Acte II, se. ti
SOPHOCLE ET EURIPIDE
citant l'émulation de l'auteur de l'Orestie, il lui ait inspiré
cet heureux développement :
Ma sœur, voici celui qui, dans les jours d'orage, A d'un œil souriant relevé mon courage ; Qui, le cœur sur mon cœur et la main dans ma main, Exilé m'a conduit dans mon âpre chemin ; Oui, lorsque les frimas descendaient de la nue, Etendait son manteau sur ma poitrine nue ; Qui, lorsque le soleil montait à Ihorizon, Ramenant les ardeurs de la chaude saison. Comme il avait vaincu les frimas au temps sombre,
Sur un sol embrasé savait répandre l'ombre ;
Qui, sous le sort fatal lorsque courbant mon front,
Inhabile à souffrir la misère et l'affront,
Je tombais, haletant, sur le bord de la route,
Criant : J'ai soif! criant : J'ai faim! criant : Je doute!
Savait trouver, avec l'hôtesse qui sourit.
L'onde qui désaltère et le pain qui nourrit,
Et mieux que tout cela, la parole de flamme
Qui rend la force au corps, rendant l'espoir à l'âme'.
Quel que soit Tagrément de ces vers , ou peut trouver
qu'une tirade si complaisamment descriptive a, dans
ane situation si pressante , moins de convenance dramatique, que les simples mots prêtés par Soumet à
son Oreste : Cest Pylade^ ma sœur ! A plus forte raison
pensera-t-on que le Pylade de M. Alexandre Dumas s'abandonne, plus qu'il n'en a le loisir, au charme de ses impressions de voyage, dans cette réplique fort poétique Tailleurs :
Oreste a dit, ma sœur, les mauvais jours ; Mais .aux cieux incléments ne régnent pas toujours
Le Verseau répandant une froide rosée,
Ou le Lion soufflant son haleine embrasée.
(Même pour l'exilé, sombre et chargé d'ennuis,
Il est quelques beaux jours et quelques douces nuîts.
Oreste a dit la route aride et difficile.
Le précipice ouvert, la montagne indocile, Les ardeurs de l'été, la bise des hivers; Mais il a négligé les beaux horizons verts