Voyez t. I, p. 42 sqq. - 3. Ibid., p
me
EUR'PIDE. l. — l.
quelques-uns des traits nouveaux dont Euripide cherchait à l'animer.
Une curiosité particulière nous porte, en même temps,
vers des productions que l'art de Racine a pour ainsi dire conquises à notre poésie dramatique, et qui, malgré la différence des littératures et des mœurs, ont si vivement intéressé notre admiration et notre pitié.
Cette curiosité devrait s'être épuisée depuis longtemps par les nombreux parallèles qu'elle a produits. Mais il est des questions que renouvellent sans cesse la disposition changeante des esprits et Tinconstance des systèmes. Louis Racine et Rrumoy, qui, les premiers et presque en même
temps*, s'occupèrent de rapprocher l'Iphigénie française
et l'Iphigénie grecque, portèrent dans cette comparaison, où se trouvaient engagées les passions de la critique à cette époque, l'adoration et le mépris de l'antiquité, beaucoup d'indécision, une sorte d'impartialité molle
et flottante. Voltaire ^ et son disciple La Harpe', moins
réservés, crurent, en rabaissant Euripide, servir à la fois la gloire de Racine et la nôtre. L'incontestable mérite de l'invention ne fut même point compté au poëte ancien; il avait seulement fourni le marbre brut dont le moderne avait formé sa statue^ le grossier canevas c^xiiX avait
brodé. Un dédain si ingrat et si injuste devait, par une
inévitable réaction, susciter des défenseurs à Euripide et à Racine des censeurs. Marmontel* trouva quelque chose à reprendre dans ce qu'on exaltait sans restriction, quelque chose à louer dans ce qu'on dépréciait sans mesure. Plus tard Lessing % W. Schlegel», Geoffroy', Manzoni»,
1 L Racine en 1727, dans les Mémoires de VAcad. des Inscript, et BelifS'Lettres, t. VIII, p. 288; en 1752, dans ses Remarques sur les tragédies de Racme; Brumoy, en 1730, dans le Theiitre des Grecs.