Lycée. — 2. Ibid
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et prouve seulement, je le répète, que les Grecs plaçaient
l'intérêt dramatique autre part que dans l'attente du dé-
noûment. Mais introduire ujie diinnité pour lui faire
jouer vn si exécrable rôle^ ! C'est la faute de la mythologie grecque, et non pas d'Euripide, qui ne pouvait la changer. Dans la pièce de Racine, Vénus a-t-elle par hasard des sentiments plus dignes d'une divinité ? Seulement elle ne les exprime pas elle-même, avec cette franchise dont j'ai blâmé l'excès chez Euripide, et qui seule mérite ici
d'être relevée ?
Voici un reproche bien singulier. Euripide, dit La
Harpe, n'a point mis d'épisode dans celte pièce, aussi
a-t-it laissé beaucoup de langueur dans l'action ^. C'est
la première fois, je crois, qu'on a reproché à un poète de s'être renfermé dans son sujet. Quant à cette langueur prétendue, il m'est impossible de l'apercevoir. La pièce est fort simple, comme toutes celles du même théâtre ; mais en même temps, et par cela même, assez vivement conduite. Ensuite, l'usage des épisodes n'a-t-il pas d'ordinaire un effet tout opposé à celui que leur attribue le
critique ? L'épisode Aricie, par exemple, dont il paraît
secrètement préoccupé, malgré le charme d'une ravissante
poésie, malgré les heureux eftets qui en résultent et pour
lesquels il a été introduit dans Faction, n'en est-il pas luimôme un exemple frappant?
Cette langueur qui nous échappe dans V Hippolyte^ La
Harpe va nous la montrer. Les conversations de Phèdre avec sa nourrice remplissent^ dit-il, les deux premiers
actes. Il y a dans ce peu de mots beaucoup à admirer. D'abord la confiance ingénue avec laquelle l'auteur du
Lycée, ici comme en beaucoup d'autres occasions, adopte
cette division par actes que ne connurent jamais les tragiques grecs, et que dément la simplicité de leurs compositions , ensuite la bonne foi qui lui fait étendre à la mesure de deux actes ce ([ui n'occupe réellement qu'une seule scène. Mais enfin, si cette scène n'est qu'une