Voyez, plus haut, p. 8 sqq
HIPPOLYTE
amis, passe dédaigneusement devant l'une, et offre à l'autre de tendres et respectueux hommages*
P^J^J^.^^'^'PPolyte nveo sa fierté sauvage et pudique, est difficile a comprendre pour les modernes; aussi les critiques 1 ont-ils défiguré comme à plaisir. Brumov > h représente comme un philosophe qui disserte et moralise • l.a Harpe", comme une sorte d'Arnoliihe et de S^anarelle, bourru et atrabilaire, toujours en garde contre les ruses du sexe ; pour Geoflioy ' c'est un gentilhomme campagnard, comme ceux d'Angleterre, qui s'en vient, au retour de la chasse, dîner avec quelques voisins. Ce sont
la des caricatures grossières qui nous reportent bien loin
du geme des Grecs. W. Schlegel » s'en est tenu plus près
dans ce passage, où, à l'exemple de Winckelmann, il exphque et traduit l'une par l'autre la poésie et la statuaire antiques.
«Pour sentir dignement l'Hippolyte d'Euripide, il faut, dit-il, pour ainsi dire, être initié dans les my.stères de là beauté, avoir respiré l'air de la Grèce. Rappelez-vous ce que 1 antiquité nous a transmis de plus accompli parmi les images d une jeunesse héroïque, les Dioscures de Monte- Çavallo, le Meleagre et l'Apollon du Vatican, Le caractère d Hippolyte occupe dans la poésie à peu près la même place que ces statues dans la sculpture.... On peut remarquer, a)oute-t-il ingénieusement, dans plusieurs beautés Idéales de 1 antique, que les anciens, voulant créer une image perfectionnée de la nature humaine, ont fondu des nuances du caractère d'un sexe avec celui de l'autre ; que Junon, Pallas, Diane ont une majesté, une sévérité mâle : qu Apollon, Mercure, Bacchus, au contraire, ont quelque Chose de la grâce et de la douceur des femmes. De même,