‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 324 sur 893 · Acte I, se · texte numérisé non relu

Acte I, se

3. D'après la correction généralement adoptée, ttôôev au lieu de

céOev.

A. Tôv Sf,(x.ov, disent en effet les -"nanuscrits; mais on y a substitué

d'après Plutarque, Vit. Nie. c. V. : Tov cyxov, ce qui donne ce sens: «L'arbitre de notre vie c est l'orgueil. • 5. V. 430 sqq.

IPHIGÉXIE EN AULIDE. 21

C'est un doux privilège à la basst fortune

Qu interdire la plainte à mon affliction. • ^ ®^ ^" désintéressement- mai'o iio

viennent trop tard, Agamemnon n'en peut profi ^r Le s par uaichas et par Liysse, Viendraient la lui demander

jusque dans Argos; en la défendant, il coZromTurait

sans la sauver, sa propre vie et la sûreté de7s 1^^ r ' sede, grâce qu'il i„,pli;e, c'est qu'on 1 aide à t" ^p r^^: mère, a lui dérober quelque te^ps le coup terrib^qui "

On a rapproché « ce retour de Ménéla^ «; ;^ -

de celle ou Gassius, qui s'est violemment emporté co„î:

Brutus, se sent tout à coup saisi de pitié et de tlnHr"

^ipaSeTeHuÊ ^oS dreZ^rét^t^ je ne puis trop le répéter, les coups de thMtre des S :'

1. Parmi les raisons qu'il s'oDnose i lui m«,«o sqq.) une sorle de rer.roduction ^» p *™®' "" remarque (v. 475

fraternel et dautres aCio" rdomeiii, rp",^t,''"V'*'' ""'' ' »">0"r précédemment arrêtés (voyez t 1^0 27M;b^''r' T' "°"^ """""^^

ce mon hymen que je egrette?ren m,! t '"^""So^e • ■ .... Esi-

rieui. Mais ouand Vaur^i i^.ii. P"'.* '"rmer un autre aussi elo- Héiène reconquise ne me d'édom^.J^"^' """^^ '" P^rte dun frire, contre le mal.'.. . '^^"'"^ ""««''a P^s, ce sera échanger le bTeâ

au dénoûment de Roméo et Juliette, les pères des deux amants, ces mortels ennemis, se rencontrent et se réconcilient sur le corps de leurs enfants, que leur haine a par

dus. Gapulet s'écrie même comme Ménélas*, absolument

dans les mêmes termes :

ce Donne-moi la main, Montaigu ; donne-moi la main, mon frère. »

Les chœurs de Ylphigénie en Aulide ont un mérite rare

chez Euripide et même chez Sophocle, celui de convenir

au sujet. Des stances sur le crime de Paris, si funeste à la famille d'Agamemnon, se lient d'une manière heureuse à

la scène que je viens d'analyser*.

Au milieu de ces chants, arrive sur un char Clylem-

nestre, ayant Iphigénie à son côté et dans ses bras le jeune

Oreste. La peinture complaisamment prolongée de sa félicité et de sa joie maternelles forme un douloureux contraste avec la situation. Le poète ne craint pas de nous montrer la femme d'Agamemnon, la reine de Mycènes, dans toute la simplicité des mœurs antiques. Les soins

qu'elle se donne pour faire arrêter le char et retenir les chevaux, pour faire descendre sa fille, pour éveiller son jeune enfant que le mouvement du voyage a endormi, tous ces détails de la vie ordinaire que dédaignerait,

comme trop bourgeois, notre Melpomène, n'ont point effarouché la muse familière d'Euripide. Un critique cé-

2. Le commencement de ce chœur cité par Athénée, Deipn. XIII, pst faussement attribué par lui au poète Chérémcm (voyez sur Chéré-

mon notre t. 1, p. 99), ce qui a conduit un critique à faite de ce poëie l'auteur de ïlphigénie en Aulide. Nous trouvons encore ici Ovide sur la trace d'Euripidp. C'est au vers h37 sqq. qu'il semMe avoir emprunté cette double flèche dont il arme TAmour, Métam., 468 sqq, :

Eque sagittifera promsit duo tela pharetra

Diversorum operum ; fugat hoc, facit iilud amorem, etc.

C'est d'Euripide que sont venus, en passant par Ovide, les vers charmants placés par Voltaire, moins convenablement, je crois, dans sa Nanine (acte l,sc. 1):

J'i vous Tai dit, l'amour a deux carquois, etc.

IPHIGENIE EN AULIDE.

lèbre de notre temps*, que je citerai plus longuement tout a 1 heure, 1 a ingénieusement remarqué; il y a loin de là à cet ordre solennel de l'Agamemnon français:

Gardes, suivez la reine*.

La pièce d'Euripide n'a point d Eriphile, point de cea

mouvements d amour et de jalousie exprimés dans la pièce de Racine avec une éloquence si passionnée, mais qui altèrent quelque peu la simplicité, l'unité du sujet. Ici tout est donne, sans mélange, aux sentiments qui en sortent à ceux de la piété filiale et de l'amour paternel *

Agamemnon vient recevoir Iphigénie, et sa vue, ses discoiirs sa naïve tendresse, sa joie enfantine, le charment

et le déchirent. Racine a fait de cette scène une imitation véritablement admirable par la rapidité, la précision lefletdes reparties. Mais, le dirai-je, et pourquoi le dissimuler, la dignité y gêne parfois la nature. Ge n'est plus tout à fait ce père qui s'oublie dans les bras et au milieu des caresses de sa fille, qui sourit et verse des larmes qui s'écrie et s'arrête; ce n'est plus cet abandon, ce trouble' ces mouvements confus, toutes ces faiblesses du sang • c est une douleur plus contenue, plus majestueuse, plus digne a'un roi peut-être, mais moins convenable à un père.

L'Agamemnon d'Euripide ne mérite pas qu'on lui dise* comme à l'Agamemnon de Racine : '

N*osez-vous, sans rougir, être père un moment*?

Sans doute, il y a un art profond à finir la scène par ces mots dont le sens caché est si cruel pour celui qui les prononce et pour le spectateur qui les comprend ;

IPHIGÉNIE

Verra-t"on à Tautol votre heureuse famille?

1. M. Villemain, Études de littérature ancienne et étrangère: Essai sur Shakespeare. '^n^'^* i:.s!>ai

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