‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 357 sur 893 · Comment. y préf. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

Comment. y préf. — 2. Ibid

ceux qui le lisent, et sans doute pour celui qui Ta écrit,

l'expression par laquelle La Harpe désignait ce genre particulier d'obscurité. C'est vraiment du galiniatias

double.

Suivons l'analyse de La Harpe et remarquons-en l'exactitude. Phèdre, après avoir résisté longtemps aux plus vives sollicitations, dévoile enfin, avec confusion, son honteux secret, et déclare qu'elle veut mourir plutôt que de manquer à la vertu et de perdre l'honneur ; c'est là ce

que La Harpe appelle exhaler devant un chœur de femmes toutes les fureurs d'une passion criminelle *. Phèdre

repousse avec horreur le conseil de s'ahandonner à un penchant qu'elle ne peut vaincre, et La Harpe, dans

son véridique procès-verhal, rapporte qu'e/Ze cède 'par

degrés aux lâches insinuaiions de sa nourrice *. Lorsque

cette esclave promet à sa maîtresse de la guérir par un charme magique, par un philtre, Phèdre soupçonne avec terreur qu'elle veut abuser de la connaissance de sa funeste passion auprès de celui qui l'a causée, et La Harpe

dit charitaLlement, en des termes qu'il a répétés deux fois, et qu'on a quelque honte de transcrire, que la nourrice S est chargée de faire des propositions à lUppolytc^. Gomprend-on toute l'adresse de ce mot s'est chargée?

Sans compromettre entièrement la véracité du critique, il peut cependant faire soupçonner la Phèdre grecque d'une complicité qui, je crois, est dans ses désirs secrets, mais qui n'est point dans ses actes, à laquelle consent tacitement sa passion, mais que repousse sa volonté: peinture admirahle oii paraissent à la fois la faiblesse dd l'âme et sa force.

La Harpe nous dit que cette indécence grossière, qu'il a fort gratuitement imputée à Euripide, ne serait pas tolérée sur un thédlrc épuré\ et il ajoute queSénèque, en prêtant à Phèdre elle-même cette démarche honteuse, eut le mériie d'éviter un dèjaut de bienséance. Voilà certes un senti-

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