sujet, et qui en est la contre-partie. Autant, en effet, le poêle grec a mis d'art à reculer l'éclaircissement, autant le poêle italien s'est appliqué à le précipiter; dans l'ouvrage du premier, il s'opère par la douleur d'Electre; il s'opère dans l'ouvrage du second par la colère d'Oreste; chez l'un, c'est le frère qui, involontairement, s'avoue; chez l'autre, c'est
la sœur qui, nécessairement, le devine.
ELECTRE
Entrea dans ce palais, étrangers, et moi j'irai vers cette tombe.
Une tombe! en quel lieu? de qui?
ELECTRE
Ne vois-tu pas? à droite.... la tombe d'Agamemnon?