Acte l , se
ZVk
SOPHOCLE ET EURIPIDE
moyen de revenir, une lois encore, avec intérêt, sur celte situation :
CLYTEMNESTRE
Je viens de préparer des dons expialeurs.
ELECTRE
Eh bien I
CLYTEMNESTRE
Pour les offrir, c'est en toi que j'espère.
ELECTRE
Dans quel temple?
CLYTEMNESTRE
Ici même.
ELECTRE
A quels dieux?
CLYTEMNESTRE
A ton père.
Vous osez....
CLYTEMNESTRE
J'ose avoir des remords....
ELECTRE
Et c£ue demanderai- je à ces dieux ennemis?
CLYTEMNESTRE
Que je ne meure pas de la main de mon fils.
Mes dons, jusqu'il ce jour de la tombe écartés, Deviendront innocents par les mains présentés'.
A la reconnaissance du frère et de la sœur, Soumet
ELECTRE
fait succéder, comme Sophocle, de tendres épanchements
OÙ trouvent place quelques-unes des choses si touchantes que, chez le poéta grec, Electre adressait à la cendre d'Oreste :
Jadis Oreste enfant s'endormait dans mes bras ;
Quand tes yeux se rouvraient à la douce lumière,
C'est ta sœur que tes yeux revoyaient la première;
Sous la garde d'Electre Oreste était placé ; J'entourais de mes soins ton berceau délaissé,
Et, moins jeune que toi, de toi seule occupée,
Je rendais une mère à ton amour trompée *.
Vient ensuite, comme chez Eschyle, un véhément appel des enfants d'Agamemnon aux dieux vengeurs du crime, à l'ombre de leur père ;
0 Jupiter sauveur !
Quand l'aigle est étouffé dans les nœuds d'un reptile.
Les plaintifs nourrissons de l'oiseau généreux
Frappent l'air et le ciel de leurs cris douloureux.
Ainsi viennent prier pour un sort plus prospère, Electre, Oreste, enfants qu'on priva de leur père.
Du fond de ce tombeau sors, ombre infortunée. Viens, viens donner la mort comme on te l'a donnée *.
Gomme l'Oreste d'Euripide, celui de Soumet nous retrace lui-même les affreuses images de son parricide :
Quel songe affreux, ma sœur!... quels tourments j'ai soufferts!
Une fête en l'honneur d'un horrible hyménée, Une femme aux autels par ses cheveux traînée, Qui me demandait grâce, et sur qui ma fureur.... Du sang que cette main.... ciel! regarde, ma sœur*.