‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 335 sur 893 · I. Unde cxcitalur magna audilorum de eventu exspectatio · texte numérisé non relu

I. Unde cxcitalur magna audilorum de eventu exspectatio

ble que prévenir ainsi les événements, c'est désintéresser, à moitié du moins, la curiosité. Je dis à moitié, parce que le plaisir de la surprise ne manquait pas tout à fait à ces drames, comme l'a lait voir en particulier de celuici un judicieux critique^ dont je ne puis mieux faire que de rappeler les paroles. «Vénus, dit-il, expose les causes premières, non les secondes, ou, si elle expose celles-ci, elle n'indique point la manière ni les moyens, deux choses qui suffisent pour opérer la surprise.... Il faut de plus distinguer entre la surprise des personnages qui

agissent sur le théâtre . et celle des spectateurs. Ceux-ci ne sont pas tant faits pour être surpris , puisqu'ils ne le sont plus à la seconde représentation, que pour jouir de la surprise des acteurs. Hippolyte ne sait point que les parles de la mort s'ouvrent en ce moment pour lui; le spectateur, qui le sait , le voit s'avancer le bandeau sur les yeux, le suit en frissonnant, et, quoique prévenu, il n'en sentira pas moins le contre- coup de la catastrophe. Il en est de même des surprises de Phèdre et de Thésée. » A ces raisons finement déduites j'ajouterai, ce que j'ai du

souvent répéter, que les Grecs cherchaient moins au théâtre ce plaisir inquiet de surprise directe ou réfléchie qui nous attire , que la contemplation plus calme des situations et des caractères.

Vnippolyle eût pu se passer de son prologue , et si, ^ comme VJ/ihigéiiie en Aiilide, il l'eût perdu , soit par la correction d'un éditeur*, soit par les ravages du temps, on ne se serait probablement pas aperçu de la mutilation. La pièce s'expose fort bien sans ce secours; la rivalité des deux déesses, qui se disputent la destinée du héros, y

est d'abord rendue sensible au spectateur, et par la décoration même qui lui montre sous le péristyle du palais

de Thésée les statues de Vénus et de Diane , et par la conduite d'Hippolyte, qui, arrivant de la chasse avec se»

1. Baîteux, àlém. de rAcad. des Inscrip. et Belles-Lettres, t XLII, p 452.

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