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IIIPPOLYTE.
repns pour aller consulter un oracle. Il a, comme c'était
I usage en pareille occasion, la tête couronnée de feuillage G t air de fête, cette sécurité devait former, avec le ?umulte et la consternation répandus sur la scène, un contraste frappant.
Thésée s étonne, et s'informe avec anxiété; il parcourt rapidement par la pensée les divers malheurs dont il a pu
être trappe, avant d'arriver au véritable que le chœur lui révèle enfin: marche ingénieuse et tout ensemble pleine de vente. A son ordre, le palais s'ouvre et lai.se voir le
corps inanimé de Phèdre. Il jette loin de lui sa couronne,
II s abandonne aux mouvements d'une douleur pour lai quelle le geme pathétique d'Euripide a su trouver les expressions les plus vives et les plus pénétrantes ; enfin dans les mains de son épouse, glacées et roidies par là mon, il aperçoit des tablettes. Il s'en empare, et, supposant qu elles contiennent la prière de rester fidèle à son
hymen, de ne point donner une marâtre à ses enfants, il
sanctionne d avance les dernières volontés d'une épouse
et d une mère avec une sollicitude bien touchante, au
moment même ou cette femme si chérie et si regrettée va lahuser par une atroce calomnie'.
Quand on envisage dans leur ensemble les compositions des Grecs, on est frappé d^e leur excessive simplicité • quand on entre dans le détail, on y admire une merveilleuse richesse d'invention. La tragédie que nous analysons n a que quelques scènes ; mais dans ces scènes quelle
variété de situations e de sentiments î
Les tablettes que Thésée a saisies et qu'il s'empresse
dehre, accusent Hippolyte d'avoir attenté au lit paternel A cette affreuse accusation, que confirme comme un témoignage irrécusable la mort de l'accusatrice, le malheureux père, cédant à son indignation, réclame, comme dans notre tragédie, 1 effet des promesses de Neptune, et dévoue son fils à ses coups.
Le chœur est présent à cette imprécation, dont les suites,
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laî
fin
dans la religion des ancien^*, étaient inévitables. Il cherche à fléchir Thésée; mais il ne le détrompe point, engagé qu'il est par son serment ^ Une fidélité si funeste
à l'inuocence n'est pas moins surprenante que ne l'était plus haut la confiance de Phèdre. Sans reproduire ici les raisons ingénieuses, mais subtiles, qu'on en a données, il sul'fit, je pense, d'indiquer la véritable. Ce n'est autre
chose que le caractère fictif attribué au chœur, souvent
en dépit de la vraisemblance, miais qui était une indispensable condition de sa présence continuelle sur la scène.
Il fallait ou renoncer à la plupart des sujets qui demandaient quelque mystère, ou conserver à cet inévitable témoin de l'action une discrétion conventionnelle, justifiée par les traditions de la scène, et qu'Horace a érigée en loi de l'art dramatique *.
C'est unebelle situation que celle qui met en présence, devant le cadavre de Phèdre, Thésée et Hippolyte'. Elle
se retrouve dans Racine *, mais peut-être moins vivo et
moins frappante. Ici, le jeune prince n'a pas encore
revu son père; c'est au moment même où pour la première
fois il accourt dans ses bras, que tombe sur lui, comme
un coup de foudre, l'éclat de sa colère. Quelle attente cette terrible entrevue, si bien préparée, si bien amenée,
entourée d'un appareil si funèbre, ne devait-elle pas exciter?
H serait long de com arer en détail la scène grecque et la scène française. Ce parallèle, d'ailleurs, nous amènerait toujours à reconnaître, comme nous l'avons fait souvent, le génie divers des deux poètes, et surtout des deux
théâtres ; chez l'un et chez l'autre, sans doute, une égale
vérité, une égale éloquence; mais là, plus de développement, et môme de lenteur; ici plus de rapidité et de mouvement; là un chagrin plus contenu ; ici une colère plus
véhémente.