Acte II, se
Ilélas!
IPIIIGÉNIE.
Vous VOUS taisez?
Adieu '.
AGAM-MNON.
Vous y serez, ma fille.
Mais quel pathétique entraînant dans cet éclat subit de rAgamemnon grec qui ne se contient plus, et à qui son secret est près d'échapper:
« Heureuse ignorance, que je te porle envie! Rentre, ma fille; retourne vers tes compagnes. Donne-moi ta main ; donne-moi un baiser bien doux et bien amer. Que de temps tu seras sêpprée d'un père! Quoi! ce sein ; quoi' cesjoues, ces cheveux blonds!...
0 ville des Phrygiens! ô Hélène! combien vous nous êtes funestes! Cessons ces discours : je pleure en t'embrassant ; vat'en, ma fille'. ••
Resté seul avec Glytemnestre, Agamemnon s'excuse de son involontaire attendrissement sur cet hymen qui va le priver de sa fille :
« Cette séparation est heureuse, sans doute ; mais, cependant, un père se sent le cœur déchiré, quand il lui faut voir passer dans une maison étrangère l'enfant qui a coûté tant de soins \' »
La scène se refroidit ensuite par un long détail de la
généalogie d'Achille. Il est naturel que Glytemnestre,
bien qu'elle doive en savoir quelque chose, s'en informe
cependant; il ne l'est pas moins qu'Agamemnon l'en instruise ; ajoutons que l'obligation oii il est de répondre à des questions qui Tassassinent a quelque chose de dramatique. Gela cependant ne suffit peut-être pas pour que le spectateur s'intéresse à une si longue explication. Les Grecs sacrifiaient même l'intérêt à la vraisemblance. Euripide veut qu'Agamemnon arrive par quelques détours à ce conseil, puisa cet ordre, de partir pour Argos,
l.Actc II, se. 2. —2. V. 667-675. —3. V. 678-680.
IPIIICÉME EN AULIDE. 25
f ue Glytemnestre doit trouver si bizarre et si cruel. La
^rFL'.T A%7^-^ '■'''"'" '^ "''"'"« •l°°t ^"""6 s'est tire de ce pas difficile , se récrie sur l'étrange et absurde
apparence que, chez Euripide, se donne auf yeux^l
femme Agamemnon , en la renvoyant ainsi après lavoir mandée. I n oub.e qu'une chose, c'est qu'Agamemnon ne 1 a point mandée, qu'elle est venue contre son désir e" que quelques vers plus haut, à l'annonce de son arrivée, U en a exprime son mécontentement et son chagrin Ces avec cette attention que La Harpe lisait les anciens pou lesquels il se montrait si sévère.
La Glytemnestre française se soumet à l'ordre de son époux : le bonheur de sa fille la console, dit-elle ' Il n'eî es pas de même de la Glytemnestre grecque : Ile e "
mais^ce q„i regarde l'hymen ie^^^i^^^ fj^j ^S
Plus tard' elle menacera Agamemnon, s'il ose répandre son sang, de sanglantes représailles'. On voit
qu Eunpide n a pas voulu seulement peindre la mè"
Î'Sîi?P "^"l^^'T C'yt«'"-'e«fe. Il n'a pas craint
lect vi I . ""'•''°' "ï" *"'' '"^P''-« P^-- «e"e per-
spective lointaine ouverte sur ses crimes à venir La
d^u^r r' 1 '""^"'°"«'. P"ce qu'il s'agit d'Euripide et d un Grec, a loue, je crois, ce vers, qui lui est emprunté
se. 2. — 2. V. 729 sqq. ~ 3. V.
sqq.